Les marchés mondiaux ont été fragilisés en mars par l'impact de la Covid-19. Si l'épidémie semble ralentir en Europe, les conséquences sur l’économie mondiale sont encore à préciser tant la vitesse de développement a surpris. 

Découvrez sur cette page les dernières analyses des experts de Natixis IM pour comprendre les conséquences sur les marchés financiers.
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QUESTIONS / RÉPONSES SUR LE CONTEXTE ACTUEL

Retrouvez les réponses aux questions les plus courantes sur les relations entre le coronavirus et les marchés financiers dans un document dédié.


 
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5 ASTUCES À GARDER EN TÊTE

Retrouvez une infographie complète, détaillée et explicative des astuces à garder en tête lorsque les marchés sont chahutés.

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LE FLASH DES MARCHÉS FINANCIERS
Le 27 juillet 2020

Reprise économique : 5 indicateurs clés à suivre 
 
Si les marchés ont été optimistes depuis leur point bas en mars, ils dépendent de l’avancée continue de la reprise économique. Vu que la nature de cette dernière reste incertaine, quels indicateurs faut-il surveiller ? Réponse d’Esty Dwek, Responsable de la stratégie de marchés chez Natixis IM Solutions. Lire la suite de l'article.
 




Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés,
Natixis IM Solutions.


Le 21 juillet 2020

Un fonds de relance européen record
  • Après plus de quatre jours de discussions, les dirigeants européens se sont mis d'accord sur un Fonds de relance européen d'une valeur de 750 milliards d'euros, qui sera réparti entre 390 milliards d'euros de subventions et 360 milliards d'euros de prêts. Cette répartition représente un compromis de 52 %/48 % pour les « Quatre Frugaux », alors que la proposition initiale prévoyait que deux tiers du Fonds soient versés sous forme de subventions. 
  • Le Fonds sera financé par une dette commune émise par la Commission européenne, ce qui représente la plus nette avancée de l'Europe vers une intégration et une coopération plus poussées depuis des années.
  • L'Italie, le pays d'Europe le plus durement touché par la crise COVID, devrait être l'un des principaux bénéficiaires du Fonds, avec des estimations d'environ 82 milliards d'euros de subventions et 127 milliards d'euros de prêts.
  • Près d'un tiers du Fonds est destiné à soutenir des initiatives vertes, ce qui montre une fois de plus que l'environnement est une priorité essentielle pour l'Europe.
  • Bien qu'un accord ait été largement attendu, les marchés européens devraient monter à l'ouverture, avec des futures en hausse d'environ 1 %, bien que le rendement du Bund allemand à 10 ans s'avère en hausse de quelques points de base seulement, à -0,45 % ce matin. Les rendements italiens ont chuté de 1,10 % à 1,06 % ce matin, et le spread par rapport à l'Allemagne devrait se resserrer davantage par rapport aux 152 points de base d'hier (contre un sommet de 279pb pendant la crise). L'euro n'est que légèrement en hausse, à 1,1464 contre le dollar, mais il n'a cessé de grimper ces dernières semaines en raison des attentes concernant ces mesures.
  • Grâce à cet accord, nous pensons que le risque d'une rupture européenne a encore diminué et que la croissance européenne devrait être soutenue à moyen terme. La prime de risque sur les actifs européens devrait donc également baisser, ce qui soutiendra les marchés.  
Le 30 juin 2020

Comment se sont comportées les petites valeurs pendant la crise ?
 
Considérées plus risquées que les grands groupes, les petites valeurs - comme les ETI (entreprises de taille intermédiaire) - ont plus souffert en début de crise, mais elles n'en n'ont pas moins rattrapé les grands indices européens ensuite. Daniel Dourmap, Gérant actions chez Ostrum AM analyse leurs comportements pendant la crise. Lire la suite de l'article.
 
Le 17 juin 2020

Quelles perspectives à la mi-année 2020 ?
 
Retrouvez les analyses de plusieurs experts Natixis IM sur des sujets variés pour la seconde partie de l'année sur le site Mon Epargne et Moi. 
Au programme :
  • 2020 : à la mi-année, l'heure du bilan et des perspectives.
  • Covid-19 : analyse de la volatilité des marchés. Quels risques pour demain ?
  • Quel lien entre épargne et crise dans les discussions Twitter ? 
  • Chronologie : Impact du Covid-19 sur les bourses
  • Marchés actions : quelles opportunités pour les épargnants ? 
  • Accéder au dossier complet.
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Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés,
Natixis IM Solutions.


Le 15 juin 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions ont connu une semaine chargée, ayant avancé pour effacer les pertes de 2020 (aux États-Unis) avant de s'effondrer de près de 6% jeudi et de rebondir de 1,3% aux États-Unis et de 0,3% en Europe vendredi. Les craintes d'une seconde vague et les perspectives sobres de reprise économique de la Réserve fédérale ont conduit les marchés à faire une pause. Ce matin, à la suite de rapports indiquant que les cas sont à nouveau en hausse à Pékin, les futures indiquent une nouvelle chute, avec une baisse d'environ 2,5% à 3% aux États-Unis et en Europe. Pour l'instant, nous ne pensons pas que ce soit le début d'un effondrement semblable à celui de mars, mais une plus grande volatilité pourrait persister, raison pour laquelle nous étions restés prudents.
  • La Réserve fédérale a déclaré qu'elle maintiendrait les taux d'intérêt proches de 0% au moins jusqu'en 2022, ce qui est au-delà des attentes du marché, mais l'évaluation de M. Powell de l'impact économique et de la forme de la reprise est plus sombre que ce que les marchés avaient prévu. Toutefois, M. Powell a également souligné que la Fed ne s'intéressait pas aux bulles d'actifs – c’est-à-dire qu’ils n'essaieraient pas de les prévenir ou de les faire éclater – et qu'elle restait plus concentrée sur le chômage, qui devrait rester élevé pendant longtemps. La semaine dernière a vu le plus petit nombre de demandes initiales de chômage depuis mars (1,5 million) alors que le nombre de demandes continues reste près de 21 millions. L'inflation aux États-Unis est à son plus bas niveau depuis 2015, ce qui laisse supposer que la Fed ne sera pas incitée à changer de position.
  • Les rendements souverains américains ont reculé au cours de la semaine, passant de 0,9% sur les rendements du Trésor à 10 ans lundi à 0,65% ce matin, alors que les investisseurs ont réévalué les perspectives de croissance et que les flux continuent à revenir vers les obligations. Les rendements allemands à 10 ans ont suivi la même tendance, passant de -0,3% lundi à -0,45%. Les spreads de crédit se sont creusés avec l'affaiblissement de l'appétit pour le risque. Ils ont terminé la semaine avec un crédit de qualité américain à 159 pb, l’européen à 151 pb, un haut rendement américain à 611 pb et l’européen à 533 pb. 
  • Les prix du pétrole ont également été touchés la semaine dernière, malgré la prolongation des réductions de production, le WTI étant retombé à 34 USD (contre 40) par baril et le Brent à 37 USD (contre 43). Sans surprise, l'or a profité du sentiment mitigé, grimpant à 1745 USD l'once avant de se replier à 1720 USD l'once ce matin.
  • Nous disions depuis un certain temps que nous nous attendions à des corrections, mais que la baisse était devenue plus limitée compte tenu d'un consensus toujours pessimiste, de niveaux de cash élevés et d'un rallye qui se poursuivait. Nous maintenons ce point de vue et, pour l'instant, nous ne pensons pas que ce soit le début d'un nouvel effondrement. Toutefois, nous avions choisi de rester prudents pour cette raison même, et nous pensons toujours qu'il est trop tôt pour devenir trop agressif dans les portefeuilles.  

Ce que nous regardons
  • Nous regardons les données à haute fréquence pour voir si la réouverture se traduit par une reprise de la croissance. Nous gardons un œil sur les décès et les cas en unité de soins intensifs pour nous assurer que le virus reste contenu au fur et à mesure de la réouverture. En Europe et en Asie, jusqu'à présent cela se passe bien. Nous vérifions également si les récentes nouvelles encourageantes sur les traitements se concrétisent. 
  • Nous continuons à surveiller les faillites et les défauts, bien que la Fed, en particulier, fasse tout ce qui est en son pouvoir - et au-delà - pour limiter les risques de contagion.
  • Nous examinerons les estimations de bénéfices à mesure qu'elles continueront d'être révisées à la baisse. Après une forte baisse des bénéfices au premier trimestre, les prévisions pour le deuxième trimestre sont encore pires et pourraient peser sur la tendance.
  • Nous gardons un œil sur les marchés du crédit et du financement pour voir si les mesures massives des banques centrales, tant aux États-Unis qu'en Europe, contribuent à atténuer les tensions récentes. Pour l'instant, nous pensons que les banques centrales parviendront à maintenir les risques systémiques à un faible niveau afin d'éviter une crise du crédit. 

Le 12 juin 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions américains ont connu leur pire journée depuis mars, avec une baisse de près de 6% du S&P500. Les marchés européens ont fermé plus tôt, mais l’Euro Stoxx 50 a baissé de 4,5%. Bien que de nombreuses explications soient envisagées vu les performances récentes, l'explication la plus simple pourrait être la meilleure : le marché avait besoin d'un répit.
  • Un autre argument est que le compte-rendu de la reprise par la Réserve fédérale a mis en évidence qu'il est peu probable que nous assistions à une reprise parfaite en forme de V. Oui, l'activité a repris en mai, et le pire est probablement derrière nous, mais la reprise va être échelonnée et graduelle. Il faudra beaucoup de temps pour revenir aux niveaux d'avant-crise. Les marchés « valorisait la perfection » et un rappel que la perfection était peu probable a atténué une partie de l'euphorie récente. 
  • Certains États américains voient les cas de COVID augmenter, mais nous ne pensons pas qu'une deuxième vague se prépare – ni que cela ait provoqué la correction. En Europe et en Asie, la réouverture n'a pas entraîné jusqu'à présent une augmentation des cas. Dans un certain nombre d'autres États américains non plus. En outre, nous ne pensons pas que les cas soient le bon chiffre à examiner, car l'objectif du confinement était d'aplatir la courbe et de rendre les cas gérables pour nos systèmes de santé, ce que nous semblons avoir atteint. Enfin, la vraie crainte de la deuxième vague est surtout celle d’un deuxième confinement : nous ne pensons pas que cela soit probable. Ce serait très difficile en terme de message, pour les entreprises et en capacité d’obéissance de la population.  
  • La question est de savoir où nous allons désormais. Nous disons depuis un certain temps que nous attendions des corrections, mais que les risques baissiers était devenus plus limités compte tenu d'un consensus toujours négatif, de niveaux de cash élevés et d'un rallye qui se poursuivait. Nous maintenons ce point de vue et, pour l'instant, nous ne pensons pas que ce soit le début d'un nouvel effondrement. Toutefois, nous avions choisi de rester prudents pour cette raison même, et nous pensons toujours qu'il est trop tôt pour devenir trop agressifs dans les portefeuilles.

Le 8 juin 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions ont terminé une nouvelle grande semaine, avec le S&P500 en hausse de 4,9 % et l’Euro Stoxx50 en hausse de 10,9 %. Les indices ont été soutenus par des données sur les emplois aux États-Unis bien meilleures que prévu. Alors que le consensus s'attendait à une nouvelle baisse de 7,5 millions d’emplois, le marché du travail américain a en fait créé 2,5 millions d'emplois en mai et le taux de chômage est retombé à 13,3 %. Bien que l’économie ait encore perdu 20 millions d'emplois depuis mars, c'est un signe encourageant de la reprise américaine.
  • Le rallye des actions a continué à s'étendre la semaine dernière, avec des secteurs value et cycliques qui ont surperformé, y compris les petites capitalisations, l'automobile et les services financiers. Le dollar américain a continué à reculer. Nous pensons que cette rotation peut se poursuivre car l'Europe et les secteurs cycliques rattrapent la qualité et la croissance américaines, mais nous choisissons de rester prudents sur les actions en général et de maintenir une allocation neutre pour l'instant, car les risques de déception demeurent.
  • La Banque centrale européenne s’est inspirée de la Réserve fédérale et a annoncé un complément plus important que prévu de 600 milliards d'euros à son programme PEPP ainsi qu'une prolongation du programme jusqu'en juin 2021. Cela a entraîné une hausse des rendements des emprunts d'État allemands (Bunds), le rendement à 10 ans passant à -0,27 % (contre -0,45 % lundi), tandis que le spread de la dette italienne par rapport à l'Allemagne s'est encore réduit à 169 points de base (contre 263 points de base en avril). e Fonds de relance proposé et la BCE sont venus soutenir les périphériques. 
  • Les rendements souverains américains ont également augmenté pendant la semaine « risk on », le 10 ans a pris 25 points de base pour atteindre 0,90 % la semaine dernière. En conséquence, la courbe des taux américains est à son plus pentu depuis 2017, les taux courts restant ancrés autour de 0 %. La réunion de la Réserve fédérale de cette semaine sera sous les projecteurs car les marchés chercheront à se rassurer sur le fait que la Fed restera ultra-accommodante pendant longtemps, malgré des données récentes meilleures que prévu. Les spreads de crédit se sont encore resserrés au cours de la semaine, avec le crédit de qualité américain à 146 pb, l’européen à 139 pb, le haut rendement américain à 536 pb et l’européen à 496 pb (contre un plus haut de 373 pb, 253 pb, 1100 pb et 919 pb pendant la crise, respectivement).
  • L'OPEP+ a accepté de prolonger les réductions de production d'un mois jusqu'à fin juillet, avec des efforts plus stricts pour assurer le respect de baisses, ce qui a fait monter les prix du pétrole. Le WTI s'échange à 39 dollars le baril et le Brent à 43 dollars le baril. L'or a reculé la semaine dernière, mais, à 1 690 USD l'once, il reste au-dessus de niveaux de résistance clés.
  • Alors que la date limite pour prolonger la période de transition du Brexit au-delà de décembre 2020 approche, les négociations de Brexit entre l'UE et le Royaume-Uni n'ont pas avancé la semaine dernière, les deux parties étant encore loin sur la plupart des sujets clés. Néanmoins, la livre sterling a poursuivi sa récente progression par rapport au dollar à 1.2696 USD/GPB, bien qu'elle ait reculé par rapport à l'euro pendant la majeure partie de la semaine dernière avant de rebondir à 1.12 EUR/GBP ce matin. 
  • Alors que le rallye se poursuit et se renforce, le prix des actions anticipe une parfaite reprise en V, ce qui suggère que les risques de déception demeurent. Toutefois, compte tenu d'un consensus toujours baissier et de niveaux de liquidités élevés, nous pensons que le risque de baisse est devenue plus limité, même si des corrections sont probables. Nous n'aimons pas courir après cette reprise et choisissons de rester prudents pour l'instant, bien que nous soyons positionnés pour la rotation sectorielle. 

Le 2 juin 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés continuent à mettre de côté les gros titres négatifs, puisqu'ils ont grimpé jusqu'à la fin de la semaine. Ils étaient dans le vert hier également lors même que les protestations s'emparent des États-Unis et que les tensions entre les États-Unis et la Chine augmentent à nouveau. Hier, le S&P500 était en hausse de 0,4% et l’Euro Stoxx 50 de 0,9%. Cela porte le rallye à +36% pour le S&P500 et +29% pour l’Euro Stoxx 50 à partir de leurs plus bas respectifs. 
  • Après le vote par la Chine de la loi de sécurité nationale pour Hong Kong, le président Trump a tenu de beaux discours contre la Chine, mais peu de mesures concrètes, comme nous nous y attendions. Nous espérons que cela continuera. En effet, M. Trump doit paraître dur avec la Chine pour sa campagne de réélection, mais s'il agit trop durement, il peut aggraver les conditions économiques entraînant une rechute des actions qui pourrait lui coûter un second mandat. 
  • La deuxième estimation du PIB du premier trimestre pour les États-Unis a été révisée à la baisse, à 5% annualisé, ce qui reste plus fort que la plupart des autres régions. Les demandes initiales de prestations de chômage étaient encore supérieures à 2 millions la semaine dernière, mais les demandes continues sont retombées à 21 millions (contre 25,5 millions prévus). Cette semaine, les salaires non agricoles seront à l'honneur. Le consensus est en faveur d'une nouvelle baisse de 8 millions. En Europe, l'inflation a été de 0 % mais les indicateurs de confiance se sont améliorés par rapport aux creux du mois dernier. Les projecteurs seront braqués sur la réunion de la Banque centrale européenne qui devrait permettre d'augmenter le programme d'urgence d'assouplissement quantitatif du PEPP, éventuellement de 500 milliards d'euros supplémentaires. 
  • Les rendements du Trésor américain restent dans leur fourchette générale de 0,6% à 0,7%. Le rendement du Trésor à 10 ans se situe autour de 0,66%, tandis que les rendements du Bund à 10 ans sont remontés à -0,40%. Les écarts de crédit se sont resserrés de quelques points de base supplémentaires, avec un crédit de qualité américain à 171 pb, un haut rendement américain à 627 pb, un crédit de qualité de l'UE à 170 pb et un haut rendement de l'UE à 567 pb. La dette italienne bénéficie en outre de la proposition de la Commission européenne relative au fonds de relance, les écarts par rapport à la dette allemande étant ramenés à 188 points de base.
  • Les prix du pétrole ont progressé, le WTI étant revenu à 35 dollars le baril et le Brent à 38 dollars le baril avant la réunion de l'OPEP de cette semaine, où l'accent sera mis sur le maintien des réductions de production pour soutenir la reprise des prix. Le prix de l'or a rebondi depuis les creux de la semaine dernière à 1736 dollars l'once, et le dollar américain a continué de baisser. 
  • Ces derniers jours, les investisseurs semblent être plus attentifs aux plans de réouverture qu'aux risques qui subsistent, et la reprise s'est étendue au-delà des secteurs de croissance et de défense. Il est encore tôt, mais cela pourrait donner un nouvel élan au rallye s'il se confirme. Dans l'ensemble, cependant, nous pensons que les tensions entre les États-Unis et la Chine et la prochaine saison des bénéfices du deuxième trimestre pourraient peser sur le tendance dans les prochaines semaines, et nous choisissons de rester prudents.
Le 28 mai 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions continuent de progresser cette semaine, avec le S&P500 en hausse de 1,5% hier et l’Euro Stoxx 50 en hausse de 1,7%. Les marchés ignorent les gros titres sino-américains et se concentrent sur de meilleures nouvelles concernant le confinement du virus et des mesures de relance supplémentaires. Le ministère japonais des finances a annoncé un nouveau plan de relance de 300 milliards de dollars, soit 5,9% du PIB, avec un soutien au secteur des entreprises. En outre, la Commission européenne s'est appuyée sur la proposition Merkel-Macron la semaine dernière et a proposé un plan de relance de 750 milliards d'euros qui comprendrait un mélange de subventions et de prêts. Bien que ce plan doive être approuvé par les 27 États membres et que des discussions sur les subventions soient attendues avec les « quatre frugaux » (Autriche, Suède, Danemark et Pays-Bas), il s'agit d'un nouveau pas vers une coopération et une intégration plus poussées. Il est de bon augure pour la croissance future de la zone euro. Pour compléter les efforts de relance, la réunion de la Banque centrale européenne de la semaine prochaine devrait également voir du soutien supplémentaire : le consensus attend un renforcement du programme PEPP QE.
  • Aux États-Unis, les données ont montré des améliorations : les attentes des consommateurs ont augmenté en mai, les ventes de logements neufs ont augmenté en avril alors que l'on s'attendait à une forte baisse et les demandes de prêts hypothécaires ont augmenté. Le marché du logement pourrait être l'un des gagnants de cette crise. 
     
  • Les rendements du Trésor américain ont été stables cette semaine, le 10 ans se situant autour de 0,69%, tandis que les rendements du Bund à 10 ans ont augmenté en raison des attentes en matière de relance, s'établissant à -0,41%. Les écarts de crédit se sont encore resserrés, le haut rendement européen en particulier se resserrant de 45 points de base cette semaine. La dette italienne reste l'un des principaux bénéficiaires du fonds de relance attendu, et les spreads sur la dette allemande sont passés en dessous de 200 pb cette semaine, pour clôturer à 191 pb hier.
     
  • Le rallye du pétrole s'est soudainement arrêté en réaction à des rapports indiquant que la Russie prévoit d’augmenter sa production en juillet et que les inventaires américains ont augmenté, avec un WTI à 31 dollars par baril (contre un sommet de 34 cette semaine) et un Brent à 34 dollars par baril (contre un sommet de presque 37 cette semaine). Le prix de l'or a encore chuté avant de rebondir hier à 1715 dollars l'once. Le dollar américain a également continué à baisser.
     
  • Ces derniers jours, les investisseurs semblent être plus attentifs aux plans de réouverture qu'aux risques persistants, et la reprise s'est étendue au-delà des secteurs de croissance et défensifs. Il est encore tôt, mais cela pourrait donner un nouvel élan au rallye si cela se confirme. Dans l'ensemble, cependant, nous pensons que les tensions entre les États-Unis et la Chine et la prochaine saison des bénéfices du deuxième trimestre pourraient peser sur la tendance dans les prochaines semaines. Nous choisissons de rester prudents.  
Le 25 mai 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions se sont repliés en fin de semaine, même s'ils ont enregistré une performance positive vendredi, avant un long week-end aux États-Unis et au Royaume-Uni. Le S&P500 a augmenté de 0,24% et l’Euro Stoxx 50 de 0,02%. La montée des tensions entre les États-Unis et la Chine ont pesé sur la tendance. En outre, les plans de Pékin visant à renforcer l'emprise de la Chine sur Hong Kong avec sa Loi de Sécurité ont suscité de nombreuses protestations et une opposition généralisée et ont pesé sur les marchés de toute la région. Les flux demeurent négatifs depuis les actions, positifs vers les obligations, et, pour la première fois depuis février, sont négatifs depuis le monétaire.
  • Les rendements souverains ont chuté tout au long de la fin la semaine, le rendement du Trésor à 10 ans s'établissant actuellement à 0,65 % et celui du Bund à 10 ans à -0,49 %. Les spreads de crédit sont restés stables, avec le crédit de qualité américain à 186 pb, l’européen à 188 pb, le haut rendement américain à 680 pb et l’européen à 637 pb. Les spreads entre la dette italienne et allemande sont restés stables autour de 210 points de base depuis la proposition de fonds de relance franco-allemand. 
  • Les prix du pétrole se sont également stabilisés, avec le WTI à 33 USD le baril et le Brent à 35 USD le baril. Le prix de l'or a reculé à 1730 dollars l'once, et le dollar américain trouve un certain soutien ce matin après la faiblesse de la semaine dernière.
  • Les indices Flash PMI pour le mois de mai ont montré un rebond, bien que les sondages restent bien en dessous de 50, indiquant une baisse de l’activité plus lente plutôt qu'un retour en territoire d'expansion. Les États-Unis ont rebondi plus que l'Europe. Les demandes initiales de chômage aux États-Unis ont montré 2,4 millions de nouveaux demandeurs d'emploi et 25 millions de demandeurs continus. Au Royaume-Uni, les ventes au détail ont baissé de 15,2% en avril. La Chine a annoncé qu'elle renonçait à un objectif de croissance pour cette année compte tenu de l'incertitude entourant la pandémie. Les données préliminaires pour mai sur l'inflation en Europe seront publiées cette semaine, ainsi que les dépenses de consommation aux États-Unis et les ventes au détail en Allemagne pour le mois d'avril.
  • Les discussions sur les taux d'intérêt négatifs se poursuivent, le Royaume-Uni « envisageant » cette mesure, même si les membres de la Réserve fédérale et le président Powell ont adopté une position beaucoup plus ferme de « non ».
  • En ce qui concerne les bénéfices, Nvidia a donné une prévision de recettes pour le deuxième trimestre conforme aux attentes, ce qui a amené un soutien au secteur, d'autant plus que les recettes de HP ont chuté de 16% pour ce trimestre l'année dernière et que la société a annoncé un plan de réduction des coûts. IBM a annoncé des suppressions d'emplois aux États-Unis. Les revenus d'Expedia ont chuté de 15 % et Footlocker a affiché une perte trimestrielle plus importante que prévu. 
  • Les investisseurs restent pris entre de meilleures nouvelles sur les virus et la relance, d'une part, et les bénéfices et la réalité économique, d'autre part, ainsi que les tensions sino-américaines. La tendance est devenu plus fragile par rapport à l'optimisme d’avril. Compte tenu de la force du rebond jusqu'à présent et du fait que les prévisions d'une seconde baisse sont consensuelles, il se peut que nous ne revoyons pas les plus bas. Néanmoins, le risque de déception demeure et nous choisissons de rester prudents. 

Ce que nous regardons
  • Nous surveillons les plans de réouverture dans les différentes régions, pays et industries, car la reprise ne peut pas être simplement « décidée ». Nous cherchons à voir si les décès restent contenus avec des mesures de confinement plus souples pour voir si le chemin sera linéaire. Nous cherchons également à savoir si les récentes nouvelles encourageantes sur les traitements se concrétisent.
  • Nous examinons comment les mesures de relance sont déployées pour éviter des vagues de faillites et de défauts, et comment les défauts peuvent être traités s’ils se produisent. En effet, il est encore trop tôt pour dire si ces mesures seront suffisantes pour éviter les conséquences les plus négatives de l'épidémie, bien que la Fed en particulier fasse tout ce qui est en son pouvoir – et même au-delà – pour limiter ces risques.
  • Nous examinerons de près les estimations des bénéfices à mesure qu'elles seront révisées à la baisse. Il se peut que les marchés ne tiennent actuellement pas suffisamment compte de l'ajustement, d'autant plus que les valorisations ne seraient pas aussi attrayantes avec des bénéfices nettement plus faibles.
  • Nous surveillons les marchés du crédit et du financement pour voir si les mesures massives prises par les banques centrales, tant aux États-Unis qu'en Europe, contribuent à atténuer les tensions récentes. Pour l'instant, nous pensons que les banques centrales parviendront à maintenir les risques systémiques à un faible niveau afin d'éviter une crise du crédit. 




Philippe Waechter, Directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.

Le 22 mai 2020

 
Quels sont les risques en sortie de déconfinement ? 

Le 20 mai 2020

Que s'est-il passé ?
  • Lundi, les marchés actions ont connu l'une de leurs plus fortes hausses depuis mars, avec une progression de 5% de l’Euro Stoxx 50. Toutefois, les marchés américains et européens ont reculé hier, avec une baisse de 1% du S&P500 et de 0,3% de l’Euro Stoxx 50. Les nouvelles encourageantes concernant les progrès vers un vaccin et la proposition de fonds de relance franco-allemand ont stimulé la tendance lundi, mais cela s'est estompé hier, car les doutes se sont installés quant à la nature précoce des tests du vaccin. Les futures sont mitigés ce matin.
  • L'Allemagne et la France ont présenté une proposition de fonds de relance de 500 milliards d'euros qui inclurait de la dette émise par la Commission européenne (mais pas des « coronabonds ») et des subventions aux pays les plus touchés par le virus. Bien qu'il s'agisse encore d'une proposition, et avec un certain recul de l'Autriche et des Pays-Bas déjà sur des subventions plutôt que des prêts, c'est un pas important vers plus de coordination et d'intégration fiscale en Europe. Le plan a de grandes chances d'avancer sous une forme ou une autre puisque l'Allemagne le soutient. Les spreads de la dette italienne par rapport à l'Allemagne se sont resserrés de 25 points de base.
  • Les rendements souverains ont augmenté lundi mais se sont stabilisés depuis, avec le rendement du Trésor à 10 ans à 0,69% et le rendement du Bund à 10 ans à -0,46%. Les spreads de crédit se sont resserrés, plus aux États-Unis qu'en Europe, la Réserve fédérale ayant commencé à acheter des titres américains. Les spreads crédit de qualité américains ont baissé de 15 pb, le haut rendement américain de 45 pb, tandis que les spreads crédit de qualité européen se sont resserrés de 4 pb et haut rendement de 25 pb.
  • Peu données économiques ont été publiées. L'indice américain du logement NAHB s'est redressé en mai, alors même que les mises en chantier et les permis de construire ont fortement chuté en avril. L'indice ZEW allemand a montré une amélioration en mai, alors que les plans de réouverture renforcent la confiance, avec un rebond de la composante « attentes » – la composante « situation actuelle » ayant encore baissé. Le PIB japonais a chuté de "seulement" 0,9% au premier trimestre en glissement trimestriel, mais étant donné que l'économie japonaise s'était déjà fortement contractée au quatrième trimestre 2019 à la suite de la hausse de la TVA, il n'est pas surprenant d'avoir constaté une certaine résilience au premier trimestre. Cependant, le deuxième trimestre sera probablement pire, comme partout ailleurs. Les résultats de Walmart ont dépassé les attentes.
  • Les investisseurs restent tiraillés entre de meilleures nouvelles sur le virus et la relance d'une part, et les bénéfices et la réalité économique d'autre part. La tendance est devenu plus fragile ce mois-ci par rapport à l'optimisme d’avril. Compte tenu de la force du rebond jusqu'à présent et du fait que les prévisions d'une seconde baisse font consensus, nous pourrions ne pas tester à nouveau les plus bas. Néanmoins, le risque de déception demeure et nous choisissons de rester prudents.
Le 18 mai 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions ont clôturé la semaine juste dans le vert, avec le S&P500 et l’Euro Stoxx 50 en hausse d'environ 0,4% vendredi. Néanmoins, les deux régions ont connu une baisse pour la semaine, les craintes d'une deuxième vague et les tensions entre les États-Unis et la Chine pesant sur la tendance. Les flux ont continué à suivre la tendance récente, sortant des actions et des marchés émergents, entrant vers le crédit et toujours largement vers le monétaire. Ce matin, les futures sont en hausse sur des espoirs d'un vaccin.
  • Les rendements souverains ont rebondi vendredi après avoir chuté tout au long de la semaine, avec le rendement du Trésor à 10 ans à 0,63% et le rendement du Bund à 10 ans à -0,53%. Les spreads de crédit restent globalement stables, avec le crédit de qualité américain à 208 pb, le haut rendement américain à 757 pb, le crédit de qualité européen à 200 pb et le haut rendement européen à 680 pb. Les spreads italiens sur l'Allemagne sont également restés stables autour de 240 points de base, mais restent plus de 100 points de base au-dessus des plus bas de cette année. 
  • Les prix du pétrole ont fortement augmenté en fin de semaine, avec le WTI à 30 dollars le baril et le Brent à 33 dollars le baril, la production continuant à être réduite. Les prix de l'or ont également dépassé leur fourchette récente, avec le métal brillant à 1 763 USD l'once, tandis que l'indice du dollar américain reste soutenu. Les négociations tendues du Brexit étant à nouveau sous les projecteurs, la livre a connu sa pire semaine depuis le mois de mars, avec une baisse à 1,20 GBP/USD.
  • Aux États-Unis, la Chambre a adopté un paquet de 3 000 milliards de dollars appelé HEROES Act, qui sera enterré à l'arrivée au Sénat, car les républicains ne sont pas pressés de passer la prochaine étape. En Chine, l'Assemblée populaire nationale se réunit cette semaine et les investisseurs attendent plus de nouvelles sur les programmes de relance, les marchés ayant récemment callé.
  • La publication des résultats a été moins soutenue en fin de semaine, JD.com (société chinoise de commerce électronique) ayant vu ses revenus augmenter et Petrobras affichant son plus mauvais trimestre depuis le scandale de corruption. Cette semaine, Walmart, Marks & Spencer, Home Depot, Ryanair, Alibaba, Baidu, entre autres, sont attendus.
  • La production industrielle chinoise a rebondi de 2,3 % en avril (en hausse de 3,9 % en glissement annuel), mais les ventes au détail montrent que la demande de services reste fragile avec une baisse de 7,5 % en glissement annuel. Les mêmes données pour les États-Unis ont montré une production industrielle en baisse de 11 % et des ventes au détail en baisse de 15 % pour le mois d'avril. Les demandes initiales de chômage ont de nouveau avoisiné les 3 millions la semaine dernière, tandis que les demandes continues ont avoisiné les 23 millions. Cependant, les données préliminaires pour le mois de mai ont montré une image plus optimiste, avec l'indice de sentiment de l'Université du Michigan qui a rebondi. En Europe, les premières estimations du PIB de l'Allemagne pour le premier trimestre ont montré une certaine résistance par rapport aux pays du Sud, avec une baisse du PIB de -2,2 % en glissement trimestriel. Cette semaine, les indices de confiance des consommateurs (PMI) pour l'Europe devraient montrer des améliorations. 
  • Les investisseurs restent coincés entre de meilleures nouvelles sur le virus et la relance, d'une part, et les bénéfices et la réalité économique, d'autre part. La tendance est devenu plus fragile ce mois-ci par rapport à l'optimisme d’avril. Compte tenu de la force du rebond jusqu'à présent et du fait que les prévisions d'une seconde baisse font consensus, nous pourrions ne pas tester à nouveau les plus bas. Néanmoins, le risque de déception demeure et nous choisissons de rester prudents.
Covid-19 : l'AMF met un dossier à disposition
 
L’Autorité des marchés financiers (AMF) suit au plus près la crise financière liée à la pandémie Covid-19. Pour aider à faire face aux problèmes liés à cette crise et à respecter les règles dans ce contexte si particulier, elle met régulièrement des contenus pour décrypter des mesures d’adaptation et des règles existantes. Accéder à la page.

Le 14 mai 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions ont reculé ces derniers jours, la tendance s’étant retournée en raison des craintes d'une deuxième vague et d'un éventuel ralentissement des plans de réouverture. Les tensions ravivées entre les États-Unis et la Chine ont ajouté aux inquiétudes des marchés. Hier, le S&P500 était en baisse de 1,7 % et l’Euro Stoxx 50 de 2,55%. Ce matin, les actions asiatiques sont en baisse et les futures sont toujours dans le rouge.
  • Les rendements souverains ont chuté, le rendement du Trésor à 10 ans s'élevant à 0,62% et celui du Bund à 10 ans à -0,54%. Les spreads de crédit sont restés globalement stables, bien que les spreads du haut rendement américains se soient écartés à 735 pb alors même que les prix du pétrole se sont stabilisés. Le WTI est à 25 USD le baril, tandis que le Brent est à 29 USD le baril.
  • Les discussions sur la relance se poursuivent, la Commission européenne progressant dans la mise en place de son « ambitieux » fonds de relance. Aux États-Unis, le Congrès discute de la phase 4. Cette semaine, la Réserve fédérale a lancé son programme d'achat d'obligations privées, alors même que M. Powell et un certain nombre d'autres présidents de la Fed ont repoussé les attentes croissantes du marché concernant des taux négatifs. En effet, le marché à terme des fonds de la Fed anticipe des taux négatifs d'ici décembre. Toutefois, nous pensons qu'il y a d'autres outils que la Fed préférerait utiliser et nous ne nous attendons pas à des taux négatifs pour le moment.
  • Les données économiques publiées restent médiocres, le PIB du Royaume-Uni au premier trimestre ayant baissé de 2% par rapport au trimestre précédent. L'inflation et l'inflation cœur aux États-Unis ont toutes deux diminué le mois dernier, en raison d'une demande plus faible et de la baisse des prix du pétrole. La production industrielle européenne a chuté de 11% en mars, ce qui est meilleur que prévu. Les demandes initiales et continues de prestations de chômage d'aujourd'hui seront à nouveau très observées, avec 2,5 millions de nouveaux demandeurs et plus de 25 millions de demandeurs continus attendus.
  • La publication des résultats continue sur la même voie, avec la chute du bénéfice net de Marriott et l'arrêt des rachats d'actions et la suspension du dividende ; Under Armour a enregistré une perte pire que prévu au premier trimestre ; les bénéfices de Simon Properties ont chuté de 20 % ; Toyota a vu son bénéfice net chuter de 86 % alors que Honda a enregistré une perte nette ; les revenus de Cisco ont diminué par rapport à l'année précédente et Tencent a dépassé les attentes avec des revenus en hausse de 26 %.
  • La tendance reste tiraillée entre de meilleures nouvelles sur le virus et la relance de l’activité et la détérioration continue de l'économie et des bénéfices. Nous pensons toujours que les marchés sont peut-être devenus trop optimistes par rapport à la réalité actuelle. Nous nous attendons à une nouvelle hausse de la volatilité à un moment donné. Cependant, étant donné la force du rebond jusqu'à présent et le fait que les attentes d'une seconde baisse font consensus, nous ne pouvons pas tester à nouveau les creux. Néanmoins, le risque de déception demeure et nous choisissons de rester prudents.   
Le 11 mai 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions ont terminé la semaine sur une note positive, avec le S&P500 en hausse de 1,7% et l’Euro Stoxx 50 en hausse de 1%. Les nouvelles encourageantes concernant le nombre de décès dans certains pays et les attentes de stimulus encore plus important soutiennent la tendance. Ce matin, les futures sont orientés à la hausse et les actions asiatiques aussi.
  • Les obligations se comportent toujours bien. Les rendements du Trésor américain à 10 ans ont reculé en fin de semaine, mais sont remontés à 0,68% ce matin. Les rendements du Bund à 10 ans ont suivi le même chemin et sont à -0,53% ce matin. Les spreads italiens sur les Bunds restent stables autour de 240 pb, la Banque centrale européenne ayant promis un soutien plus important malgré la décision de la cour constitutionnelle allemande. Les spreads de crédit sont restés stables, bien que le haut rendement américain se soit resserré de 10 pb vendredi grâce au récent rallye du pétrole. Les prix du pétrole se sont stabilisés après leur récente hausse, avec le WTI à 24 USD le baril et le Brent à 30 USD le baril. L'or continue de s'échanger autour de 1 700 USD l'once.
  • Comme prévu, les données sur l'emploi aux États-Unis ont montré que plus de 20 millions de personnes ont perdu leur travail en avril, avec une baisse de 20,5 millions d’emplois non-agricole et un taux de chômage en hausse à 14,7% (contre 4,4% en mars et un plus bas depuis 2009 de 3,5% en février). Les premières demandes de chômage ont fait apparaître 3 millions de nouveaux demandeurs d'emploi au cours de la semaine écoulée et le nombre de demandes qui se poursuivent s'élève maintenant à 22,6 millions. Compte tenu de la lenteur avec laquelle l'activité économique devrait redémarrer, les données sur le chômage devraient rester mauvaises pendant longtemps.
  • Les publications de résultats se poursuivent, et la tendance à retirer les prévisions pour 2020, à réduire les coûts, les dépenses et les dividendes avec elles. Uber a fait état d'une perte importante au premier trimestre, malgré une forte hausse de la demande pour Uber Eats. AB Inbev a vu ses bénéfices chuter, ArcelorMittal a subi une perte nette et a suspendu ses dividendes, mais Siemens a tenu bon grâce à sa division Healthineers, bien qu'elle ait retiré ses prévisions. Les bénéfices de Nintendo onnt augmenté grâce à son nouveau jeu « Animal Crossing : New Horizons ». Cette semaine, nous verrons Marriot International, Simon Property Group (le plus grand opérateur de centres commerciaux aux États-Unis), Under Armour, Cisco Systems, et bien d'autres.
  • La tendance reste tiraillée entre de meilleures nouvelles sur les virus et la relance monétaire et fiscale d'une part, et une économie et des bénéfices qui continuent de se détériorer, d'autre part. Nous pensons toujours que les marchés sont peut-être devenus trop optimistes par rapport à la réalité actuelle, et nous nous attendons à une nouvelle augmentation de la volatilité à un moment donné. Toutefois, compte tenu de la force du rebond jusqu'à présent et du fait que les prévisions d'une seconde baisse font l'objet d'un consensus, nous pensons qu'il est peu probable que nous revoyons les plus bas de mars. Néanmoins, le risque de déception demeure et nous choisissons de rester prudents.  




Philippe Waechter, Directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.


 
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La chute du PIB français de 6% au premier trimestre est-elle vraiment historique ?
 
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Quel enjeu majeur pour l'économie française d'après crise ? 
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COVID 19 : Quel impact sur l'économie française et quelles perspectives ?
 
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Quel est le rôle de la Banque centrale européenne ?
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Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés,
Natixis IM Solutions.


Le 7 mai 2020
Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions ont été globalement stables, les marchés américains et européens ayant reculé d'environ 1 % hier, alors que les nouvelles sur les bénéfices et les publications de données économiques pèsent sur la tendance. Ce matin, les futures sont dans le vert. 
  • Les rendements souverains américains ont augmenté hier, le Trésor américain ayant annoncé ses besoins de financement trimestriels, avant de baisser ce matin. Le rendement du Trésor à 10 ans s'élève à 0,69% et celui du Bund à 10 ans à -0,50%, après avoir augmenté tout au long de la journée d'hier. Les spreads de crédit de qualité sont restés stables, tandis que les spreads haut rendement se sont resserrés, en particulier aux États-Unis, grâce à la hausse des prix du pétrole. Le rallye des prix du pétrole s'est arrêté hier, le WTI reculant à 24 USD le baril (d’un point haut à 26) tandis que le Brent est retombé à 29 USD le baril (d’un point haut de 32).
  • L’arrêt très attendu du tribunal constitutionnel allemand sur le programme de QE de la Banque centrale européenne demande que la BCE prouve la proportionnalité de son programme initial dans les 3 mois. Nous ne prévoyons pas que cela pose un problème, et les marchés ont réagi de manière relativement modérée. Les spreads italiens sur l'Allemagne ont augmenté ces dernières semaines pour atteindre 248 pb, alors qu'ils étaient de 129 pb avant la crise et de 278 pb au plus haut en mars.
  • Les résultats du premier trimestre continuent de dessiner un tableau contrasté, GM annonçant de meilleurs résultats que Ford et Fiat Chrysler avec un bénéfice au premier trimestre (bien qu'en baisse par rapport au premier trimestre 2019). Les trois constructeurs lèvent des fonds pour amortir l'impact de la crise. BMW a réduit ses perspectives de bénéfices, Paypal a déçu et a retiré ses prévisions alors même que les nouveaux comptes ont augmenté. Les revenus de Disney ont chuté en raison des fermetures des parcs. Total devrait réduire ses investissements en 2020 d'au moins 25 %. Les revenus d'Infeneon ont chuté et le revenu net de BNP Paribas a chuté de 33 % par rapport au premier trimestre 2019. Uber, AB Inbev et ArcelorMittal font partie des prochaines publications cette semaine. 
  • Les PMI préliminaires des services Markit d'avril sont restés aussi bas qu'en mars, indiquant des perspectives encore très sombres. Les enquêtes nécessitent des comparaisons d'un mois à l'autre, ce qui suggère que les perspectives se sont encore détériorées. Les ventes au détail européennes ont été plus mauvaises que prévu en mars, avec une baisse de plus de 11 % en glissement mensuel. Les emplois américains ont connu une baisse de plus de 20 millions en avril, ce qui donne une première indication des données sur les emplois non agricoles qui seront publiées demain. Le consensus est de -21 millions, et les premières demandes de chômage d'aujourd'hui devraient faire apparaître 3 millions de nouvelles demandes. Les données chinoises ont surpris ce matin, avec une hausse inattendue des exportations par rapport au mois d'avril, bien que les importations aient encore chuté.
  • La tendance reste fragile, car les marchés affichent peut-être trop d'optimisme pour affronter la réalité qui nous attend avec les niveaux et les valorisations actuels. Nous ne testerons peut-être pas à nouveau les plus bas, mais nous continuons à penser que de nombreux risques subsistent. Les progrès réalisés contre le virus et les mesures de relance sont en balance avec les mauvaises publications économiques et de bénéfices et la montée des tensions géopolitiques. Nous restons prudents car la transition vers « l'après-coronavirus » ne se fera probablement pas sans heurts et il est probable que nous assisterons à nouveau à une plus grande volatilité à un moment donné.  

Le 5 mai 2020

Que s'est-il passé ?
  • Après un début de séance en forte baisse, les marchés américains ont effectué un retour en force tout au long de la journée pour finir juste dans le vert, en hausse de 0,42%. L'attention des investisseurs s’est à nouveau tournée vers de meilleures nouvelles sur les plans de réouverture des États américains, malgré de mauvaises commandes d'usines, de véhicules et de biens durables. Fermés vendredi, les marchés européens ont suivi le marché américain à la baisse et ont fermé avant la reprise en fin de journée, l’Euro Stoxx 50 ayant chuté de 3,8 %. Les futurs américains et européens sont en hausse ce matin.
  • Les rendements souverains ont légèrement augmenté hier, avec le rendement du Trésor à 10 ans à 0,63% et le rendement du Bund à 10 ans à -0,55%. Les spreads de crédit se sont élargis sur tous les segments, mais restent dans leur fourchette récente.
  • Les publications de bénéfices ont été peu nombreuses, AIG retirant ses prévisions malgré de meilleurs revenus au premier trimestre et Tyson Food décevant avec la baisse des visites dans les restaurants. Aujourd'hui, nous aurons, entre autres, Total, Disney, GE, Infineon et BNP Paribas.
  • Le pétrole enregistre un cinquième jour de hausse alors que les réductions de production commencent à faire effet. Néanmoins, la très lente reprise de la demande suggère que l'offre restera abondante pendant un certain temps. L'or s'est stabilisé autour de 1700 USD l'once et le dollar américain recule ce matin.
     
  • La tendance reste fragile, car les marchés ont peut-être anticipé trop d'optimisme dans les cours par rapport à la réalité qui nous attend. Nous ne testerons peut-être pas à nouveau les plus bas, mais nous continuons à croire que de nombreux risques subsistent : les progrès réalisés contre le virus et les mesures de relance sont en balance avec les mauvaises publications économiques et de bénéfices et les tensions géopolitiques croissantes. Nous restons prudents car la transition vers « l'après-coronavirus » ne se fera probablement pas sans heurts et il est probable que nous assisterons à nouveau à une plus grande volatilité.

Le 4 mai 2020

Que s'est-il passé ?
  • Après son meilleur mois depuis 1987, le S&P500 a commencé mai dans le rouge, en recul de 2,8%, alors que les avertissements sur les bénéfices ont pesés et que les tensions se sont accrues entre les États-Unis et la Chine. L'Europe était fermée le 1er mai. Les futures sont en baisse de 3% ce matin pour l’Euro Stoxx 50, de près de 1 % aux États-Unis, et les actions asiatiques sont également en baisse. En effet, si les publications du premier trimestre, tant économiques que sur les bénéfices, sont très mauvaises, le deuxième trimestre sera pire. L'assouplissement des mesures de confinement, bien qu'encourageant, fait craindre une seconde vague. La semaine dernière, les flux étaient négatifs pour les actions, positifs en obligations et toujours en hausse dans le monétaire. Les marchés émergents restent mal aimés.
  • Les données publiées ont montré une image peu réjouissante, avec un PIB européen au premier trimestre en baisse de 3,3% en glissement annuel et une inflation de seulement 0,4% en glissement annuel. Aux États-Unis, les demandes initiales d'allocations de chômage ont vu 3,8 millions nouveaux demandeurs d'emploi et près de 18 millions de demandes au total, tandis que les indices PMI ont encore baissé en avril et que les dépenses personnelles ont été en baisse de 7,5% en mars. Cette semaine, le nombre d’emplois non-agricoles pourrait afficher une baisse record, avec un consensus autour de -21 millions.
  • Les annonces de résultats des bénéfices continuent de tirer la sonnette d'alarme pour le deuxième trimestre et l'ensemble de l'année 2020. Même Apple a refusé de donner des indications. Amazon a souligné la hausse des coûts de livraison malgré l'augmentation des revenus, Visa a retiré ses prévisions, Colgate-Palmolive a dépassé ses attentes de bénéfices mais a quand même retiré ses prévisions et les ventes de McDonalds ont connu une forte baisse. Exxon a enregistré une forte perte et réduira ses dépenses d'investissement prévues de 30%, tandis que Chevron a vu ses bénéfices augmenter au premier trimestre 2019, mais a également réduit ses dépenses d'investissement prévues de 30% car les résultats devraient se détériorer. Cette semaine, Disney, BMW et bien d'autres annonceront leurs résultats.
  • La Banque centrale européenne a clôturé la semaine des banques centrales en assouplissant encore sa politique. Elle n'a pas réduit son taux d'intérêt ni son programme d'achat d'obligations, mais elle a encore réduit les coûts de financement pour les banques. Tout comme la Réserve fédérale, elle a également souligné qu'un soutien budgétaire plus important était nécessaire. Et comme nous l'avons déjà mentionné, la Fed a également souligné que le chômage élevé à long terme constituait un risque pour la reprise.
  • Aux États-Unis, le plan de soutien « phase 4 » est en cours de discussion, même s'il pourrait prendre un certain temps avant d'être finalisé. Pour l'instant, on s'attend à une aide d'environ 1 000 milliards de dollars pour les États et les villes, plus les autres besoins, ce qui laisse présager un autre chiffre impressionnant.
  • Les rendements souverains restent dans leur fourchette récente. Le rendement du Trésor américain à 10 ans est de 0,61%, tandis que les rendements du Bund à 10 ans ont encore baissé à -0,57%. Les spreads de crédit sont restés globalement stables, le crédit de qualité US s'étant élargi de 4 points de base pour atteindre 206 points de base, le haut rendement US de 1 point de base pour atteindre 745 points de base, le haut rendement européen s’est resserré de 1 point de base pour atteindre 658 points de base et le crédit de qualité européen est resté stable à 189 points de base.
  • Les informations négatives pèsent sur la tendance, indiquant que les marchés ont peut-être anticipé trop d'optimisme pour affronter la réalité qui nous attend avec les niveaux et les valorisations actuels. Nous ne testerons peut-être pas les plus bas, mais nous continuons à croire que de nombreux risques subsistent. Même si les progrès réalisés contre le virus et les mesures de relance sont en balance avec les mauvaises publications économiques et de bénéfices et les tensions géopolitiques croissantes. Nous restons prudents pour l'instant, car la transition vers « l'après-coronavirus » ne se fera probablement pas sans heurts et il est probable que nous assisterons à nouveau à plus de volatilité.
Le 30 avril 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions ont connu une bonne journée. Cela est dû à la diffusion d’informations encourageantes concernant certains traitements à l’essai et sur des résultats positifs sur les bénéfices. Le PIB américain du premier trimestre s'établit toutefois à -4,8 % en rythme annualisé. Les marchés européens et américains ont tous deux progressé de plus de 2 %, prêts à clôturer l'un des meilleurs mois depuis 30 ans. En effet, le S&P500 a rebondi de 31 % par rapport à ses plus bas du 23 mars, tandis que l’Euro Stoxx 50 a rebondi de 26 % depuis ses plus bas du 18 mars. La reprise se diffuse plus largement, ce qui renforce la confiance. Toute bonne nouvelle sur les traitements ou les vaccins changerait bien sûr complètement les perspectives, car l’activité pourrait reprendre beaucoup plus rapidement, avec moins de restrictions et réduire les craintes d'une deuxième vague.
  • Facebook, Microsoft et Qualcomm ont obtenu d'excellents résultats, Facebook déclarant voir des « signes de stabilité » dans les revenus publicitaires. Tesla a surpris les marchés avec un bénéfice au premier trimestre, mais MasterCard a retiré ses prévisions pour 2020 malgré un bond des transactions sans contact. GE et Boeing ont tous deux annoncé des plans de réduction des coûts. Aujourd'hui, nous attendons les publications de Amazon, Royal Dutch Shell, McDonald's et bien d'autres.  
  • La Réserve fédérale n'a pas modifié sa politique, mais a averti qu'il faudrait davantage de mesures de relance pour la reprise. Aujourd'hui, la Banque centrale européenne sera sous les feux de la rampe avec l'arrivée des chiffres du PIB européen, qui mettront en évidence le début de la récession. Les rendements du Trésor américain à 10 ans sont restés globalement stables autour de 0,6 %, tandis que les rendements du Bund allemand à 10 ans ont chuté à -0,5 %. Les spreads de crédit sont restés stables et se sont resserrés de quelques points de base sur tous les segments.
  • Les prix du pétrole ont continué à se redresser sur la base des espoirs de réouverture. La Norvège a déclaré qu'elle réduirait sa production pour la première fois en près de 20 ans. Le WTI se négocie à 16 dollars le baril, tandis que le Brent est à 24 dollars le baril. L'or est resté dans une fourchette de 1700 à 1720 USD l'once ces derniers jours, tandis que l'USD continue de reculer.
  • Nous continuons à penser que les niveaux et les valorisations actuels (de retour aux niveaux de février) sous-estiment toujours les risques à venir, bien que de meilleures nouvelles sur les traitements et une plus grande ampleur du rallye suggèrent qu'il pourrait durer un certain temps. Néanmoins, nous restons prudents pour l'instant, car la transition vers « l'après-coronavirus » ne se fera probablement pas sans heurts et il est probable que nous assisterons à nouveau à plus de volatilité. 
Le 29 avril 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions ont connu une journée mitigée, l'Europe ayant grimpé d'environ 1,7 % en raison des plans de réouverture. La France rejoint les pays dont les plans débuteront le 11 mai. Pendant ce temps, les États-Unis ont reculé de 0,5 % au milieu d'une série de publications de bénéfices et d'une nouvelle baisse de la confiance des consommateurs, bien que les attentes se soient améliorées. Le PIB préliminaire du premier trimestre commencera à montrer l'impact de la pandémie, même si le deuxième trimestre sera encore pire. Le pétrole a légèrement augmenté et le dollar américain a poursuivi sa chute récente. Ce matin, les futures sont à la hausse.
  • Les publications des bénéfices continuent de dépeindre un tableau d'incertitude pour les entreprises : les prévisions sont revues à la baisse et les dividendes sont réduits. Caterpillar et Ford ont déçu et avec uniquement une réouverture partielle des usines Ford à partir du 18 mai, le deuxième trimestre sera probablement encore pire. Les ventes de Starbucks ont chuté pour la première fois en 11 ans, la marque s’attend à une longue période avant un retour à la normale. Les bénéfices de BP ont chuté de 66%, ceux d'UPS ont baissé malgré des ventes plus élevées. Pfizer et PepsiCo ont battu le consensus, bien que Pepsi ait retiré ses prévisions pour 2020. es revenus d’Alphabet ont augmenté plus que prévu, bien que les estimations selon lesquelles les dépenses de publicité en ligne vont chuter cette année pourraient nuire aux futurs bénéfices. Samsung a averti que ses bénéfices du deuxième trimestre allaient diminuer.
  • Après avoir commencé la journée à 0,67 %, les rendements du Trésor américain à 10 ans sont tombés en dessous de 0,6 % avant de terminer la journée à 0,61 %. Les rendements du Bund allemand à 10 ans ont également chuté, à -0,47%. Les spreads de crédit sont restés stables ou se sont resserrés de 2 points de base sur tous les segments. Les spreads italiens se sont encore resserrés à 219 points de base par rapport à l'Allemagne, malgré la dégradation de leur notation de crédit par Fitch.
  • Alors que les marchés font preuve de confiance pour 2021, les attentes en matière d'inflation restent très faibles, même si elles ont augmenté par rapport aux plus bas de mars. Aux États-Unis, le « breakeven » à 10 ans n'est encore que légèrement supérieur à 1 % et l'inflation à 5 ans dans 5 ans est de 1,5 %, ce qui laisse penser que les marchés obligataires s'attendent à une reprise beaucoup plus lente.
  • Nous continuons à penser que les niveaux et les valorisations actuels sous-estiment encore les risques à venir, que ce soit en termes d'impact de la crise sur la croissance et les bénéfices, de l'échelonnement et de la progressivité de la reprise, du risque d'une seconde vague de contagion avec le déconfinement et des pertes d'emplois plus permanentes si nous voyons davantage de faillites. En bref, nous ne nous attendons pas à une transition sans heurts vers « l'après-coronavirus » et nous pensons donc que des risques de baisse subsistent.
Le 28 avril 2020

reCOVery, une initiative collaborative pour repenser l'économie d'après-crise
 
Retrouvez l'intégralité de cet article sur le site Mon Epargne et Moi.
  • Plusieurs entreprises, acteurs financiers et associations d’entreprises s’unissent pour lancer reCOVery, une plateforme web ouverte durant un mois afin de nourrir, animer le débat et consolider les propositions des acteurs économiques. Cette initiative collaborative vise à faire redémarrer l’économie selon un modèle plus durable, plus juste et plus résilient. Lire la suite de l'article.




Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés,
Natixis IM Solutions.


Le 28 avril 2020
Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions ont commencé la semaine sur une note positive avec l'indice S&P500 en hausse de 1,5 % et l'indice Stoxx50 en hausse de 2,6 %, les investisseurs se concentrant sur les progrès réalisés contre le virus et les plans de réouverture lors d’une journée calme en terme de publications de données. Le prix du pétrole a encore baissé (WIT à 11 USD le baril et Brent à 19 USD le baril) et l'or a glissé à 1694 USD l'once. Les futures sont mixtes ce matin.
  • Toujours dans leur fourchette récente, les rendements souverains ont augmenté tout au long de la journée avant de reculer ce matin. Le rendement du Trésor américain à 10 ans est à 0,65 % et celui du Bund allemand à 10 ans à -0,45 %. Les spreads de crédit américains se sont légèrement resserrés, à 207 pb pour l'IG et à 774 pb pour le HY, tandis que les spreads européens se sont resserrés plus fortement, à 191 pb pour l'IG et 660 pb pour le HY. Alors que les marchés de financement aux États-Unis se sont quelque peu détendus grâce aux mesures prises par la Réserve fédérale, l'Euribor a connu des tensions ces derniers jours.
  • Les bénéfices continuent de montrer un tableau mitigé et un manque de vision sur 2020, HSBC ayant constitué ses provisions les plus élevées pour créances douteuses en 9 ans, tandis qu'UBS a montré une certaine confiance dans la qualité de son portefeuille de prêts. ABB et Thales ont retiré leurs anticipations et Novartis a confirmé ses prévisions. Aujourd'hui, nous aurons les résultats Alphabet, Starbucks et Caterpillar, entre autres.
  • Nous continuons à penser que les niveaux et les évaluations actuels (qui remontent aux niveaux de février) sous-estiment encore les risques à venir – que ce soit en termes d'impact de la crise sur la croissance et les bénéfices, de l'échelonnement et de la progressivité de la reprise, du risque d'une deuxième vague de contagion avec le dé-confinement et des pertes d'emplois plus permanentes si nous voyons davantage de faillites. En bref, nous ne nous attendons pas à une transition sans heurts vers « l'après-corona » et nous pensons donc que des risques de baisse subsistent. 

Ce que nous regardons
  • Nous surveillons les annonces de réouverture progressive pour voir comment elles se déroulent dans les différentes régions, pays et industries, car la reprise ne peut pas être simplement « enclenchée ». Nous cherchons à voir si les cas restent contenus avec des mesures de confinement plus souples pour voir si le chemin sera linéaire.
  • Nous examinons comment les mesures de relance peuvent être déployées pour éviter des vagues de faillites et de défauts, et comment les défauts peuvent être clôturés si/quand ils se produisent. En effet, il est encore trop tôt pour dire si ces mesures seront suffisantes pour éviter les conséquences les plus négatives de l'épidémie, bien que la Fed en particulier fasse tout ce qui est en son pouvoir – et même au-delà – pour limiter ces risques.
  • Nous examinerons de près les estimations des bénéfices à mesure qu'elles seront révisées à la baisse. Il se peut que les marchés ne tiennent actuellement pas suffisamment compte de l'ajustement, d'autant plus que les valorisations ne seraient pas aussi attrayantes avec un "E" beaucoup plus bas.
  • Nous surveillons les marchés du crédit et du financement pour voir si les mesures massives prises par les banques centrales, tant aux États-Unis qu'en Europe, contribuent à atténuer les tensions récentes. Pour l'instant, nous pensons que les banques centrales parviendront à maintenir les risques systémiques à un faible niveau afin d'éviter une crise du crédit. 

Le 27 avril 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions ont été mitigés vendredi, les États-Unis étant en hausse (+1,4 %) et l'Europe en baisse (-1,5 %), reflétant la tendance de toute la semaine, les États-Unis ayant juste avancé tandis que l'Europe a reculé, les investisseurs continuant à peser les progrès réalisés pour contenir le virus et les annonces de réouverture contre la réalité économique à laquelle sont confrontées les économies et les entreprises. Depuis le fort rebond des indices, nous sommes restés dans une large fourchette depuis plusieurs semaines maintenant. Ce matin, les futures sont positifs
  • En effet, les publications économiques continuent de montrer à quel point les données sont mauvaises, avec des PMI flash, en particulier dans le secteur des services, à des niveaux historiquement bas. Les données européens ont été moins bonnes que celles des États-Unis, et le secteur manufacturier a mieux résisté. L'Ifo allemand a également montré une nouvelle baisse de la confiance et les ventes au détail au Royaume-Uni ont connu leur pire chute jamais enregistrée. Aux États-Unis, le nombre de demandes initiales d'allocations de chômage a atteint 4,4 millions, ce qui porte à 26 millions le nombre de demandes des dernières semaines. 
  • Les résultats continuent de montrer un tableau mitigé et un manque d'orientation, avec les ventes d'Unilever en baisse, Amex réduisant ses coûts tandis que la Deutsche Bank a surpris ce matin. Cette semaine, nous auront beaucoup de publications, avec des sociétés comme Adidas et Bayer aujourd'hui. 
  • En termes de relance, les dirigeants de l'Union européenne ont avancé sur un fonds de relance qui devrait faire plus de 1 000 milliards d'euros, bien que peu de détails soient disponibles et que le calendrier ne soit pas clair. Le président Trump a signé la « phase 3.5 », qui devrait permettre de financer à nouveau le SBA (Small Business Administration). Et cette semaine, la Banque du Japon, la Banque centrale européenne et la Réserve fédérale se réuniront, la BoJ annonçant ce matin des achats illimités d'obligations.
  • Les rendements du Trésor américain sont restés stables vendredi avant d'augmenter ce matin, le rendement des obligations à 10 ans étant de 0,62 %, tandis que le rendement du Bund allemand à 10 ans est tombé à -0,47 % vendredi après avoir atteint jusqu'à -0,38 % jeudi. Les spreads de crédit se sont resserrés de quelques points de base pour terminer la semaine en IG, tandis que les spreads HY se sont un peu élargis. Les spreads italiens se sont resserrés à 231 points de base après l'annonce de la BCE jeudi. 
  • Les prix du pétrole se sont stabilisés en fin de semaine, car les réductions de production pourraient survenir plus tôt que prévu, avant de se replier ce matin, avec le WTI à 15 dollars le baril et le Brent à 20 dollars le baril. L'or a grimpé à 1739 dollars l'once la semaine dernière avant de se replier à 1723 dollars l'once ce matin, tandis que le dollar a progressé en raison d'une semaine « risk off » avant de chuter également ce matin.
  • Nous continuons à penser que les niveaux et les valorisations actuels (qui remontent aux niveaux de février) sous-estiment encore les risques à venir – que ce soit en termes d'impact de la crise sur la croissance et les bénéfices, de l'échelonnement et de la progressivité de la reprise, du risque d'une deuxième vague de contagion avec le dé-confinement et des pertes d'emplois plus permanentes si nous voyons davantage de faillites. En bref, nous ne nous attendons pas à une transition sans heurts vers « l'après-corona » et nous pensons donc que des risques de baisse subsistent. 
Le 27 avril 2020

Chine : Après le pic de l'épidémie, une difficile reprise
 
Retrouvez l'intégralité de cet article sur le site Mon Epargne et Moi.
 
Des indicateurs négatifs
  • La Chine a été le premier pays à prendre des mesures strictes pour contraindre la pandémie de coronavirus. Son économie a été lourdement impactée. Après de 2 mois de confinement, l’activité reprend difficilement.  Lire la suite de l'article.




Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés,
Natixis IM Solutions.


Le 23 avril 2020
Que s'est-il passé ?
  • Un répit sur les marchés pétroliers a entraîné un répit sur les marchés actions, qui ont rebondi de 1,5 % en Europe et de 2,3 % aux États-Unis après deux jours de baisse. Le prix du WTI a rebondi à 15 dollars le baril et le Brent s'est redressé à 22 dollars le baril après que le président Trump a déclaré qu'il cherchait des moyens de soutenir l'industrie américaine du schiste et les 10 millions d'emplois en jeu dans ce secteur, alors même que les stocks ont atteint leur plus haut niveau depuis trois ans. Ce matin, les futures sont au vert avant :
    - les premières demandes d'allocations chômage aux États-Unis, qui pourraient révéler 4,5 millions de nouveaux demandeurs d'emploi, 
    - les données sur le logement aux États-Unis, qui devraient montrer une forte baisse en mars,
    - les PMI préliminaires pour les États-Unis, la zone euro et le Royaume-Uni, qui devraient se situer dans les « 20 » en Europe et au Royaume-Uni.
  • Les rendements du Trésor américain ont augmenté avec les actions, le rendement à 10 ans étant à 0,60 % ce matin après avoir atteint 0,63 % la nuit dernière et le rendement du Bund allemand à 10 ans est monté à -0,40 %. Les spreads de crédit se sont resserrés de quelques points de base sur tous les segments et les spreads italiens se sont quelque peu resserrés à 248 pb avant la réunion du Conseil européen d'aujourd'hui. Les discussions sur un éventuel fonds de relance de 2 000 milliards d'euros se poursuivent. Ce matin, la Banque centrale européenne (BCE) a déclaré qu'elle accepterait de la dette haut rendement comme garantie pour ses prêts bancaires, visant à soulager les craintes qu’un potentiel déclassement de l'Italie et d'autres pays mette en péril le soutien de la BCE à leur égard. 
  • Les publications des bénéfices nous ont donné un aperçu des secteurs soins de santé, du luxe, de la bière et plus en Europe. Roche a dépassé les prévisions et confirmé ses perspectives pour 2020, Volvo a dépassé ses estimations de ventes pour le premier trimestre, Heineken et Pernod Ricard ont déçu et le propriétaire de Gucci, Kering, a manqué les estimations, bien que la baisse des ventes ait été plus importante que pour son concurrent LVMH. Suivant une tendance désormais familière aux banques, Crédit Suisse a annoncé ce matin des provisions pour créances douteuses plus de deux fois supérieures aux attentes du consensus, alors même que ses revenus de trading ont augmenté en raison d'une plus grande volatilité.   
  • Malgré le récent repli des marchés, nous continuons de penser que les niveaux et les valorisations actuels (aux niveaux de février) sous-estiment encore les risques à venir – que ce soit en termes d'impact de la crise sur la croissance et les bénéfices, de l'échelonnement et de la progressivité de la reprise, du risque d'une seconde vague de contagion avec le déconfinement et des pertes d'emplois plus profondes si nous voyons davantage de faillites. En bref, nous ne nous attendons pas à une transition sans heurts vers « l'après-coronavirus » et nous pensons donc que des risques baissiers subsistent. 

Le 22 avril 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions ont chuté avec les prix du pétrole et les publications de résultats continuent de montrer à quel point il est difficile pour les entreprises de donner des indications sur quand et comment la situation pourra s'améliorer. Le S&P500 a reculé de 3 %, tandis que l’Euro Stoxx 50 a chuté de 4 %. Ce matin, les futures sont dans le vert, à la suite de la nouvelle annonce de relance aux États-Unis.
  • Le Sénat a adopté un plan de soutien ‘phase 3.5’ pour donner plus de moyens à la SBA (Small Business Administration), qui a épuisé ses 350 milliards de dollars initiaux en moins de deux semaines. Le paquet supplémentaire s'élève à environ 480 milliards de dollars pour aider la SBA, les tests et les hôpitaux, et sera soumis au vote de la Chambre jeudi. S'il est approuvé et signé par M. Trump, le SBA pourrait être refinancé dès vendredi ou lundi.
  • Le prix du pétrole a encore baissé, les contrats WTI pour le mois de juin ayant chuté de plus de 50% à moins de 10 dollars par baril avant de se stabiliser à 11 dollars. Si les difficultés du WTI étaient initialement liées aux problèmes de stockage à Cushing, en Oklahoma, l'absence générale de demande de pétrole a également entraîné une baisse du prix du Brent, qui est passé à 16 dollars le baril (contre 25 dollars le baril en début de journée). Le président Trump envisage des mesures de soutien pour l'industrie du schiste afin de protéger les 10 millions d'emplois du secteur. 
  • Les rendements du Trésor américain ont encore reculé dans le contexte de la chute du pétrole et des actions, le rendement à 10 ans étant de 0,55 %, tandis que le rendement du Bund allemand à 10 ans a fluctué entre -0,45 % et -0,50 %, pour finir la journée à -0,47 %. Les spreads italiens continuent de s’écarter (au-dessus de 260 pb) par rapport à l'Allemagne, car les inquiétudes concernant le financement persistent et les tensions politiques augmentent à nouveau. La réunion du Conseil de l'UE de demain sera très suivie : elle pourrait se traduire par un soutien accru à l'ensemble de la zone euro, même si l'on n'attend guère de résultats concrets pour l'instant.
  • Les spreads de crédit se sont écartés dans tous les segments, le crédit de qualité se maintenant mieux que le haut rendement. En effet, le haut rendement américain s'est le plus élargi (+48 pb) comme prévu compte tenu de l'effondrement des prix du pétrole. Le haut rendement européen s'est élargi de 16 pb. Le crédit de qualité américain a augmenté de 5 pb et l’européen de 3 pb.
  • Les annonces des bénéfices continuent à indiquer un manque d'orientation pour le deuxième trimestre et pour l'année, alors que les entreprises s'efforcent d'évaluer la gravité et la durée des dommages causés par la crise. Netflix a surpris par la hausse de ses résultats du premier trimestre, mais a averti que le "déconfinement" pèserait sur les chiffres futurs.Coca-Cola a retiré ses prévisions pour 2020, même si le premier trimestre a bénéficié de la constitution de stocks et que la Chine commence à se redresser. En Europe, Danone a bénéficié d'une augmentation des achats au premier trimestre en Europe et aux Etats-Unis alors même que la Chine a chuté, mais a déclaré qu'il s'attendait à ce que le deuxième trimestre soit affecté par le verrouillage mondial et qu'il ne savait pas comment « l'offre et la demande » pourraient être affectées pour l'année. SAP, le géant allemand du logiciel, s'attend à ce que le deuxième trimestre soit mauvais, mais s’attend à des améliorations dans la seconde moitié de l'année. Les annonces d'aujourd'hui incluent Roche et Heineken.
  • Bien que les marchés aient reculé pendant quelques jours, nous pensons que les niveaux et les valorisations actuels (qui sont remontés aux niveaux de février) sous-estiment encore les risques à venir :
    - en termes d'impact de la crise sur la croissance et les bénéfices
    - de l'échelonnement et de la progressivité de la reprise
    - du risque d'une seconde vague de contagion avec le déconfinement
    - des pertes d'emplois plus permanentes si nous voyons davantage de faillites.
  • En bref, nous ne nous attendons pas à une transition fluide vers « l'après-Coronavirus » et nous pensons donc que des risques baissiers subsistent.
Le 21 avril 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les prix du pétrole WTI se sont effondrés hier, les inquiétudes concernant le stockage pour la livraison en mai ont fait chuter les prix sous zéro pour la toute première fois (avant de se stabiliser à environ 1 dollar le baril pendant la nuit). Malgré les réductions de production et un certain optimisme quant aux signes de réouverture, l'arrêt en cours de l'activité économique indique que la demande de pétrole est encore minime, et le restera pendant un certain temps. Néanmoins, les contrats de livraison plus tard (juin, juillet) sont restés à des "prix normaux", et le prix du Brent n'a baissé que de quelques dollars pour atteindre 25 dollars le baril. Le contrat de mai expire aujourd'hui, nous allons donc surveiller les contrats pour juin dans les semaines à venir compte tenu de l'offre excédentaire continue et de la faible demande et faible capacité de stockage.
  • Les marchés américains ont été entraînés par l'effondrement des prix du pétrole, ce qui indique clairement que les fondamentaux continuent de se détériorer, avec une baisse de près de 2 %, tandis que les marchés européens ont fermé avant le mouvement et ont réussi à gagner ~0,5 %-0,7 %. Ce matin, les actions asiatiques sont en baisse et les futures américains et européens sont dans le rouge.
  • Les rendements du Trésor américain ont poursuivi leur chute récente avec le rendement du 10 ans à 0,60 %, tandis que le rendement du Bund allemand à 10 ans a augmenté de quelques points de base pour atteindre -0,44 % (avant la chute du pétrole et du marché). Les spreads de crédit sont restés stables en Europe (202 pb pour l'IG et 665 pb pour le HY) et se sont élargis de 3 pb aux États-Unis pour l'IG et le HY (à 209 pb et 720 pb) au cours d'une journée relativement calme pour le crédit. Les mesures prises par les banques centrales portent leurs fruits, car les tensions sur le marché du crédit se sont atténuées, bien que les spreads restent bien supérieurs aux niveaux les plus bas de cette année (soit 93 pb pour l'IG américain, 315 pb pour le HY américain, 94 pb pour l'IG européen, 305 pb pour le HY européen).
  • Le calendrier des bénéfices sera plus chargé aujourd'hui, avec des sociétés comme Procter & Gamble, Coca Cola, SAP, Danone et Netflix. Les marchés continuent de peser les fondamentaux contre les mesures de relance. Ces dernières semaines, les perspectives de réouverture progressive et les vagues de relance ont soulevé les marchés, mais ceux-ci ne reflètent plus la réalité des fondamentaux économiques et des bénéfices, ni la lenteur et l'échelonnement de la reprise. Même si les marchés sont tournés vers l'avenir, nous ne pensons pas que la transition de cette crise se fera aussi facilement que les marchés le laissent entendre actuellement. 
  • Nous restons donc prudents car les révisions à la baisse et l'absence d'orientation se poursuivront pour les bénéfices, ce qui pourrait entraîner une plus grande volatilité car elles interviennent en même temps que des données économiques plus mauvaises que prévu. Nous continuons donc à penser que des risques de baisse subsistent. 
Le point marchés en vidéo
Le 20 avril 2020

Durant l'épidémie du Covid-19, quel rôle jouent les banques centrales sur les marchés financiers ?
 
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Pourquoi les crises économiques nécessitent-elles l'action des banques centrales ?
 
  • L’objectif d’une banque centrale est d’assurer une triple stabilité : celle des prix, des taux de changes et des taux d’intérêt. Pour cela, cette institution assure plusieurs missions majeures. Elle gère l’émission de la monnaie fiduciaire (les pièces et les billets de banque), supervise le fonctionnement des marchés financiers et vérifie que les institutions financières sont solvables...  Lire la suite de l'article.




Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés,
Natixis IM Solutions.


Le 20 avril 2020
Que s'est-il passé ?
  • Les marchés des actions, tant aux États-Unis qu'en Europe, ont encore fait un bond de 2,7 % vendredi, la réouverture provisoire l'ayant emporté sur les mauvaises données, bien que le calendrier des données et des bénéfices ait été léger. Les États-Unis ont clôturé une deuxième semaine consécutive de performance positive pour la première fois depuis février, bien que l'Europe ait fini la courte semaine en baisse. Ce matin, les futures sont en baisse aux États-Unis, mais à nouveau en hausse en Europe
  • Il est intéressant de noter que les rendements souverains ont encore baissé vendredi, bien que le Trésor américain à 10 ans ait rebondi plus tard dans la journée avant de se replier à nouveau ce matin. Le rendement du Trésor américain à 10 ans est de 0,62 % et celui du Bund allemand à 10 ans de -0,47 %. Les rendements italiens ont baissé, resserrant le spread par rapport au Bund à 179 points de base. Les spreads de crédit n'ont pas non plus beaucoup profité de la hausse des actions, surtout en Europe. Aux États-Unis, les spreads IG se sont resserrés de 5bp à 206bp, tandis que ceux du HY se sont resserrés de 24p à 70bp, mais en Europe, les spreads IG (202 points de base) et HY (664 points de base) sont restés stables. 
  • Les flux continuent de revenir dans la plupart des classes d'actifs, avec des entrées importantes dans les actions et le crédit, mais pas dans les marchés émergents ou les prêts. Les flux vers le monétaire se poursuivent également, ce qui indique que tout n'est pas encore résolu. 
  • Les prix du pétrole ont encore chuté, car les inquiétudes concernant le stockage continuent de croître avec la baisse de la demande. Le WTI est tombé en dessous de 15 dollars par baril, tandis que le Brent se maintient mieux à 27 dollars par baril. L'or a reculé en fin de semaine et se négocie actuellement à 1 682 dollars l'once. 
  • Nous restons prudents car les révisions à la baisse et le manque d'orientation des sociétés se poursuivront probablement pour les bénéfices, ce qui pourrait conduire à une plus grande volatilité car ils arrivent en même temps que des données économiques plus mauvaises que prévu. Nous continuons donc à penser que des risques de baisse subsistent. 
  • Les signes de réouverture en Europe et dans certaines régions des États-Unis sont encourageants, même si nous pensons que la reprise sera lente et échelonnée. Les pays n'en sont pas tous au même stade ni au même moment de la réouverture, mais ils se concentrent également sur différents segments de leur économie. Seul le temps nous dira quelle stratégie fonctionne le mieux et si les cas restent contenus malgré des mesures de confinement plus légères. En outre, le nombre de cas en Asie a de nouveau augmenté, ce qui laisse penser que contenir l’épidémie globalement ne sera pas facile. Pour l'instant, nous pensons que les marchés continuent de sous-estimer les risques de baisse de la croissance et des entreprises. 

Le 17 avril 2020

Que s'est-il passé ?
  • Pour la première fois depuis longtemps, les marchés n'ont pratiquement rien fait. Alors que les investisseurs digèrent encore les mauvais résultats d’entreprises et les annonces économiques contre les plans de relance et de réouverture, le S&P500 n'a clôturé qu'à +0,58 % alors que l’Euro Stoxx50 n'a augmenté que de +0,15 %. Ce matin, les futures sont à la hausse, malgré le pire trimestre de croissance de la Chine depuis des décennies. En glissement annuel, la baisse du PIB du premier trimestre a atteint -6,8 %, ce qui donne une première indication des mauvaises données que l'on pourrait obtenir pour le reste du monde. La Banque populaire de Chine a assoupli sa politique ces derniers jours et continuera probablement à le faire afin de relancer l'activité.
  • Aux États-Unis, 5,2 millions de personnes supplémentaires ont déposé une demande d'indemnisation pour chômage, ce qui porte le nombre de demandes à 22 millions pour un mois et efface tous les gains d'emplois depuis la crise financière de 2008. Le nombre de demandes d'emploi a atteint son record à près de 12 millions
  • Les résultats restent mitigés, mais continuent de dessiner un tableau incertain pour le trimestre à venir, les prévisions étant souvent suspendues. LVMH a déçu et a réduit son dividende, tandis que L'Oréal a mieux résisté grâce à certains produits disponibles en supermarché, bien que tous deux s'attendent à ce que la reprise commence bientôt. Les révisions à la baisse se poursuivent pour les bénéfices et pourraient entraîner une plus grande volatilité car elles interviennent en même temps que des données économiques plus mauvaises que prévu. Nous continuons donc à penser que des risques de baisse subsistent. 
  • Les rendements souverains ont continué à baisser pendant la majeure partie de la journée avant de remonter ce matin, avec le rendement du Trésor américain à 10 ans à 0,66 % (après avoir atteint 0,59 %) et le rendement du Bund allemand à 10 ans à -0,47 %. Les spreads de crédit sont restés stables aux États-Unis (210 pb) et en Europe (203 pb), se sont resserrés en haut rendement américain à 729 pb et se sont écartés en haut rendement européen à 665 pb. Les prix du pétrole sont restés stables, tandis que l'or et le dollar américain ont reculé
  • Aux États-Unis, la Small Business Administration a épuisé les 350 milliards de dollars de son programme de soutien au bout de deux semaines seulement, ce qui montre à quel point la demande des entreprises est forte (plus de 1,6 million de prêts ont été accordés). Le risque de faillites demeure. Un plan de relance de phase 4 sera nécessaire. 
  • Alors qu'un certain nombre de gouvernements annoncent une réouverture progressive de leurs économies au cours du mois de mai, les investisseurs se tourneront vers les nouveaux cas de virus pour voir s'ils restent contenus et ainsi qu’à quelle vitesse l'activité économique pourra reprendre. Nous pensons que le rythme sera lent et échelonné, ce qui laisse penser que nous n'avons pas vu la fin des mauvaises données

Le 16 avril 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés ont reculé, car les mauvaises nouvelles sur les bénéfices et les données économiques encore plus mauvaises que prévu aux États-Unis ont mis un frein à l'optimisme récent. Les ventes au détail ont chuté de 8,7 % aux États-Unis, soit la plus forte baisse jamais enregistrée depuis les premières publications dans les années 90. La production industrielle a chuté de plus de 6 %, soit la plus forte baisse depuis la Seconde Guerre mondiale. Si l'on garde à l'esprit que le mois de mars n'a pas été touché en totalité, le mois d'avril pourrait être encore pire. Et les demandes d'allocations de chômage d'aujourd'hui pourraient donner lieu à un nouveau chiffre effrayant. Le S&P500 a chuté de 2,2 %, tandis que l'indice Euro Stoxx 50 a baissé de près de 4 %, alors même qu'un certain nombre de gouvernements européens établissent des plans pour rouvrir progressivement leurs économies. Ce matin, les futures sont globalement à l’équilibre.
  • Les résultats de Goldman Sachs, de la BoA et de Citigroup ont été plus mauvais que prévu et les provisions sur prêts plus élevées, comme ce fut le cas pour JP Morgan et Wells Fargo la veille, car ils ont mis en évidence les risques d'une baisse des revenus des consommateurs plus tard dans l'année aussi. En Europe, les résultats d'ASML (l'un des plus grands fournisseurs de l'industrie des semi-conducteurs) ont été globalement positifs, bien que le risque de perturbations de la chaîne d'approvisionnement puisse avoir un impact sur les trimestres à venir, et que la société n'ait pas fourni d'orientation officielle pour le deuxième trimestre ou pour 2020 dans son ensemble. Cela met en évidence l'incertitude quant à la durée des perturbations dues au virus. Les résultats de LVMH et de L'Oréal seront à l’affiche aujourd'hui.
  • Les prix du pétrole ont de nouveau chuté, l'AIE ayant déclaré que la demande pourrait chuter de près de 10 % cette année et que les installations de stockage pourraient être débordées en raison de l'absence de demande, malgré la réduction de la production. Le Brent est tombé à 27 dollars le baril, tandis que le WTI est passé sous la barre des 20 dollars le baril, son plus bas niveau depuis 2002. Alors que les investisseurs évaluent les dommages causés par cette pandémie et la lenteur avec laquelle l'activité reprendra, nous avons estimé que l'offre resterait abondante et les prix plafonnés. 
  • Les rendements souverains ont chuté aux États-Unis et en Europe en raison des inquiétudes concernant l'économie et les bénéfices, le rendement du Trésor américain à 10 ans baissant à 0,63 % et le rendement du Bund allemand à 10 ans à -0,46 %. Les spreads de crédit sont restés stables en Europe (crédit de qualité à 201 pb et haut rendement à 656 pb), mais se sont creusés aux États-Unis (crédit de qualité à 209 pb et haut rendement à 740 pb). 
  • Il est probable que l'épidémie soit à son point culminant dans de nombreuses grandes économies développées, même s'il faudra peut-être un peu plus de temps pour une confirmation. Quant aux États-Unis, ils doivent être divisés en États et non considérés comme un tout. Néanmoins, les mesures de confinement devraient se poursuivre jusqu'en mai, et ne s'atténuer que progressivement par la suite, souvent avec l'ouverture de petits magasins d'abord, puis progressivement d'écoles et enfin d'autres lieux tels que des restaurants. Les événements de plus grande envergure ne seront pas envisagés avant un certain temps encore.
  • La journée d'hier a montré que les marchés évaluent l'impact total de l’épidémie sur les bénéfices et la croissance, car les annonces continuent de décevoir les attentes, même faibles, et les estimations continuent d'être revues à la baisse. En outre, la reprise de l'activité devrait être lente et échelonnée, ce qui laisse supposer que des risques pour la croissance – et donc pour les marchés – subsistent. 

Le 15 avril 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés boursiers américains ont ajouté 3 % à leur récente reprise, dans un contexte de résultats mitigés, tandis que les marchés européens ont clôturé dans le vert, mais à moins de 1 %. Ce matin, les futures sont en baisse d'environ 1 %, alors que les investisseurs évaluent les nouvelles annonces de bénéfices, les plans des gouvernements pour la "réouverture" de leurs économies et les résultats des ventes au détail américaines pour le mois de mars.
  • Les rendements souverains continuent de bien se comporter, le rendement du Trésor américain à 10 ans se situant à 0,72 % et le rendement du Bund allemand à 10 ans à -0,37 %. Les spreads italiens restent également relativement stables autour de 200 pb, (216 pb hier). Les spreads de crédit continuent de se resserrer (10 pb supplémentaires pour le crédit de qualité et 30 pb pour le haut rendement) grâce au soutien des banques centrales. Les tensions sur le marché du financement s'atténuent progressivement.
  • Les prix du pétrole se sont stabilisés ce matin après la chute d'hier, avec le Brent à 29 dollars le baril et le WTI à 20 dollars le baril. Comme le montre la réaction modérée du marché, les prix du pétrole devraient rester plafonnés car l'effondrement de la demande dépasse les réductions de production annoncées. L'or reste bien coté, passant à 1 740 USD l'once avant de se replier à 1 726 USD l'once. Le dollar américain a reculé hier, avant de se redresser ce matin. 
  • Les annonces des bénéfices ont été mitigées, les premières banques américaines (JP Morgan et Wells Fargo) ayant souligné l'ampleur de l’impact qu'elles attendaient et les montants qu'elles mettaient de côté pour les mauvaises créances, tandis que Johnson & Johnson s'en est mieux sorti. Aujourd'hui, d’autres banques américaines annoncent leurs résultats (Goldman Sachs, BoA et Citigroup) avec des perspectives sombres.
  • À notre avis, les marchés sous-estiment actuellement l'impact de l'arrêt complet de l'activité sur les bénéfices, en particulier la lenteur de leur reprise. En conséquence, les valorisations pourraient ne pas être aussi bon marché qu'elles le paraissent, surtout après les récents mouvements du marché
  • Les mesures de confinement devant durer jusqu'en mai et ne s'atténuer que progressivement par la suite, il faudra un certain temps avant que nous puissions revenir à une situation économique plus normale. La reprise de l'activité sera plus lente et échelonnée entre les pays, les régions et les secteurs, mais aussi à l'intérieur d'un pays. Nous pensons que les risques pour la croissance et les bénéfices demeurent. Nous restons donc prudents sur les marchés, car des risques de baisse subsistent

Le 14 avril 2020

Que s'est-il passé ?
  • La semaine dernière, les marchés américains ont enregistré leur meilleure performance depuis 1974, avec une hausse de 12 % du S&P500. La propagation du virus semble atteindre son apogée dans certains pays et des mesures de relance supplémentaires ont été annoncées. Cependant, les marchés américains étaient ouverts hier et ont reculé d'environ 1%. Dans certaines régions, les nouveaux cas et les décès sont repartis à la hausse et la réalité du coût économique pourrait commencer à se concrétiser avec le début de la saison des résultats. Les marchés européens ont été fermés pour le vendredi et le lundi de Pâques, mais ont fini leur courte semaine en hausse d’environ 8%. Ce matin, les futures américains et européens sont tous deux orientés à la hausse.
  • La Réserve fédérale a annoncé une nouvelle série de facilités totalisant 2 300 milliards de dollars. Cela comprend des mesures de soutien pour les prêts aux petites entreprises, davantage d'achats de crédit, notamment des « anges déchus » haut rendement, certains ETF haut rendement et des crédits, ainsi qu'un soutien aux États et aux municipalités. Les mesures prises par la Fed ont contribué à soulager les marchés du crédit, les spreads s'étant resserrés tout au long de la semaine dernière (et hier aux États-Unis). Le crédit de qualité américain est tombé à 213 pb, celui européen à 211 pb et le haut rendement européen à 698 pb. Les spreads du haut rendement américain sont passés de 1100 à 747 points de base, l'annonce de la réduction de la production par l'OPEP+ ayant également contribué à atténuer le stress dans ce secteur.
  • L'OPEP+ a accepté de réduire la production de pétrole de près de 10 millions de barils par jour à partir du 1er mai, dans un geste historique qui met fin à la guerre des prix entre l'Arabie saoudite et la Russie. Les États-Unis, le Canada et le Brésil sont censés réduire encore de 3,7 millions de barils et le reste du G20 de 1,3 million de barils supplémentaires, mais ces réductions seront lentes à se concrétiser car elles reflètent davantage l'impact de la baisse des prix sur la production qu'une réduction proactive. Alors que les prix ont fait un bond au départ, le Brent se négociant à 34 USD le baril et le WTI à 25 USD le baril, les deux ont reculé depuis (à 31 USD le baril pour le Brent et 22 USD le baril pour le WTI). Des questions subsistent quant à l'effondrement de la demande et à l’effectivité de cette réduction de production. Selon nous, étant donné l'arrêt de l'économie mondiale, les prix resteront plafonnés pendant un certain temps car l'offre reste abondante et la demande sera lente à se redresser.
  • Les ministres des finances de la zone euro se sont finalement mis d'accord sur un paquet fiscal de 500 milliards d'euros, qui ne comprend pas de « coronabonds » mais se concentre principalement sur l’ESM, le mécanisme de stabilité européen. Il comprend une assurance emploi commune, une facilité de liquidité pour les entreprises et des lignes de crédit. Il a également été question d'un fonds de relance, qui pourrait nécessiter une ‘émission commune’, mais les Pays-Bas et l'Allemagne s'opposent toujours à cette option. L’accord est maintenant soumis à l'approbation des dirigeants européens et pourrait se heurter à d'autres obstacles.
  • Avec la reprise des marchés, le sentiment est devenu plus optimiste et les flux ont commencé à revenir vers les actions, ainsi que vers les obligations à haut rendement (HY). Les actions ont enregistré des entrées de 16,5 milliards d'USD et les obligations HY en ont enregistré 4,1 milliards d'USD, tandis que les obligations du Trésor et les obligations indexées ont enregistré des sorties de 2,3 milliards d'USD et 4 milliards d'USD, respectivement.
  •  Les rendements des obligations du Trésor américain ont repris leur ascension cette semaine, les obligations américaines à 10 ans atteignant désormais 0,77%, l'appétit pour le risque s'étant amélioré. Les rendements allemands à 10 ans ont reculé vendredi à -0,34%, avant l'annonce des ministres européens des finances.
  • La saison des bénéfices commence cette semaine, avec des attentes encore relativement optimistes. En effet, même si les publications seront pour la plupart rétrospectives, nous verrons déjà l'impact des mesures de confinement sur les données de mars (et nous extrapolerons ce à quoi les prochains mois pourraient ressembler) et les indications pour le reste de l'année 2020 seront également à l'honneur. À notre avis, les marchés sous-estiment actuellement l'impact de l'arrêt complet de l'activité sur les bénéfices, et en particulier la lenteur de la reprise. En conséquence, les valorisations ne sont peut-être pas aussi bon marché qu'elles le paraissent, surtout après les récents mouvements de marchés.
  • Comme indiqué précédemment, nous prévoyons que les mesures de confinement dureront plus longtemps que prévu et que les mesures ne seront que progressivement allégées, ce qui laisse supposer un retour plus lent et plus progressif à la « normale ». En effet, la France a déjà prolongé les mesures jusqu'au 11 mai et a déclaré qu'elle envisagerait alors une réouverture progressive. Ainsi, la reprise de l'activité sera lente et échelonnée entre les pays, les régions et les secteurs, mais aussi au sein d'un même pays. Nous pensons que les risques pour la croissance et les bénéfices demeurent. Nous restons donc prudents sur les marchés, car des risques de baisse subsistent.
Le point marchés en vidéo




Philippe Waechter, Directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.


Le 14 avril 2020
La dynamique de contamination et de décès a changé d’allure. La décélération est à l’œuvre à l’échelle globale. Rien n’est résolu mais la première partie (sur n) est en passe d’être validée.

A l’échelle mondiale, la dynamique de contamination et de décès se réduit. Le nombre de contaminés continue de progresser mais le rythme s’infléchit depuis le pic du 31 mars. Ce jour là, la variation du nombre de contamination, sur une semaine, augmentait de 218 499 par rapport au chiffre de la semaine précédente. Le 13 avril, ce chiffre n’était que de 9 482. Ce n’est plus la phase d’accélération et traduit le confinement d’une bonne partie du monde. Sur les décès, le profil est le même avec un décalage de 5 jours. L’accélération est passé de plus de 16 000, le 4 avril à 7931 le 13 avril.

 


On retrouve les mêmes caractéristiques quand on analyse par pays. La mesure de l’accélération est intéressante car à l’exception des USA et de la Grande Bretagne, les chiffres reculent pour les contaminés. En Espagne, en Italie, en Allemagne et en France, maintenant que les chiffres sont normalisés, la décélération est amorcée. Aux USA, le mouvement de ralentissement est amorcé de façon significative alors qu’au Royaume Uni ce n’est pas encore franchement le cas. Le retard pris au départ là bas se retrouve encore.

 


Sur le nombre de décès, les profils ont la même allure avec un retard de 5 à 7 jours. L’Italie et l’Espagne sont les plus avancés dans la phase de décélération. La France et l’Allemagne sont proches de la stabilité. La décélération n’est pas encore franchement amorcée au RU mais commence aux USA.

 


(Extrait du Blog de P. Waechter)




Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés,
Natixis IM Solutions.


Le 8 avril 2020
Que s'est-il passé ?
  • La reprise des marchés actions s'est atténuée lors de la session américaine. New York, l'Espagne et le Royaume-Uni ont annoncé plus de nouveaux cas et de décès liés au virus, ce qui laisse penser qu'il est un peu prématuré de parler d’un pic officiel de l'épidémie, même si un certain optimisme est justifié. En outre, l'optimisme des petites entreprises s'est effondré aux États-Unis. Le S&P500 a terminé la journée sur un résultat tout juste négatif (-0,16 %). Les marchés européens ont clôturé avant les nouvelles décevantes et ont réussi à conserver des gains de 2 %. Ce matin, les futures sont mitigés.
  • Les rendements du Trésor américain à 10 ans ont suivi les mouvements des marchés boursiers, pour se replier plus tard dans la journée à 0,7 % après avoir atteint 0,78 %. Ce matin, les rendements sont à nouveau en hausse. Le Bund allemand à 10 ans a augmenté tout au long de la session européenne, atteignant -0,30 %. Les spreads italiens sont restés stables autour de 190 pb grâce au soutien de la Banque centrale européenne. Les spreads de crédit se sont encore resserrés, avec le crédit de qualité américain à 263 pb, le haut rendement américain à 883 pb, le crédit de qualité européen à 229 pb et le haut rendement européen à 751 pb. 
  • Les prix du pétrole restent volatils à l'approche de la réunion de l'OPEP+ qui se tiendra demain pour discuter des réductions de production. Le Brent se négocie actuellement à 32 USD le baril et le WTI à 25 USD le baril. Nous continuons à penser que la hausse des prix pourrait être limitée étant donné l'effondrement de la croissance et de la demande mondiales, même si la production venait à être réduite. 
  • Nous pensons que les marchés sous-estiment encore la durée des mesures de confinement, et en particulier le temps qu'il faudra pour revenir à la "normale". Les mesures de confinement contribuent à aplatir la courbe, mais le taux d'infection risque aussi de reculer plus lentement. En outre, les décideurs politiques risquent de rester prudents et ne feront que relâcher progressivement les mesures de confinement au lieu de les supprimer rapidement. En effet, la crainte d'une seconde vague subsistera si nous n'avons pas suffisamment maîtrisé l'épidémie, ce qui laisse supposer que les mesures se poursuivront même après le pic de cas.
  • Ainsi, la montée en puissance de l'activité sera plus progressive que prévu, car elle sera échelonnée à la fois entre les pays, les régions et les secteurs, mais aussi au sein d'un même pays. Nous pensons donc qu'il subsiste des risques pour la croissance, et donc des risques baissiers sur les marchés, car la reprise sera plus en forme de U, mais avec une montée graduelle (et non verticale). 
Le point marchés en vidéo

Le 7 avril 2020

Que s'est-il passé ?
  • L’anticipation du pic de malades dans de nombreux pays européens et même à New York ont propulsé les actions à la hausse hier. Le S&P500 est en hausse de 7%, son plus haut niveau depuis le 13 mars et l’Euro Stoxx 50 est en hausse de 5%. Avec les informations annonçant une possible réduction de la production de pétrole, les marchés ont trouvé un soutien bien nécessaire. Toutefois, les volumes sont restés relativement faibles. L'or a progressé tout au long de la journée, atteignant 1680 USD l'once avant de se replier à 1662 USD l'once ce matin, et l'indice de volatilité VIX est resté stable autour de 45, ce qui indique que les inquiétudes demeurent. Ce matin, les futures sont toujours orientés à la hausse
  • Les rendements souverains ont augmenté en conséquence. Le rendement américain à 10 ans s'élève à 0,71 % et le Bund allemand à 10 ans à -0,42 %. Les spreads de crédit se sont resserrés sur tous les segments, avec le crédit de qualité en baisse d'environ 9 pb aux États-Unis et 3 pb en Europe, tandis que le haut rendement a baissé de 16 pb aux États-Unis et 11 pb en Europe. Les marchés de financement montrent également des signes de stabilisation. 
  • Le pétrole a gagné quelques dollars supplémentaires alors que les discussions se poursuivent entre les principaux producteurs sur les réductions possibles de la production, poussant le Brent à 34 dollars le baril et le WTI à 27 dollars le baril. À notre avis, même si l'OPEP+ réduit sa production, l'effondrement actuel de la demande mondiale limite la capacité de hausse des prix à court terme.
  • Selon nous, les marchés sous-estiment probablement encore la durée des mesures de confinement, et en particulier le temps qu'il faudra pour revenir à une situation "normale" par la suite. Avec des meilleures nouvelles concernant les pics dans de nombreuses régions, nous pourrions retrouver de l'optimisme sur les marchés. Toutefois, le fait que l'activité économique redémarrera plus lentement que prévu et que les données publiées seront encore pires que prévues, pourrait à nouveau nuire à la tendance. En effet, si nous continuons à penser qu'un pic du nombre de malades sera probablement nécessaire pour une reprise durable, les questions sur la reprise ne font que commencer. 
  • Nous ne nous attendons pas à un rebond en forme de V, mais plutôt à une forme en U, mais avec une remontée progressive (et non verticale). Avec des progrès et des réponses échelonnés dans la lutte contre l'épidémie, et différents niveaux de confinement, il est peu probable que nous puissions une reprise de l’activité globale au même moment. Elle sera échelonnée entre les régions, les pays, les États américains et les industries, ce qui laisse supposer une montée en puissance plus lente que ce qui avait été espéré au départ. Nous pensons donc qu'une forte volatilité et des risques de baisse subsisteront pendant un certain temps. 

Ce que nous regardons
  • Nous continuons à surveiller le pic des cas dans les pays plus "avancés" dans l'épidémie pour savoir combien de temps un confinement strict sera nécessaire. Plus l'immobilisme économique dure longtemps, plus les dégâts sont importants et plus le risque de conséquences négatives est élevé. 
  • Nous examinons comment les mesures de relance peuvent être déployées pour éviter des vagues de faillites et de défauts, et comment les défauts peuvent être traités s’ils se produisent. 
  • Nous surveillons les marchés du crédit et du financement pour voir si les mesures massives prises par les banques centrales, tant aux États-Unis qu'en Europe, contribuent à atténuer les tensions récentes. Pour l'instant, nous pensons que les banques centrales parviendront à maintenir les risques systémiques à un faible niveau afin d'éviter une crise du crédit. 

Le 6 avril 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les actions ont connu une nouvelle semaine de baisse, chutant encore de 1% à 1,5% vendredi, les données du marché du travail ayant pesé. Le S&P500 est en baisse de 23% depuis le début de l'année et l’Euro Stoxx 50 de 29%. Ce matin, alors que le nombre de décès continue de baisser en Italie, en Espagne et en France, les futures annoncent une hausse d'environ 3 %.
  • Le pétrole a quelque peu reculé après le rallye de la semaine dernière, car la réunion d'urgence de l'OPEP+ d'aujourd'hui a été reportée à jeudi en raison des tensions persistantes entre l'Arabie Saoudite et la Russie. Le Brent se négocie à 33 USD le baril, tandis que le WTI est à 27 USD le baril. Selon nous, même si l'OPEP+ réduit la production de manière significative, l'effondrement actuel de la demande mondiale suggère une hausse limitée des prix à court terme.
  • La livre sterling a chuté lorsque le Premier ministre Boris Johnson a été admis à l'hôpital pour des tests à la suite de son diagnostic positif. Le prix de l'or est resté dans une large fourchette autour de 1620 USD l'once et le dollar américain a continué à progresser au cours d'une semaine sans risque
  • Les données sur les emplois non agricoles aux États-Unis ont été médiocres, avec une baisse de 700 000 salariés contre une hausse de 275 000 en février, bien que l'on s'attende à ce qu'avril soit encore pire, les États-Unis étant toujours dans la phase exponentielle de l'épidémie. 
  • Les rendements du Trésor américain ont augmenté ce matin grâce à de meilleures nouvelles, après avoir reculé tout au long de la semaine dernière. Le virus continue de se propager aux États-Unis et les données publiées étaient médiocres. Ce matin, le rendement américain à 10 ans s'est établi à 0,63 %, tandis que le rendement allemand à 10 ans est resté globalement stable à -0,44 %. Les spreads de crédit se sont écartés aux États-Unis vendredi, tandis que les spreads européens restent stables. Le crédit de qualité américain est à 283 pb, le haut rendement américain à 942 pb, le crédit de qualité européen à 240 pb et le haut rendement européen à 794 pb.
  • Nous continuons à penser qu'un pic dans les cas sera probablement nécessaire pour une reprise durable. Toutefois, les questions relatives à la reprise risquent de peser sur les opérateurs des marchés. En effet, nous ne nous attendons pas à un rebondissement en forme de V, mais plutôt en forme de U, avec seulement une remontée progressive (et non verticale). Avec des progrès échelonnés dans la lutte contre l'épidémie, des réponses échelonnées et différents niveaux de confinement, il est peu probable que nous puissions connaître un retour à la normal général et une reprise de l'activité. Elle sera elle aussi échelonnée entre les régions, les pays, les États américains et les industries, ce qui laisse supposer une montée en puissance plus lente que ce qui avait été espéré au départ. Nous pensons donc qu'une forte volatilité et des risques de baisse subsisteront pendant un certain temps. 

Le 3 avril 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions ont connu une journée volatile, les gros titres sur le pétrole et sur le marché du travail ayant fait fluctuer les indices, mais ils ont tout de même terminé sur une note positive avec le S&P500 en hausse de plus de 2 % tandis que le Stoxx50 a terminé à peine dans le vert, bien que les futures des deux régions soient négatifs ce matin. 
  • Le président Trump a tweeté que la Russie et l'Arabie Saoudite avaient accepté de réduire leur production de 10 millions de barils, mais ce tweet a soulevé plus de questions que de réponses, la Russie ayant nié le rapport et l'Arabie Saoudite ayant seulement demandé une réunion urgente de l'OPEP+. De plus, s'agirait-il d'une réduction de la production quotidienne (un trop grand % de la production russe et saoudienne) ? Cela suffit-il pour remédier à l'offre excédentaire actuelle ? Combien de temps durera l'effondrement de la demande ? Le prix du Brent a bondi de 26 à 36 dollars le baril, avant de se replier à 28 dollars le baril ce matin, le WTI suivant un schéma similaire, passant de 22 à 27 dollars le baril, pour revenir à 24 dollars le baril. Avec déjà quelques faillites dans l'industrie américaine du schiste, il n'est pas surprenant que le président Trump essaie de soutenir les prix du pétrole, mais cela pourrait ne pas être si facile à faire, et les préoccupations de croissance pourraient de toute façon écraser ces efforts à court terme. 
  • Les demandes d'allocations de chômage aux États-Unis ont été bien pires que prévu, avec 6,6millions de nouvelles demandes en une semaine, ce qui porte le total à environ 10 millions de nouveaux demandeurs d'emploi sur deux semaines. Alors que nous nous attendions à une détérioration rapide et brutale du marché du travail américain compte tenu de sa structure, le gros titre a tout de même inquiété les investisseurs, car nous ne savons toujours pas combien de temps dureront les mesures de confinement. Les non-farm payrolls d'aujourd'hui sont à surveiller. 
  • Les rendements du Trésor ont grimpé hier avant de se replier ce matin à 0,59 %, tandis que les Bunds allemands sont restés globalement stables, augmentant de 2 points de base au cours de la journée pour atteindre -0,43 %. Les spreads de crédit sont restés pratiquement inchangés, tandis que le dollar américain s'est encore élargi, malgré un léger resserrement de la composante énergétique.  
  • Des nouvelles encourageantes sur la trajectoire de l'épidémie, malgré une mise en garde que différentes mesures de confinement impliqueront des calendriers différents, l'Italie a annoncé une baisse des nouveaux cas et des décès après un mois de confinement. Elle a néanmoins prolongé les mesures, car des risques subsistent. 
  • Nous continuons à penser qu'un pic des cas sera probablement nécessaire pour une reprise durable, car il est difficile d'évaluer le coût total sur la croissance et les revenus. Toutefois, les questions relatives à la reprise risquent de peser sur le sentiment également. En effet, nous ne nous attendons pas à un rebondissement en forme de V, mais plutôt en forme de U, avec seulement une remontée progressive (et non verticale). Avec des progrès échelonnés dans la lutte contre l'épidémie, des réponses échelonnées et différents niveaux de confinement, il est peu probable que nous puissions voir un "c’est bon" général et une reprise de l'activité. Elle sera elle aussi échelonnée entre les régions, les pays, les États américains et les industries, ce qui laisse supposer une montée en puissance plus lente que ce qui avait été espéré au départ. Nous pensons donc qu'une forte volatilité et des risques de baisse subsisteront pendant un certain temps. 

Le 2 avril 2020

Que s'est-il passé ?
  • Nous avons commencé le trimestre de la même manière que nous l'avons terminé, avec une journée négative sur les marchés actions. Les investisseurs se rendent compte que les mesures de confinement dureront encore longtemps. En effet, alors même que des signes de stabilisation de l'épidémie apparaissent, l'Italie a prolongé son confinement strict de deux semaines et l'Allemagne a fait de même. Les marchés américains ont enregistré une baisse de plus de 4 %, la plus importante en deux semaines, tandis que les indices européens ont chuté d'un peu moins de 4%. Ce matin, les futures sont au vert
  • La divergence des rendements entre les États-Unis et l'Europe se poursuit, puisque le rendement du Trésor américain à 10 ans a encore baissé à 0,57 %, tandis que le Bund allemand à 10 ans a de nouveau augmenté, à -0,45 %. Les écarts de crédit se sont creusés de quelques points de base aux États-Unis, tandis que les écarts européens sont restés stables. 
  • L'or a oscillé entre 1 572 et 1 600 USD l'once tout au long de la journée, pour revenir à 1 585 USD l'once ce matin. D'autres valeurs refuges comme le franc suisse et le yen restent bien cotées, tandis que le dollar a de nouveau grimpé.
  • En ce qui concerne les données économiques, l'indice PMI chinois officiel a rebondi au-dessus de 50 – cependant, comme les PMI sont des enquêtes qui examinent les changements depuis le mois dernier, au-dessus de 50 signifie que c'est juste un peu mieux que le terrible mois précédent. Aux États-Unis, les PMI flash n'ont pas chuté autant que prévu, bien que la date de l'enquête puisse avoir un impact et que les publications futures soient susceptibles de baisser encore plus à mesure que les conditions aux États-Unis continuent de se détériorer. Les premières demandes d'allocations de chômage d'aujourd'hui seront sous les feux de la rampe car le consensus s'attend à ce que 3,7 millions d'Américains supplémentaires s'inscrivent. Un chiffre qui viendrait battre le record historique de la semaine dernière. Comme nous l'avons déjà mentionné, nous savons que les données économiques seront très mauvaises. À notre avis, la question principale n'est pas de savoir à quel point elles seront mauvaises, mais combien de temps elles le resteront.
  • Des questions subsistent quant au temps qu'il faudra pour contenir l'épidémie, et donc combien de temps les mesures strictes qui bloquent l'activité économique seront maintenues. D'ici là, il est difficile d'évaluer l’impact total sur la croissance et les revenus. En outre, la question de savoir à quoi ressemblera la reprise, quand nous pourrons l'amorcer, risque également de peser sur l’humeur des investisseurs. En effet, nous ne nous attendons pas à un rebondissement en forme de V, mais plutôt en forme de U, avec seulement une remontée progressive (et non verticale). Nous pensons donc qu'une forte volatilité et des risques à la baisse subsisteront pendant un certain temps. 

Le 1er avril 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions ont connu une nouvelle journée négative, clôturant leur pire trimestre depuis 2008. Le S&P500 a chuté de 1,6 % tandis que l’Euro Stoxx50 a réussi à gagner 0,7 %, mais a tout de même terminé le trimestre en forte baisse. Ce matin, les futures sont toujours au rouge, le président Trump ayant mis en garde contre quelques semaines douloureuses et les investisseurs se rendant compte que les mesures de confinement ne sont pas près de prendre fin, même si les cas semblent atteindre un sommet en Italie. 
  • Les rendements américains ont baissé tout au long de la journée, le rendement du Trésor américain à 10 ans étant tombé à 0,62 %, tandis que le Bund allemand à 10 ans a augmenté de quelques points de base pour atteindre -0,47 %. Les spreads de crédit se sont encore resserrés, le spread du crédit de qualité américain tombant à 272 pb, le haut rendement américain à 880 pb, le crédit de qualité européen à 241 pb et le haut rendement européen à 796 pb. Les marchés de financement montrent également des signes de détente, la politique de la Fed atténuant certaines tensions dans ce domaine. 
  • Le prix du Brent a bondi à 25 dollars le baril ce matin dans l'espoir de voir un effort de soutien des prix, mais le WTI est resté stable à 20 dollars le baril. L'or se redresse après une forte baisse à la fin de la session d'hier, se négociant à 1587 USD l'once. Le dollar américain a été soutenu cette semaine, après la chute de la semaine dernière par rapport aux récents sommets. Hier, pour éviter un resserrement du dollar, la Fed a annoncé encore une nouvelle mesure, une facilité temporaire de repo qui permettra aux banques centrales étrangères d'échanger tout titre du Trésor contre des espèces.
  • Alors que nous entrons dans le deuxième trimestre, des questions subsistent quant au temps qu'il faudra pour contenir l'épidémie, et donc au temps que les mesures strictes qui bloquent l’activité économique dureront. Nous savons que les données économiques publiées sont très médiocres et quelle le resteront pendant un certain temps. À notre avis, la question principale n'est pas de savoir à quel point elles sont mauvaises, mais combien de temps elles le resteront. En outre, la question de savoir à quoi ressemblera la reprise et quand elle arrivera, ce qui risque également de peser sur l’humeur des investisseurs. En effet, nous ne nous attendons pas à un rebond en V, mais plutôt à une forme en U, et avec seulement une montée progressive. La volatilité des marché et les risques de baisse demeurent à notre avis.

Le 31 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions ont commencé la semaine sur une base positive, le S&P500 ayant grimpé de plus de 3 % tandis que l’Euro Stoxx 50 a progressé de 1,3 % grâce à des nouvelles encourageantes en provenance de Chine. L’indice PMI officiel est passé à 52 après avoir chuté à 35,7 en février. Le nombre moins important de nouveaux malades en Italie a également été salué. Nous clôturons un trimestre volatile avec des futures à nouveau mitigés, car l'incertitude sur la durée de l'épidémie, et donc sur le coût final sur la croissance, persiste.
  • Les valorisations ont fortement chuté dans toutes les régions, les marchés ayant pris en compte la récession en cours. Le P/E (cours sur bénéfices) à 12 mois du S&P500 est tombé de 18,46 en décembre à 14,44, celui du Stoxx600 de 14,94 à 11,86, celui du MSCI EM de 12,88 à 10,37, tandis que le Nasdaq a mieux résisté à 20,76, contre 24,46 en janvier. 
  • Les rendements souverains ont inversé le premier mouvement de chute pour finir la journée en hausse de 1 pb, avec les rendements du Trésor américain à 10 ans à 0,68 % et le Bund allemand à 10 ans à -0,49 %. Les rendements italiens à 10 ans sont à 1,48% (196 pb de plus que l'Allemagne), un écart plus élevé que la semaine dernière (158 pb). La journée a été contrastée, avec un resserrement supplémentaire des spreads du crédit de qualité et haut rendement américains, tandis que les spreads du crédit de qualité européen est resté stable et que le haut rendement européen s'est écarté.
  • Les prix du pétrole sont restés globalement stables, malgré les fluctuations intra-journalières, le Brent s'échangeant à 23 USD le baril et le WTI à 21 USD le baril ce matin. L'or est resté stable après avoir fortement progressé la semaine dernière, se négociant à 1614 USD l'once. 
  • Jusqu'à ce que les cas en Europe et aux États-Unis atteignent un sommet, nous prévoyons une forte volatilité et des risques de baisse pour les marchés. En effet, le facteur le plus important est la durée pendant laquelle nous avons besoin des mesures de confinement, et nous sommes encore loin d'une réponse. Il en va de même pour la publication des données économiques. Elles sont (vraiment) mauvaises, et elles continueront à l'être. À notre avis, la question principale n'est pas de savoir à quel point elles sont mauvaises, mais plutôt combien de temps elles le resteront.
Le point marchés en vidéo




Philippe Waechter, Directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.


Le 30 mars 2020
La situation italienne s’améliore. Les indicateurs sur une semaine montrent une inflexion. L’Espagne a l’allure la plus préoccupante. La France pourrait connaître une inflexion. C’est à surveiller dans les prochains jours.

Quelques graphes pour visualiser la situation de l'Europe vis à vis de l'épidémie en Europe. J'ai mis aussi le chiffre américain à titre de comparaison. Ces données seront mises à jour régulièrement (voir sur le cas américain Covid-19 aux USA). Le premier point à souligner est le profil de la séquence des décès. Pour cela je regarde la différence sur 7 jours du cumul des décès. L’Italie est le seul pays pour lequel une inflexion commence à être observée. Cependant, s’il y a décélération il ne s’agit pas encore d’une inversion de tendance. En France, la tendance est un peu moins rapide depuis le 26 mars.
En revanche, dans les autres pays, il n’est pas encore observée de phase d’inflexion. L’Espagne a l’allure la plus préoccupante. Sa progression très rapide est proche de celle de l’Italie mais sans inflexion jusqu’à présent. En Allemagne, le nombre de décès reste très faible et avec une progression lente. Ce n’est pas le cas des USA pour lesquels la hausse s’accélère. Le Royaume Uni est à un faible niveau de décès mais le nombre de décès augmente régulièrement et sans inflexion.

 

On peut présenter de la même façon le nombre de contaminés. On observe ici aussi que la situation italienne est en train de changer lentement mais que la situation est plus avancée que sur le nombre de décès puisque l’indicateur reflux. Ce n’est le cas d’aucun autre pays pour l’instant. Le nombre de contaminés en France est peut-être au début d’une phase d’inflexion. Cela reste à constater dans les prochains jours. Le profil du nombre de contaminés est présenté dans le troisième graphe avec comme point de départ le moment du passage à 100 contaminés. 
 

L’Italie a la progression la plus longue mais pas la plus rapide. L’allure des USA est préoccupante. Cela reflète aussi un effet taille sur les USA. 
 

Une autre façon est alors de présenter le nombre de contaminés est de regarder leur poids dans la population totale en partant de la même base temporelle que sur le précédent graphique (lorsqu’un pays passe le seuil de 100 contaminés). Cela donne une allure très différente. L’impact sur l’Espagne est spectaculaire alors que celui des Etats-Unis est normalisé. 
 



Pour terminer, trois graphes qui présentent les évolutions sans transformation. Le premier est le nombre de contaminés en niveau, le second en % de la population et le troisième est le nombre de décès.

Le nombre de contaminés en niveau

L’effet d’échelle joue très fortement dans l’allure de la courbe US même si l’on peut être effrayé par la vitesse à laquelle cette courbe s’accroît. Pour les autres pays, on retrouve le chiffre élevé de l’Espagne et le rattrapage du Royaume Uni.

 


Le nombre de contaminés en % de la population
 
L’Espagne a clairement le profil le plus préoccupant. La situation américaine est recalée par rapport au graphe précédent et progresse de façon significative mais moins brutale.
 

Le nombre de décès en niveau
 
Très forte domination de l’Italie et de l’Espagne. Les Etats-Unis dépassent la France alors qu’en Allemagne, le nombre de décès reste très faible.
 


(Extrait du Blog de P. Waechter)




Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés,
Natixis IM Solutions.


Le 30 mars 2020

Le 30 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Le récent rallye des marchés boursiers s'est arrêté vendredi avec des indices en baisse de 4,2% en Europe et de 3,4% aux États-Unis. Bien que les annonces de relance aient contribué à apaiser une partie de la panique récente, l'épidémie continue de s'aggraver pour l’instant. Les investisseurs ne peuvent évaluer l'ampleur de l'impact économique tant que nous ne savons pas combien de temps cela durera. C'est pourquoi nous continuons à penser que les risques baissiers et la forte volatilité persisteront. Dans la continuité des dernières semaines, les futures ont oscillé ce matin mais sont actuellement orientés à la hausse
  • Les mesures prises par les banques centrales ont contribué à protéger le crédit alors que les actions chutaient, les écarts de taux ayant encore reculé de quelques points de base vendredi. Le spread du crédit de qualité américain s'élève désormais à 310 pb, celui du crédit de qualité européen à 245 pb, le haut rendement européen à 802 pb et le haut rendement américain à 921 pb (à partir d'un sommet de 1100 pb). Les rendements souverains se sont encore mieux comportés, avec le Trésor américain à 10 ans en baisse à 0,67% et le Bund allemand à 10 ans en baisse à -0,48%. La notation de crédit du Royaume-Uni a été abaissée par Fitch, mais son rendement à 10 ans est resté stable à 0,36%. 
  • Les fonds et les ETF actions et obligataires continuent de subir des sorties de capitaux. Le crédit de qualité américain a enregistré plus de 90 milliards de dollars de sorties au cours des trois dernières semaines, tandis que les actions ont connu à peu près la même chose au cours des cinq dernières semaines, principalement des actions non américaines. Il faut garder à l'esprit que les flux vers les obligations ont été beaucoup plus importants que vers les actions ces derniers mois. Les sorties se sont également poursuivies dans les obligations internationales, la dette émergente et le haut rendement. Les flux se dirigent surtout vers les fonds monétaires, qui ont enregistré des entrées d'environ 500 milliards de dollars le mois dernier
  • La Chambre a adopté le projet de loi de relance de 2 000 milliards de dollars, le président Trump l'a signé vendredi, mais son déploiement pourrait prendre du temps. Les données économiques et du marché du travail continueront à se dégrader pendant un certain temps encore. En effet, le président Trump a déjà prolongé les directives de confinement jusqu'à la fin du mois d'avril. 
  • Les prix du pétrole ont de nouveau chuté en raison des inquiétudes concernant la capacité de stockage de l'offre excédentaire qui continue à être pompée dans un contexte d'effondrement de la demande. Le Brent est tombé à 23 USD le baril alors que le WTI est à 20 USD le baril. 
  • Nous continuons à nous attendre à une forte volatilité pour les semaines à venir tant que l'épidémie se propage. Nous maintenons notre opinion qu'un pic dans les cas de malades sera nécessaire pour une reprise durable. En effet, le facteur le plus important est la durée pendant laquelle nous avons besoin des mesures de confinement, et nous sommes encore loin d'une réponse. Ainsi, à mesure que le temps passe, les marchés pourraient être à nouveau déçus de voir que les mesures prennent plus de temps que prévu. 
  • Il en va de même pour la publication des données économiques. Elles sont (vraiment) mauvaises, et elles continueront à l'être. À notre avis, la question principale n'est pas de savoir à quel point elles sont mauvaises, mais plutôt combien de temps elles le resteront. 

Le 27 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Avec hier, cela fait trois ! Les marchés actions ont enregistré une troisième journée consécutive de hausse, le S&P500 ayant progressé de 6 % et l’Euro Stoxx50 de 1,7 %. Malgré un nombre record de 3,3 millions de nouvelles demandes d'allocations de chômage aux États-Unis, les marchés se sont plutôt concentrés sur l'adoption par le Sénat d'un paquet de 2 000 milliards de dollars. La Chambre des Représentants doit le voter aujourd'hui. La Banque centrale européenne a également déclaré qu'elle supprimerait les limites par émetteur et par pays pour son programme d'achat d'actifs et l'Allemagne a accepté un paquet fiscal de 750 milliards d'euros pour soutenir son économie.
  • Les spreads de crédit continuent de bénéficier de l'amélioration du sentiment et des récentes annonces de la banque centrale, avec le crédit de qualité américain qui a baissé à 314 pb (contre un maximum de 338), le haut rendement européen qui a baissé à 818 pb contre un maximum de 919 pb et le haut rendement américain à 959 pb (contre un maximum de 1100 pb). Les spreads du crédit de qualité européen ne se sont resserrés que de 4 pb (après un resserrement de 2 pb mercredi), car la BCE n'a pas encore commencé à acheter. 
  • Les rendements souverains américains sont restés pratiquement inchangés depuis 3 jours. Malgré les avancées du marché actions, le Trésor à 10 ans a baissé de 1 pb à 0,79 %, mais les rendements du Bund allemand à 10 ans ont baissé de 10 pb à +0,36 %. Les rendements souverains italiens continuent de baisser, le spread par rapport à l'Allemagne étant tombé à 158 points de base, contre un sommet de 278 points de base (et un plus serré de 129bp en février).
  • Le dollar américain et le Vix (indice de volatilité du marché) ont continué à reculer, tandis que l'or a progressé à nouveau à 1625 USD l'once, les mesures de relance renforçant l'attrait du métal brillant. 
  • Ce matin, les futures sont à nouveau mitigés, les marchés pouvant prendre une pause après les performances des derniers jours. Bien que nous nous attendions à ce que les annonces de relance contribuent à calmer les marchés, nous maintenons notre point de vue selon lequel un pic dans les cas sera nécessaire pour une reprise durable, même si nous pouvons avoir des jours de fortes variations des cours entre-temps. En effet, le facteur le plus important est la durée pendant laquelle nous avons besoin des mesures de confinement, et nous sommes encore loin d'une réponse. Ainsi, à mesure que le temps passe, les marchés pourraient être à nouveau déçus de voir que les mesures durent plus de temps que prévu. 
  • Il en va de même pour la publication des données économiques. Elles sont (vraiment, vraiment) mauvaises, et elles continueront à l'être. À notre avis, la question principale n'est pas de savoir à quel point elles sont mauvaises, mais plutôt combien de temps elles le resteront. 

Ce que nous regardons
  • Nous continuons à surveiller les efforts de confinement et les annonces budgétaires et monétaires, qui devraient à terme contribuer à rassurer les marchés. 
  • Nous surveillerons les cas de plafonnement et de pic dans les pays plus "avancés" dans le processus que la plupart des pays d'Europe et des États-Unis, afin de déterminer combien de temps un confinement strict sera nécessaire. Nous savons que les publications de données économiques seront très mauvaises quand elles commenceront à sortir, la question est de savoir combien de temps elles le resteront. Plus cette durée sera longue, plus notre scénario d’une reprise progressive au second semestre devra être revu à la baisse. 
  • Nous surveillons les marchés du crédit et du financement pour voir si les mesures massives prises par les banques centrales, tant aux États-Unis qu'en Europe, contribuent à atténuer les tensions récentes. Pour l'instant, nous pensons que les banques centrales parviendront à maintenir les risques systémiques à un faible niveau afin d'éviter une crise du crédit. 

Le 26 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Ils l'ont fait ! Et cela s'applique aussi bien aux marchés qu'au Sénat. Les marchés actions ont connu une deuxième journée positive pour la première fois depuis la mi-février. Le rallye américain s’est arrêté en milieu de journée, le S&P500 ne progressant que de 1 %, tandis que les marchés européens ont fermé (plus tôt) avec une hausse de 4 %. Le Sénat a approuvé la loi CARES (Coronavirus Aid, Relief and Economic Security), d'un montant de 2 000 milliards de dollars, et l'a envoyée à la Chambre des Représentants, qui devrait la voter demain. 
  • Ce matin, les futures sont de nouveau dans le rouge, nous pourrions donc ne pas connaître 3 jours consécutifs de hausse, même si, compte tenu des fluctuations intra-journalières, rien n’est acquis. En effet, alors que les cas continuent de s'accumuler, les inquiétudes concernant l'épidémie continuent de peser sur l’humeur des opérateurs de marché. 
  • La volatilité a diminué par rapport aux récents niveaux (de 87 à 63 dans le Vix américain et de 95 à 57 dans le Vstoxx européen), mais les risques demeurent. Nous maintenons notre point de vue selon lequel un plateau et un pic de cas seront nécessaires pour une reprise durable. 
  • Les rendements souverains ont augmenté de nouveau hier : le Trésor à 10 ans rapporte 0,80 % et le Bund à 10 ans -0,26 %. Les spreads de crédit se sont à nouveau resserrés, bien que nous restions proches des sommets récents. Le crédit américain est passé d’un haut de 338 à 322 points de base, le crédit européen a baissé de 2 points de base à 251 point, le haut rendement européen est à 846 points de base (d’un haut de 919) et le haut rendement américain est à 1025 points de base (d’un haut de 1100). 
  • Les marchés pétroliers continuent de se stabiliser en dessous de 30 dollars le baril et le dollar s'est encore replié.
  • Les premières publications de données économiques continuent d'indiquer une baisse sans précédent de l'activité, l’IFO allemand (anticipation des affaires futures) étant passé de 93 à 79. Aujourd'hui, les investisseurs se concentreront sur les demandes initiales d'allocations de chômage aux États-Unis, qui devraient passer d'une moyenne récente d'environ 210 000 à 1,6 million cette semaine, le chiffre pourrait même être encore plus élevé. Les données resteront très sombres pendant un certain temps, car les mesures de confinement continueront en avril, mais il faudra plus de temps pour évaluer l'impact total sur la croissance. 
     

Le 25 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Enfin, avec la finalisation par le Congrès américain d'un plan de soutien économique de 2 000 milliards de dollars et de meilleures nouvelles venues de Chine avec l'assouplissement des mesures de confinement – suggérant qu'il y a une fin à ce tunnel – les marchés ont fait un bond hier. Le S&P500 et l'Eurozstoxx50 ont tous deux progressé de plus de 9 %, le Dow Jones de plus de 11 %, son meilleur jour depuis 1933. Avec des futures légèrement à la hausse ce matin, nous verrons si nous pouvons avoir une deuxième journée positive pour la première fois depuis la mi-février.
  • Cette nuit, le Congrès s'est mis d'accord sur le projet de loi de dépenses, le plus important de l'histoire des États-Unis. Ce n’est probablement pas le dernier projet de soutien de cette crise. Il comprendra des réductions et des reports d'impôts, un soutien à des industries, ainsi que des garanties de prêt, des allocations de chômage et des chèques pour les ménages, pour n'en citer que certaines mesures. Associé aux mesures sans précédent et quasi illimitées de la Fed, cela a finalement donné au marché une certaine confiance dans notre capacité à surmonter cette pandémie. Toutefois, comme la contagion se poursuit dans les marchés développés et que les questions relatives au confinement aux États-Unis persistent (soit en s'intensifiant, soit en se terminant à Pâques), nous pensons que les risques de baisse demeurent. Un plateau et un pic du nombre de personnes contaminées seront nécessaires pour une reprise durable. 
  • Alors que les actions ont augmenté, les rendements souverains sont restés stables grâce aux actions des banques centrales, le rendement du Trésor à 10 ans étant autour de 0,83 % et le Bund à 10 ans à -0,32 %. 
  • Le crédit a bénéficié de l'amélioration du sentiment et du soutien des banques centrales au marché du crédi, les spreads s'étant finalement un peu réduits par rapport aux récents sommets, avec des crédits américains à 333 pb, des crédits européens à 253 pb, du haut rendement européen à 897 pb et du haut rendement américain à 1079 pb. 
  • Le dollar américain a également reculé par rapport à ses récents sommets grâce à la multiplication des lignes de swap entre banques centrales, mais l'or a progressé hier, passant à 1 640 USD l'once avant de se replier à 1 609 USD ce matin.
  • Les premiers PMI du mois de mars ont été aussi mauvais que prévus, les services souffrant naturellement plus que l'industrie manufacturière. L'indice PMI de la zone euro est tombé au plus bas à 28,4, tandis que l'indice Markit américain pour les services s'est établi à 39,1. Les données entrantes resteront très sombres pendant un certain temps, car les mesures de confinement seront encore appliquées en avril, mais il faudra plus de temps pour évaluer l'impact total sur la croissance. 
Le point marchés en vidéo

Le 24 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions ont oscillé entre l'optimisme sur les dernières annonces de la Fed et la déception que le Congrès américain ait une nouvelle fois échoué à adopter son projet de loi de soutien économique. À la fin de leurs sessions, les marchés américains et européens ont chuté d'environ 3 %, revenant ainsi aux niveaux de 2016, mais les futures sont en hausse ce matin.
  • Dans le cadre de ses efforts pour calmer les marchés obligataires et atténuer les tensions sur la liquidité à la suite des plus importantes sorties de fonds obligataires et d'ETFS jamais enregistrées, la Fed a annoncé :
    • qu'elle achèterait des quantités illimitées de Treasuries et de MBS (titres adossés à des créances hypothécaires) 
    • qu'elle créerait un Fonds de stabilisation avec une facilité de prêt de titres adossés à des actifs à terme
    • qu’elle créerait une facilité de prêt sur le marché monétaire et une facilité de crédit aux entreprises sur le marché secondaire qui aura la possibilité d'acheter des obligations bien notées et des ETF. 
Elle a également ajouté la possibilité d'acheter des emprunts municipaux via son programme de papier commercial et a mis en place un programme de prêts aux entreprises. 
  • En revanche, les démocrates ont à nouveau voté contre la version républicaine du programme de soutien économique. Toutefois, ils ont suggéré leur propre version (un paquet de 2 500 milliards de dollars américains qui comprendrait des suspensions de paiement des hypothèques et des cartes de crédit/voitures). Les négociations sont en cours. Si nous pensons que ce plan de relance aidera les marchés à court terme, nous ne pensons pas qu'il sera suffisant pour une reprise durable tant que nous n'aurons pas vu les cas de malades plafonner et atteindre un pic. Pour l'instant, des risques de baisse subsistent pour les actions, car les investisseurs incluent dans les prix un scénario économique de plus en plus négatif.
  • Les rendements souverains se sont stabilisés hier grâce aux annonces et aux achats des banques centrales. Le rendement du Trésor à 10 ans s'établit à 0,82 % ce matin et celui du Bund à 10 ans à -0,37 %. Les spreads de crédit continuent toutefois de se creuser presque sans discernement, avec le crédit américain à 338 pb, le crédit européen à 250 pb, le haut rendement européen à 919 pb et le haut rendement américain qui a dépassé les 1000 pb pour clôturer hier à 1100 pb.
  • Les prix du pétrole récupèrent une partie de la baisse d'hier dans l'espoir que les États-Unis puissent contribuer à réduire l'offre excédentaire, mais le Brent et le WTI se négocient toujours en dessous de 30 dollars le baril (le Brent à 28 et le WTI à 24). 
  • Le Royaume-Uni a finalement annoncé le confinement du pays pendant au moins trois semaines, alors que la Chine a déclaré qu'elle assouplirait les mesures de confinement de Wuhan après plus de deux mois. L'Italie a annoncé moins de décès pour le deuxième jour, une mesure qui sera probablement suivie de près pour voir à quelle vitesse les mesures de confinement contribuent à réduire les cas. 
  • Nous commencerons à voir quelques publications anticipées d'études économiques pour le mois de mars, qui montreront probablement d'immenses baisses comparé à février. Il faudra néanmoins plus de temps pour évaluer l'impact complet sur la croissance, car les mesures de confinement n'ont vraiment commencé en Europe et aux États-Unis que plus récemment. 

Le 23 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés américains ont chuté de plus de 4% vendredi, couronnant la pire semaine depuis la crise financière avec un recul de 15%. Les marchés européens ont connu une meilleure semaine, restant pratiquement inchangés. l'Eurostoxx50 a clôturé en hausse de 3,85% vendredi. Toutefois, depuis le début de l'année, l'Europe a enregistré une baisse plus importante que les États-Unis (-32% contre -29%). 
  • Au cours du week-end, le Congrès n'a pas approuvé le troisième projet de loi de soutien économique, les démocrates estimant que leurs priorités n'étaient pas respectées. Les négociations se poursuivent et un paquet de près de 2 000 milliards de dollars devrait être annoncé dans les prochains jours. En Europe, les règles de déficit ont été suspendues afin que les pays puissent dépenser autant que nécessaire pour lutter contre l'épidémie. Les banques centrales continuent d'annoncer des baisses de taux et des injections de liquidités. 42 baisses de taux ont eu lieu depuis le début du mois de février.
  • Ce matin, les futures sont en baisse de plus de 3% aux États-Unis et en Europe, les marchés attendant la confirmation de la relance budgétaire américaine. 
  • Les rendements souverains ont de nouveau chuté après une semaine exceptionnelle de volatilité, le rendement du Trésor à 10 ans étant passé d'un sommet de 1,27% à 0,85% et le Bund à 10 ans étant tombé à -0,32%, contre un maximum de -0,14%. La Fed a annoncé un certain nombre de nouvelles facilités pour atténuer les tensions sur les marchés de financement et ajouter de la liquidité. Les marchés du crédit continuent de se brader dans tous les domaines alors que les craintes de dégradation de la notation et de défauts se poursuivent. 
  • Le dollar américain semble se stabiliser après un pic la semaine dernière, les investisseurs continuant à liquider leurs avoirs. 
  • Nous constatons de plus en plus de mesures de confinement et de fermetures, avec New York et la Californie en état d'alerte, Londres fermant tous les restaurants et l'Allemagne interdisant les rassemblements de plus de deux personnes. L'Italie a interdit les voyages domestiques et l'Espagne a prolongé son état d'urgence. Le degré de sévérité et la durée de ces mesures détermineront la gravité du scénario économique. Les marchés anticipent une récession, mais celle-ci n'est pas encore profonde. Pour l'instant, les risques de baisse persistent. 
  • Nous continuons à penser qu'un pic dans les cas de Covid-19 dans les marchés développés est nécessaire pour une reprise durable. Nous pensons également que les mesures prises récemment permettront d'éviter le pire des scénarios, même si la reprise en forme de U sera lente. 

Le 20 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés des actions ont finalement connu une journée plus calme, avec moins de fluctuations intra-journalières sauvages. Les investisseurs digèrent le déluge d'annonces de relance et de mesures de confinement. Le S&P 500 n'a augmenté que de 0,5 %, tandis que le Nasdaq a grimpé de 2,3 % et le Stoxx50 de 2,9 %. Après l'annonce de la BCE, le FTSE MIB italien a également augmenté de 2,3 %, alors que le spread des emprunts souverains italiens s’est resserré avec les Bunds allemands. Ce matin, les futures indiquent une hausse de 2 à 3 %. 
  • Nous avons également constaté une certaine stabilisation des rendements, bien que les mouvements aient été plus importants en cours de journée et que la liquidité sur les marchés du Trésor reste mauvaise. Le rendement américain à 10 ans est d'environ 1,11 % (après avoir atteint 1,27 %), tandis que le Bund allemand à 10 ans est de -0,19 % (à partir d'un minimum quotidien de -0,37 %). Les spreads de crédit continuent de s’écarter et les marchés de financement restent tendus malgré les mesures de la Fed.
  • Dans les dernières annonces de relance, la Banque d’Angleterre a de nouveau réduit ses taux à 0,1 % et a annoncé l'achat de 200 milliards de livres sterling d'actifs. Les républicains du Sénat ont proposé un plan de relance de 1 000 milliards de dollars, mais étant donné qu'il a été rédigé sans les démocrates, il est probablement loin d'être approuvé. L'État de Californie s'est mis en quarantaine, les cas continuant à grimper.
  • Les prix du pétrole continuent de récupérer une partie de leur récente baisse dans l'espoir d'un sursis, le président Trump ayant déclaré qu'il pourrait intervenir "au bon moment". Le WTI est autour de 26 dollars le baril (contre un plus bas de 20) et le Brent à 30 dollars le baril (contre un plus bas de 24), mais toujours avec une baisse de près de 60 % par rapport aux récents sommets. 
  • Les nouvelles données économiques commencent à brosser un tableau (peu réjouissant) de la croissance des marchés développés. Les demandes initiales d'allocations de chômage aux États-Unis ont bondi par rapport à la semaine dernière, le début de ce qui devrait être une flambée des demandes dans les semaines à venir. 
  • Nous continuons à penser qu'un pic des cas sur les marchés développés est nécessaire pour une reprise durable. Nous pensons également que les mesures prises récemment permettront d'éviter le pire des scénarios, même si la reprise en forme de U sera lente. En attendant, les marchés resterons fragiles. 

Le 19 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés ont connu une nouvelle journée négative, le S&P500 ayant chuté de 5 % (après que les  coupe-circuits aient été à nouveau déclenchés) et l'Eurostoxx50 de près de 6 %, malgré les annonces de relance en cours. Ce matin, les futures sont à nouveau orientés à la baisse, après un bref répit à la suite de l'annonce de la BCE.
  • Rejoignant le chœur des autres banques centrales, la BCE a annoncé un programme d'urgence d'achat d'actifs de 750 milliards d'euros et Mme Lagarde a déclaré qu'il n'y avait "aucune limite à leur engagement envers l'euro". En outre, l'Allemagne a déclaré qu'elle serait ouverte à l'émission d'euro-obligations (des obligations pour l'ensemble de la zone euro plutôt que de la dette de chaque pays) et la Chambre des représentants des États-Unis a approuvé le projet de loi Families First visant à aider les personnes en congé maladie et les chômeurs. Le Congrès examine actuellement une enveloppe de 1 000 milliards de dollars pour aider l'économie, qui pourrait inclure 1 000 dollars de chèques envoyés par poste. 
  • Les rendements du Trésor ont de nouveau augmenté, les marchés digérant l'énorme quantité d'émissions qui devront être absorbées pour financer les projets de dépenses. Le rendement à 10 ans des États-Unis est d'environ 1,22 %, tandis que celui du Bund allemand à 10 ans est de -0,23 %. Les spreads de crédit continuent de se creuser, avec le crédit américain à 244 pb, le haut rendement américain à 846 pb, le crédit européen à 211 pb et le haut rendement européen à 796 pb. Les tensions sur les marchés de financement se poursuivent, malgré les mesures ciblées de la Fed, bien que les spreads de papier commercial semblent se stabiliser après l'annonce de la facilité dédiée. En outre, la Fed a annoncé une autre nouvelle facilité, destinée à soutenir les fonds de placement du marché monétaire. 
  • Alors que les marchés ont déjà dans leurs cours un scénario de croissance très négatif, les investisseurs continuent de liquider leurs avoirs car les craintes d'une récession mondiale prolongée persistent. Le cash – et en particulier le dollar américain – est clairement roi. 
  • Nous continuons à penser que les mesures actuelles permettront d'éviter le pire des scénarios, même si la reprise en forme de U sera lente. Tant que les cas n'auront pas atteint un sommet en Europe et aux États-Unis, les marchés resteront sous pression.
  • En revanche, la Chine n'a annoncé aucun nouveau cas de coronavirus local, ce qui laisse penser que les mesures de confinement fonctionnent, même si leur coût sur la croissance est élevé.

Le 18 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les mesures de relance continuent à être annoncées et à prendre de l’ampleur. Le secrétaire au Trésor, M. Mnuchin, parle d'un plan de 1200 milliards de dollars (6 % du PIB), l'Espagne de 200 milliards d'euros, la France de 500 milliards d'euros et, avec les autres pays de la zone euro, l'équivalent de 8,5 % du PIB de la zone euro, le Royaume-Uni de 330 milliards de livres sterling (15 % du PIB) et le Japon de 190 milliards de dollars.
  • Montrant à la fois qu'elle prend la situation au sérieux et qu'elle n'est pas à court de munitions, la Fed a annoncé de nouvelles mesures pour renforcer les marchés du financement et du crédit. Elle mettra en place un véhicule spécial pour acheter du papier commercial (obligations d’entreprises) afin d'aider à faire face aux pressions de financement à court terme. La tension sur ce marché a continué à augmenter : les opérateurs remettent en question la capacité à court terme des entreprises à rembourser ce papier. La Fed a également annoncé un mécanisme de crédit aux négociants principaux offrant un financement au jour le jour et à terme pour une durée maximale de 90 jours afin d'alléger la pression sur les liquidités, avec le soutien du Trésor. 
  • Hier, les marchés ont connu une journée un peu plus calme et ont avancé sur les annonces de relance, bien que les inquiétudes concernant la récession à court terme et le risque de défaut de paiement aient ramené les futures en territoire négatif ce matin (~3-5%). L'indice S&P500 a augmenté de 6 %, tandis que les marchés européens ont progressé d'environ 3 %. Les rendements du Trésor américain ont augmenté en même temps que les marchés américains, le taux à 10 ans ayant de nouveau franchi la barre des 1 %. En Allemagne, les Bunds à 10 ans rapportent -0,43% et en Italie, le rendement à 10 ans s'écarte encore des autres références à 2,17%. 
  • Les spread de crédit et les swaps sur défauts continuent d'augmenter sans discernement – au-delà des niveaux de 2015 – car les investisseurs s'inquiètent des vagues de défauts, malgré le soutien des banques centrales et des gouvernements.
  • Les restrictions de voyage et les mesures de confinement continuent d'augmenter alors que l'Europe a émis une interdiction de voyager et que la plupart des pays développés demandent désormais à leurs citoyens de rester chez eux. Les entreprises étant arrêtées ou fermées, le chômage est déjà en hausse, et les données entrantes devraient commencer à montrer l'impact sur la croissance dans les jours et les semaines à venir. 
  • Tant que les cas n'auront pas atteint un pic en Europe et aux États-Unis, les marchés resteront sous pression. En outre, les marchés n'ont pas encore pris la pleine mesure de l'impact sur les bénéfices, qui devront être encore abaissés. Ainsi, si les valorisations ont baissé, elles doivent encore baisser. Il s'agit clairement de bien meilleurs points d'entrée pour le long terme, mais il est encore trop tôt pour réintégrer le risque dans les portefeuilles.

Le 17 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Un autre lundi, un autre jour pour les livres d'histoire. Hier, les coupe-circuits ont été déclenchés pour la troisième fois en une semaine, alors que les marchés américains étaient en route pour leur pire journée depuis 1987. L'indice S&P500 a chuté de 12%, la majeure partie de la chute étant survenue en fin de séance, lorsque le président Trump a mentionné que cette situation pourrait durer jusqu'en août. 
  • Les marchés européens se sont mieux comportés, avec une baisse de "seulement" 5% pour l'Eurostoxx50, bien que les marchés aient chuté de plus de 11% en cours de journée. Ce matin, les futures européens et américains sont orientés à la hausse. 
  • Les rendements de la dette souveraine ont continué de reculer, le Trésor américain à 10 ans se situant actuellement à 0,77 % contre 0,65 % hier matin, et le Bund allemand à 10 ans à -0,46% contre -0,6%.
  • L'or continue de se retirer de son récent sommet, se négociant actuellement à 1 484 USD l'once, mais le dollar US a repris son ascension ces derniers jours. Les prix du pétrole restent sous pression avec le Brent autour de 30 USD le baril et le WTI à 29 USD le baril.  
  • Certaines interprétations suggèrent que le marché est paniqué parce que la Fed n'a plus de munitions, mais nous ne pensons pas que ce soit le cas. Comme les autres banques centrales, nous attendons des banquiers centraux qu'ils fassent preuve de créativité pour soutenir leur économie. Cela dit, nous pensons que ce qui est le plus nécessaire pour éviter le pire des scénarios est le soutien budgétaire, qui n'a pas encore été dévoilé à l'échelle nécessaire. 
  • Néanmoins, le G7 a pris une page du livre de M. Draghi et s'est engagé à faire "tout ce qui est nécessaire" et le FMI a déclaré qu'il était prêt à mobiliser une capacité de prêt de 1 000 milliards de dollars. Il est probable que nous verrons davantage de facilités de prêt afin d'éviter les vagues de faillites dues aux fermetures. 
  • D'autres mesures d'endiguement continuent d'être annoncées dans les principales économies développées, ce qui devrait avoir un impact très important sur les données de mars et d'avril. Le délai d'apparition du pic de cas reste essentiel pour évaluer les dommages économiques et pour renforcer les marchés. 
  • Pour l'instant, même s'il s'agit clairement de points d'entrée bien meilleurs pour le long terme, nous pensons qu'il est encore trop tôt pour réintégrer du risque dans les portefeuilles.
Le point marchés en vidéo

Le 16 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les très grands moyens commencent à être mis en place par les Etats-Unis, sans pour autant rassurer les marchés à ce jour. Vendredi, le président Trump a déclaré l'état d'urgence, débloquant ainsi environ 40 à 50 milliards de dollars. Ensuite, le Congrès a annoncé la loi de réponse au coronavirus "Families First" pour protéger les personnes touchées par l'épidémie – tests gratuits, soutien pour les congés de maladie, protection de l'emploi, protection accrue contre le chômage et crédits d'impôt pour les petites entreprises afin de payer les congés médicaux. Un autre projet de loi devrait couvrir l'économie plus directement, une fois que les données économiques seront plus disponibles, ce qui pourrait inclure des réductions d'impôts et un soutien à des industries spécifiques, mais il n'a pas encore été annoncé.
  • Hier soir, la Fed a réduit son taux d'intérêt à zéro (comme prévu, mais plus tôt), a annoncé des achats supplémentaires de 500 milliards de dollars du Trésor et de 200 milliards de dollars d'hypothèques, que ces achats seront illimités, et a annoncé des lignes de swap en dollars avec d'autres grandes banques centrales. La Fed a fait cela pour assurer la liquidité du marché du Trésor et pour protéger les marchés du crédit. Cela garantit également que les coûts d'emprunt restent très bas, de sorte que le soutien fiscal est "bon marché".
  • Vendredi, les marchés ont fait un bond après l'une des pires journées de l'histoire, le S&P500 ayant augmenté de plus de 9 %. Les marchés européens ont également clôturé dans le vert, bien que l'essentiel du rallye aux États-Unis ait eu lieu après la clôture européenne, lorsque le gouvernement américain a fait ses annonces. Le Stoxx50 n'a augmenté que de 1,6 %.
  • Ce matin, les futures sont négatifs aux États-Unis et mitigés en Europe. Après avoir grimpé à la suite de l'annonce de la Fed hier soir, les contrats à terme américains ont reculé à la ‘limite basse’ et pointent maintenant légèrement au rouge. Les marchés du crédit sont aussi pour la plupart immunisés contre les nouvelles, car celles-ci étaient attendues et étaient déjà dans les prix. Les rendements du Trésor américain ont cependant chuté, avec un taux de 0,68% sur 10 ans, mais le Bund allemand à 10 ans était toujours à -0,54% au moment de l'annonce de vendredi.
  • Le G7 tient une réunion d'urgence aujourd'hui, car la Commission européenne a annoncé vendredi qu'elle était prête à prendre des mesures de relance budgétaire à grande échelle pour lutter contre le virus et qu'elle ne se pencherait pas sur les déficits. D'autres mesures de relance seront nécessaires pour renforcer la confiance en Europe, mais un fort impact sur la croissance sera difficile à éviter.
  • Les marchés resteront probablement volatils, car le nombre de cas continue d'augmenter en Europe et aux États-Unis, et l'ampleur des mesures de confinement continue de croître. L'impact sur la croissance sera probablement important, même si pour l'instant, nous pensons que les États-Unis résisteront mieux à la récession que l'Europe.
  • Toutefois, les gouvernements commencent à agir avec la même urgence que les marchés, ce qui signifie que si nous n'avons pas connu les plus bas, nous nous en sommes rapprochés.

Le 13 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • La journée d'hier a réussi à éclipser celle de lundi car de nombreux indices européens, dont l’Euro Stoxx 50 (-12%), l'Italie (-17%) et la France (-12%), ont connu leur pire journée de l’histoire. La chute est supérieure à 30% depuis le début de l’année. Les actions américaines n'ont pas fait beaucoup mieux, le S&P500 ayant baissé de plus de 9%, et se trouvant désormais officiellement en territoire « bear ». Ce matin, les marchés asiatiques ont suivi la tendance baissière de l'Occident, le Japon ayant chuté d'environ 10 % et la Corée ayant déclenché un coupe-circuit.
  • Les baisses ont été déclenchées par l'interdiction de voyager en Europe décrétée par le président Trump, par l'absence de mesures fiscales aux États-Unis, ainsi que par les annonces de la Banque centrale européenne. En effet, la BCE n'a pas baissé son taux d'intérêt (comme les marchés s'y attendaient) et s'est plutôt concentrée sur des mesures de liquidités supplémentaires en augmentant temporairement le programme d'assouplissement quantitatif et en lançant de nouveaux TLTRO à des conditions plus favorables. Cependant, ce n'est pas le problème, les banques ont déjà de nombreuses réserves. Mme Lagarde a souligné que des mesures fiscales étaient absolument nécessaires pour lutter contre l'épidémie, et que la politique monétaire ne pouvait pas tout faire. 
  • L'Allemagne semble être prête à renoncer à un budget en équilibre pour lutter contre le virus, même si, une fois de plus, aucune mesure concrète n'a été annoncée. L'Italie continue d'augmenter l'ampleur de ses dépenses pour lutter contre l'épidémie, mais les marchés ne sont pas encore convaincus.
  • En revanche, le Sénat a annulé sa prochaine pause, les marchés espère une négociation d’un paquet fiscal avec M. Trump et les républicains.
  • Selon nous, les marchés auront besoin d'entendre des mesures fiscales de type 2008, notamment aux États-Unis et en Allemagne, pour être rassurés. En attendant, les risques de baisse persistent. 
  • Les rendements souverains ont de nouveau reculé aux États-Unis, le Trésor à 10 ans rapportant 0,88 % et le Bund à 10 ans -0,61 %. Une partie de ces ventes est due à des besoins de liquidités, car même le prix de l'or recule (à 1588 USD l'once contre un sommet de 1700 USD lundi).
  • En effet, des signes de tension ont commencé à apparaître sur les marchés de financement, où les opérations de la Fed n'ont pas suffi à effacer les tensions – bien que celles-ci soient loin des niveaux de 2008. La Fed continuera à travailler pour que les marchés de financement restent aussi fluides que possible.
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L’EUROPE N'EST PLUS LA BIENVENUE A LA MAISON BLANCHE




Philippe Waechter, Directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.


Le 12 mars 2020

La décision de Donald Trump de ne plus autoriser l’arrivée des Européens, hors Britanniques, pour les 30 prochains jours appelle plusieurs remarques :
La première est que les européens ne sont plus perçus comme des alliés. La Maison Blanche ne considère plus que l’Europe et les Etats-Unis puissent être liés par un destin, une dynamique et des objectifs communs. Depuis le début de son mandat, le locataire de la Maison Blanche rechigne à voir les USA maintenir leur rôle au sein de l’OTAN. L’épidémie semble être une opportunité pour dissocier encore un peu plus les deux destins. 

Si la Maison Blanche rejette l’Europe, est ce que les européens vont avoir une réponse commune face à la décision de Trump ? On peut l’espérer mais les USA ne sont pas les Britanniques. La belle unité dont bénéficie Michel Barnier dans sa négociation avec le Royaume-Uni a peu de chance d’exister. Les Etats-Unis ont toujours un statut particulier pour nombre de pays. La décision américaine n’est-elle pas un coin dans l’unité européenne ? Si sûrement.
Les Britanniques ne sont plus potentiellement dans l’UE ce qui leur donne un statut spécial. En outre, il y a toujours la possibilité de faire du Royaume-Uni un poste avancé des USA en Europe. 

La deuxième conséquence est que l’on ne peut plus attendre une solution coordonnée et coopérative à l’échelle globale. La politique unilatérale de Trump ne permet pas de l’envisager. 
De ce point de vue, la situation ne ressemble en rien à celle de 2008/2009. A l’époque, la mise en place d’une stratégie commune avait été au cœur des préoccupations de tous les gouvernements. La réunion du G20 à Londres en avril 2009 avait permis la mise en place de plans de grande ampleur. Les banques centrales apportaient la liquidité et réduisaient les contraintes financières alors que les gouvernements relançaient l’activité avec des plans de grande ampleur.
Aujourd’hui, si les banques centrales sont toujours actives et restent plutôt coordonnées, leurs marges de manœuvre sont très faibles. La mise en place d’un plan budgétaire coordonné aurait alors du sens. Mais la Maison Blanche n’en veut pas. Chacun va se débrouiller de façon sous-optimale.

Le risque est alors d’avoir une crise plus longue et avec des conséquences plus durables. Cette absence de volonté pour coordonner les réponses dans un temps de crise remet en cause voire inverse la dynamique qui était à l’œuvre depuis plusieurs décennies. La forme de la globalisation est remise en cause mais cela ne préjuge en rien de la forme qu’aura l’économie mondiale dans le futur. On ne reviendra jamais à ce que l’on connaissait dans le passé. 
La décision de la Maison Blanche implique qu’à une crise globale il ne puisse pas y avoir de réponse globale et coordonnée. C’est la pire des situations. 

(Extrait du Blog de P. Waechter)
 
LE FLASH QUOTIDIEN DES MARCHÉS FINANCIERS




Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés,
Natixis IM Solutions.


Le 12 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Hier, l'Organisation mondiale de la santé a annoncé que l'épidémie de coronavirus est désormais considérée comme une pandémie mondiale et doit être combattue en conséquence.
  • Le président Trump s'est adressé à la nation, mais l'absence d'action imminente – autre que la restriction des voyages en provenance d'Europe (sauf Royaume-Uni) pendant 30 jours – a entraîné la chute des marchés boursiers. Il semblait déjà évident que le Congrès n'était pas prêt à prendre des mesures de relance massives. 
  • Le S&P500 a chuté de près de 5 %, soit plus de 20 % depuis le pic du 19 février. Les marchés européens ont à nouveau fini dans le rouge, bien que la chute ait été limitée. Ce matin, les futures sont tous négatifs, ce qui laisse présager une autre journée difficile.
  • Après une chute spectaculaire des rendements américains ces derniers jours, le 10 ans s’est stabilisé un peu plus haut, autour de 0,77 %, tandis que les Bunds allemands à 10 ans affichent un rendement de -0,77 %. Les questions de liquidité ont commencé à faire surface, ce que nous suivons de près. Les spreads de crédit ont encore augmenté de 20 points de base sur tous les segments, à l'exception de l'indice européen du crédit de qualité, qui est resté stable. 
  • Les prix du pétrole semblent s'être stabilisés, autour de 34 dollars le baril pour le Brent et 31 dollars le baril pour le brut.
  • L'attention se portera sur la Banque centrale européenne, bien que le risque de déception soit élevé à nos yeux, car Mme Lagarde ne pourra peut-être pas donner aux marchés le bazooka qu'ils espèrent. En effet, après une réduction de 50 points de base par la Banque d'Angleterre et 30 milliards de livres de dépenses du gouvernement britannique, les marchés sont restés peu impressionnés. À notre avis, les marchés attendent de voir des mesures fiscales significatives de la part des décideurs européens, qui n'ont encore pris aucune mesure concrète. 
  • Surtout, nous pensons que les investisseurs guettent aux États-Unis les signes d'une forte détérioration ou d'une action rapide. En effet, alors que la croissance européenne est déjà fragile, l'économie américaine devrait faire preuve de résilience – et les marchés espèrent que cela se confirmera. Ainsi, même les mesures prises par la BCE pourraient ne pas suffire à rassurer les investisseurs. La Fed sera de nouveau sous les feux de la rampe pour des provisions de liquidités supplémentaires.

Ce que nous regardons
  • Nous continuons à surveiller la contagion en Europe et aux États-Unis ainsi que leurs efforts de confinement afin d'évaluer les retombées économiques potentielles. Le confinement fonctionne – comme vu en Chine et en Corée du Sud – et il est donc probable que d'autres suivront l'Italie, qui a désormais fermé ses frontières. Nous savons déjà que les données du mois de mars seront médiocres et que l'impact se poursuivra probablement au deuxième trimestre. 
  • Nous attendons d'autres annonces de relance en Europe et aux États-Unis. Lorsque les marchés verront l'ampleur de la réaction, nous devrions assister à une stabilisation. Mais des mesures américaines seront probablement nécessaires pour renforcer la confiance. 
  • Nous examinerons attentivement les données à haute fréquence pour voir comment les économies européenne et américaine évoluent, pour voir si des signes de forte détérioration – en particulier aux États-Unis, car l'Europe est plus faible et plus exposée à la Chine – devraient modifier nos perspectives à moyen terme. 
  • Nous examinons également le crédit, dont les écarts avec les taux souverains ont continué à se creuser, pour déceler des signes de tensions plus systémiques.

Le 11 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Après une journée mouvementée aux États-Unis (en forte hausse à l'ouverture, dans le rouge au déjeuner, puis en hausse à nouveau), l'indice S&P500 a clôturé en hausse de près de 5 % par rapport à lundi, l'une des plus fortes performances quotidiennes depuis décembre 2018. La séance européenne s'est terminée avant que le marché américain n'entame son rallye et a clôturé dans le rouge, en baisse d'environ 1,5 %. 
  • La plupart des fluctuations ont été provoquées par des informations selon lesquelles les États-Unis prépareraient un important plan de relance, comprenant des réductions des charges sociales. Il semble que ce plan ne soit pas tout à fait prêt, manque de détails et n'ait pas reçu l'approbation du Congrès. Ce matin, les futures sont mitigés, dans le rouge aux États-Unis.
  • Au milieu de ces mouvements d'actions, les rendements souverains se sont stabilisés après leur chute spectaculaire de lundi, le rendement des obligations américaines à 10 ans se situant autour de 0,65 % et celui du Bund à 10 ans autour de -0,79 %. Les spreads de crédit se sont stabilisés, avec un crédit américain à 178 pb, un haut rendement américain à 626 pb, un crédit européen à 159 pb et un haut rendement européen à 555 pb. Ces niveaux sont proches des sommets de 2015, date à laquelle les prix du pétrole ont chuté pour la dernière fois.
  • Dans une sessions d’urgence, la Banque d'Angleterre a réduit ses taux d'intérêt de 50 points de base, avant le budget britannique de ce matin et avant sa réunion prévue le 26 mars. Les futures du FTSE100 sont orientés à la hausse, et le GBP/USD est stable à 1,2880 (rendant aux gains initiaux). 
  • La Banque centrale européenne se réunit demain : elle aura toute l’attention des investisseurs sur les mesures qu'elle compte prendre pour renforcer la croissance et la confiance. Une baisse des taux est probable, même si des taux plus négatifs ne feront pas grand-chose dans la situation actuelle. La mise à disposition de liquidités supplémentaires pour protéger les banques serait utile. 
  • Les prix du pétrole se sont un peu redressés, se stabilisant autour de 37 dollars le baril de brent et 34 dollars le baril de brut. Les prix devraient rester bas car l'Arabie saoudite et la Russie augmentent leur production, et l'Irak (deuxième producteur de l'OPEP) les suit.
  • La volatilité restera élevée et les marchés fragiles, tant que la contagion continue et que nous attendons des mesures de soutien supplémentaires.

Le 10 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions américains ont déclenché le ‘coupe-circuit’ de 7 % dans les 4 minutes après l’ouverture et ont terminé la journée en baisse de 7,6%, tandis que les marchés européens ont baissé d’environ 8%, ce qui a fait passer les pertes cumulées de l'année au-delà de 20%, officiellement un « bear market ». Ce fut la pire journée pour les marchés depuis 2008. 
  • Le pétrole, qui a contribué à déclencher la vente d'hier avec la "guerre des prix" entre l'Arabie saoudite et la Russie, semble se stabiliser autour de 33 dollars le baril. Comme l'Arabie Saoudite, la Russie semble prête à produire plus de pétrole, ce qui laisse penser que les prix resteront bas pendant un certain temps. 
  • Les bons du Trésor se sont redressés, la courbe entière des taux américains étant pour la première fois inférieure à 1%. Toutefois, les taux semblent maintenant se stabiliser à des niveaux un peu plus élevés. Le taux à 10 ans aux États-Unis est d'environ 0,68% (après être tombé en dessous de 0,4%) et le Bund à 10 ans d'environ -0,85%. L'Italie, qui souffre le plus de l'épidémie en Europe jusqu'à présent, voit son rendement à 10 ans s'élever à 1,25%. L’écart avec le taux allemand continue à s’élargir. L'or a également atteint son plus haut niveau en quatre ans, franchissant brièvement la barre des 1 700 dollars l'once. 
  • Les spreads de crédit se sont fortement creusés, en particulier aux États-Unis, où le poids de l'énergie est le plus élevé. Les CDS (credit default swaps) ont également augmenté en raison des craintes d'impact sur les entreprises. Pour l'instant, nous ne voyons pas de risque systémique, mais nous sommes vigilants quant à l'évolution future. Si les prix du pétrole restent bas pendant une longue période, les défauts risquent d'augmenter.
  • Ce matin, les marchés semblent se stabiliser, avec des futures dans le vert. Prendre une pause après la session de lundi est logique, et les marchés pourraient également être encouragés par les discussions entre le président Trump et le Congrès sur des mesures de relance budgétaire, notamment une réduction des charges sociales et des mesures ciblées pour les entreprises les plus touchées par l'épidémie. Nous pensons que les États-Unis continueront à être plus proactifs et agressifs dans la lutte contre l'impact économique de l'épidémie que l'Europe, où peu de soutien concret a émergé jusqu'à présent. 
  • Cette semaine, l’attention sera sur la Banque centrale européenne. On s'attend à une réduction des taux – bien que le fait de s'engager plus avant dans un territoire négatif n'aura que peu d'impact sur la situation actuelle – et sur des mesures supplémentaires de liquidité telles que les LTRO. La Réserve fédérale a déjà annoncé hier des opérations de repo plus importantes et les marchés s'attendent à ce que ses taux tombent à zéro au cours des prochains mois. Le budget britannique de demain montrera également un certain engagement en matière de dépenses, et peut-être une certaine coordination avec la banque centrale puisque la Banque d'Angleterre se réunit ce mois-ci et devrait également réduire ses taux. 
  • La volatilité restera élevée et les marchés fragiles pendant que la contagion continue et que nous attendons des mesures de soutien supplémentaires.

Le 9 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Nous commençons cette semaine comme nous avons terminé la semaine dernière : dans le rouge. Le S&P500 a réussi à clôturer vendredi en territoire positif, mais les autres marchés ont tous été négatifs pour la journée et la semaine. Cette nouvelle semaine commence de manière encore plus brutale, car les contrats à terme ont fortement chuté, conséquence de  la guerre du pétrole qui a été déclenchée par l'Arabie Saoudite au cours du week-end.
  • Vendredi, les Russes ne sont pas parvenus à un accord avec les Saoudiens et l'OPEP sur de nouvelles réductions de la production de pétrole, ce qui a conduit l'Arabie saoudite à entamer une guerre des prix avec la Russie en baissant ses prix pour les acheteurs européens, américains et asiatiques et en augmentant sa production - dans un effort pour contraindre la Russie à revenir à la table (OPEP+). Cela a entraîné une chute de 30 % des prix du pétrole, le Brent et le brut se négociant désormais autour de 30 dollars le baril.
  • Ce choc, associé aux craintes croissantes concernant l'impact du coronavirus sur la croissance mondiale, a poussé tous les contrats à terme en territoire négatif. Le marché américain a atteint sa "limite inférieure" : les échanges s'arrêtent dès que les contrats à terme ont baissé de 5 %. Les marchés européens baissent encore plus ce matin.
  • Et bien sûr, les rendements souverains ont de nouveau chuté, le rendement du Trésor américain à 10 ans étant de 0,42 % et celui du Bund allemand à 10 ans de -0,84 % au moment où nous écrivons ces lignes.
  • La chute des prix du pétrole ajoute une autre préoccupation aux marchés du crédit, où des fissures commencent à apparaître. Cela aura principalement un impact sur les crédit à haut rendement, dont l'énergie est une composante importante, mais l'élargissement continu des écarts de taux suscitera également des inquiétudes pour d'autres segments. Pour l'instant, nous ne voyons pas de risques systémiques, mais nous sommes vigilants quant à l'évolution future. Et si les prix du pétrole restent bas pendant une longue période, les défauts de paiement risquent d'augmenter.
  • Les marchés tentent actuellement de déterminer les conséquences de divers chocs, la peur est le principal moteur de cette évolution. En tant que tels, les risques de baisse subsisteront pendant un certain temps. Dans le même temps, compte tenu des mouvements du marché et d'autres évolutions, nous nous attendons à de nouvelles annonces de mesures de relance, tant monétaires que budgétaires. Elles devraient contribuer à stabiliser le sentiment, même si nous pensons que la peur et la volatilité resteront élevées pendant un certain temps.
  • La préoccupation de la Fed porte sur la liquidité. Les marchés s'attendent à ce que les taux soient encore réduits dans les prochains mois, jusqu'à zéro. Pour l'instant, cependant, nous attendons de nouvelles dispositions en matière de liquidités plutôt que des baisses de taux.

Le 6 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Poursuivant une semaine de va-et-vient, les marchés actions ont de nouveau chuté jeudi, effaçant une grande partie des gains de mercredi. Le S&P500 a baissé de plus de 3 %, tandis que le Stoxx50 a chuté de plus de 2 %. Ce matin, les futures sont de nouveau à la baisse et les marchés asiatiques sont dans le rouge.
  • Comme nous l'avons déjà mentionné, des risques de baisse subsistent, car nous ne connaissons pas encore l'ampleur de l'impact de l'épidémie sur la croissance. Ainsi, nous n'avons probablement pas encore vu la fin de la correction. La peur est grande sur les marchés et la volatilité est là pour rester.
  • Toutefois, avec les mesures de relance déjà annoncées et celles à venir, nous continuons de penser que la croissance pour l'ensemble de l'année 2020 ne sera pas entièrement déraillée et nous maintenons donc nos perspectives à moyen terme plus constructives pour les actions.
  • Les rendements des obligations souveraines continuent de plonger, en particulier aux États-Unis, les bons du Trésor américain étant considérés comme la valeur refuge ultime. Nous pensions que l'essentiel du mouvement était fait, mais il semble que nous puissions aller encore plus bas. Le rendement des obligations américaines à 10 ans est de 0,81 % et celui du Bund à 10 ans de -0,71 %. Nous pourrions avoir besoin d'une plus grande stabilisation des rendements avant que la volatilité du marché des actions ne diminue.
  • Le dollar américain continue de reculer, en partie à cause des nouvelles prévisions de réduction de la Fed (la Fed a beaucoup plus de marge de manœuvre que les autres grandes banques centrales, de sorte que les écarts de taux d'intérêt diminuent), et en partie parce que les investisseurs dénouent les opérations de portage et rachètent l'euro et le yen. Nous pensons que l'USD trouvera un soutien sous-jacent, car la croissance américaine devrait s'avérer plus résistante.
     
Ce que nous regardons
  • Nous continuons à surveiller la contagion en Europe et aux États-Unis pour évaluer les retombées économiques potentielles – même si elles devraient être plus faibles qu'en Chine. En effet, la densité de population et les soins de santé sont meilleurs, et les mesures d'endiguement pourraient également être moins drastiques qu'en Chine. 
  • Le nombre de cas continue de diminuer en Chine. Si les États-Unis et l'Europe suivent une voie similaire, le mois de mars sera difficile, mais les améliorations devraient commencer à se faire sentir au-delà.
  • En Europe, les décideurs politiques seraient plus disposés à une expansion budgétaire qui aurait le soutien de la BCE, qui pourrait acheter des dettes supplémentaires. L'Italie a déjà annoncé un plan de relance et l'Allemagne a signalé qu'elle pourrait suspendre les limites d'emprunt. 
  • Nous examinerons de près les données à haute fréquence pour voir comment les économies européenne et américaine évoluent, pour voir si des signes de forte détérioration – en particulier aux États-Unis, car l'Europe est plus faible et plus exposée à la Chine – devraient modifier nos perspectives à moyen terme plus constructives. Pour l'instant, les données de février semblent plus solides que prévu, même dans les enquêtes qui comprenaient des dates de fin de mois.
  • Nous gardons un œil sur le crédit, où les spreads ont continué à s’écarter, pour déceler des signes de stress plus systémique.
CORONAVIRUS : LE POINT COMPLET AU TRAVERS DE TROIS QUESTIONS



 

Nuno Teixeira, Directeur de gestion cross-asset,
Natixis IM Solutions.



Le 5 mars 2020
Quelles sont les conséquences économiques de l'épidémie ?
Quelles ont été les réponses des pouvoirs publics ?
Quels impacts sur les allocations ?
LE FLASH QUOTIDIEN DES MARCHÉS FINANCIERS




Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés,
Natixis IM Solutions.


Le 5 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés d'actions américains ont connu une bonne journée (+4,2%) après que les décideurs politiques américains ont annoncé un plan de dépenses d'urgence de 7,8 milliards de dollars pour lutter contre l'épidémie. Ce montant est plus important que prévu et montre que les démocrates et les républicains sont déterminés à soutenir l'économie en cette année électorale. Les marchés européens ont terminé hier en hausse de plus de 1% et les marchés à terme pointent également vers le haut sur les nouvelles de relance.
  • En conséquence, les rendements obligataires se sont stabilisés un peu au-dessus des plus bas de lundi. La courbe des taux américains a continué à s'accentuer alors que les attentes concernant la poursuite des mesures de relance se poursuivent.
  • La Banque du Canada, qui a également réduit ses taux, a apporté un soutien supplémentaire, après la Banque de réserve d'Australie mardi, et les banques centrales européennes sont prêtes à agir. La BOE devrait bientôt réduire ses taux et la BCE pourrait devoir suivre le mouvement, même si elle pourrait se concentrer sur les liquidités plutôt que sur les baisses de taux à court terme.
  • Bien que ces annonces aient aidé les marchés à se remettre d'une panique extrême, des risques de baisse subsistent alors que le virus continue de se propager dans les économies développées, ce qui laisse à penser que l'impact total reste incertain. Nous maintenons néanmoins nos perspectives à moyen terme plus constructives pour les actions, car, pour l'instant, nous prévoyons toujours une reprise de la croissance en 2020.

Ce que nous regardons
  • Nous continuons à surveiller la contagion en Europe et aux États-Unis pour évaluer les retombées économiques potentielles – même si elles devraient être plus faibles qu'en Chine. En effet, la densité de population et les soins de santé sont meilleurs, et les mesures d'endiguement pourraient également être moins drastiques qu'en Chine.
  • Le nombre de cas continue de diminuer en Chine. Si les États-Unis et l'Europe suivent une voie similaire, le mois de mars sera difficile, mais les améliorations devraient commencer à se faire sentir au-delà.
  • En Europe, les décideurs politiques seraient plus disposés à une expansion budgétaire qui aurait le soutien de la BCE, qui pourrait acheter des dettes supplémentaires. L'Italie a déjà annoncé un plan de relance et l'Allemagne a signalé qu'elle pourrait suspendre les limites d'emprunt.
  • Nous examinerons de près les données à haute fréquence pour voir comment les économies européenne et américaine évoluent, pour voir si des signes de forte détérioration – en particulier aux États-Unis, car l'Europe est plus faible et plus exposée à la Chine – devraient modifier nos perspectives plus constructives à moyen terme. Pour l'instant, les données de février semblent plus solides que prévu.

Le 4 mars 2020 

Que s'est-il passé ?
  • L'euphorie à la suite de la baisse de taux de 50 points de base de la Réserve fédérale n'a pas duré très longtemps. Alors que les marchés des actions ont fait un bond dès l’annonce, ils se sont rapidement repliés, terminant la journée dans le rouge, avec l'indice S&P500 en baisse de 2,8 %. M. Powell a admis que les baisses de taux ne pourraient probablement pas résoudre l'impact économique du virus C'était le 8e jour sur 9 avec une clôture en baisse.
  • Les marchés européens, qui étaient toujours en baisse lundi, ont réussi à conserver leurs gains initiaux hier à leur clôture, l'indice Euro Stoxx 50 ayant augmenté d'environ 1 %.
  • Ce matin, les futures actions sont en hausse, en partie grâce au retour de Joe Biden dans les primaires démocrates, après ses résultats au Super Mardi. Les craintes que Bernie Sanders soit le candidat pour affronter M. Trump en novembre avaient amplifié les inquiétudes des marchés la semaine dernière.
  • L'indice de volatilité VIX reste proche des récents niveaux à 36, reflétant les fortes fluctuations – positives et négatives – de ces dernières semaines. Cette tendance devrait se poursuivre, les investisseurs évaluant encore l'impact de l'épidémie et la manière dont les mesures pourraient l'atténuer.
  • Les rendements américains sur 10 ans ont atteint un niveau historique, cassant pour la première fois 1 %, actuellement autour de 0,95 %. En Europe, les rendements n'ont pas baissé aussi fortement que ceux des bons du Trésor américain et le Bund allemand à 10 ans affiche actuellement un rendement de -0,63 %. En effet, les attentes de nouvelles réductions de la part de la Réserve fédérale, ainsi que la demande de valeurs refuges pour les bons du Trésor américain, ont poussé les rendements américains à des niveaux extrêmes.
  • Il est probable que la Fed procède à de nouvelles baisses, mais la question de savoir quand cela se produira demeure. Il est probable que d'autres banques centrales suivront, même si leur puissance de feu est plus limitée. La Banque du Japon va sans doute encore renforcer son assouplissement quantitatif, tandis que la BCE pourrait réduire encore plus les taux en territoire négatif et augmenter ses réserves de liquidités avec de nouvelles facilités LTRO, bien que nous n'ayons pas eu cette attente avant que la déclaration du G7 ne submerge les marchés (aucun engagement réel) et que la Fed agisse (seule). Une approche plus coordonnée pourrait également être nécessaire pour rassurer les marchés de manière plus convaincante, suggérant plus de mesures que prévu.
  • Nous continuons à penser que des risques de baisse subsistent étant donné que le virus continue à se propager dans les économies développées, ce qui laisse à penser que l'impact final reste incertain. Nous maintenons néanmoins nos perspectives à moyen terme plus constructives pour les actions, car, pour l'instant, nous prévoyons toujours une reprise de la croissance en 2020.

Ce que nous regardons
  • Nous continuons à surveiller la contagion en Europe et aux États-Unis pour évaluer les retombées économiques potentielles – même si elles devraient être plus faibles qu'en Chine. En effet, la densité de population et les soins de santé sont meilleurs, et les mesures d'endiguement pourraient également être moins drastiques qu'en Chine.
  • Le nombre de cas continue de diminuer en Chine. Si les États-Unis et l'Europe suivent une voie similaire, le mois de mars sera difficile, mais les améliorations devraient commencer à se faire sentir au-delà.
  • En Europe, les décideurs politiques seraient plus disposés à une expansion budgétaire qui aurait le soutien de la BCE, qui pourrait acheter des dettes supplémentaires. L'Italie a déjà annoncé un plan de relance et l'Allemagne a signalé qu'elle pourrait suspendre les limites d'emprunt.
  • Nous examinerons de près les données à haute fréquence pour voir comment les économies européennes et américaine évoluent, pour voir si des signes de forte détérioration – en particulier aux États-Unis, car l'Europe est plus faible et plus exposée à la Chine – devraient modifier nos perspectives à moyen terme plus constructives.

Le 3 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés boursiers américains ont finalement trouvé un peu de répit, avec une hausse de plus de 4 % lundi, mettant fin à leur série de pertes. Les marchés européens ont fermé dans le rouge, mais de peu. En ce moment, les futures indiquent une ouverture mitigée. 
  • Les marchés ont rebondi grâce à une conviction croissante que les principales banques centrales vont baisser leurs taux d'intérêt, toutes ayant déclaré être prêtes à intervenir si nécessaire. En outre, le G7 s'est réuni et fera une déclaration aujourd'hui, bien que certains signes indiquent qu'aucune politique coordonnée n'est en vue, ce qui explique pourquoi les marchés semblent moins optimistes aujourd'hui.
  • Les rendements souverains ont arrêté de chuter, les rendements des obligations du Trésor américain à 10 ans se négociant autour de 1,13 % et ceux des obligations allemandes à 10 ans à -0,6 % actuellement. Nous pourrions assister à une stabilisation autour de ces niveaux, car les mouvements ont déjà été extrêmes.
  • Alors que les marchés ‘pricent’ déjà un scénario économique très sombre – pour les États-Unis et ailleurs – des risques de baisse subsistent pour les actifs risqués, car l'impact économique reste incertain sur les économies développées. Nous pensons donc qu'une forte volatilité persistera. Toutefois, nous pensons que l'impact sera moins grave que prévu et nous n'anticipons pas de récession aux États-Unis, ce qui laisse présager une hausse des actions à moyen terme.
  • Il est peu probable que les craintes de récession s'atténuent tant que le virus se propagera dans les pays développés, mais, pour l'instant, nous continuons de penser que la croissance de 2020 ne sera pas entièrement déraillée.

Ce que nous regardons
  • Nous continuons à surveiller la contagion en Europe et aux États-Unis pour évaluer les retombées économiques potentielles – même si elles devraient être plus faibles qu'en Chine. En effet, la densité de population et les soins de santé sont meilleurs, et les mesures d'endiguement pourraient également être moins drastiques qu'en Chine.
  • Le nombre de cas continue de diminuer en Chine. Si les États-Unis et l'Europe suivent une voie similaire, le mois de mars sera difficile, mais les améliorations commencé après.
  • Les marchés attendent maintenant une baisse de 100 points de base de la part de la Fed, en commençant par 50 points de base lors de leur réunion de mars. À notre avis, c'est excessif, car l'économie américaine reste robuste et les réductions de taux n'auraient pas beaucoup d'impact sur l'économie à court terme, même si elles peuvent renforcer la confiance des investisseurs. La Banque d'Angleterre pourrait également réduire ses taux ce mois-ci. La Banque du Japon a augmenté ses liquidités et a acheté des ETF actions, et la BCE pourrait suivre une voie similaire car les baisses de taux semblent moins probables (ou moins utiles) dans ces régions.
  • En Europe, une plus grande volonté pour une expansion budgétaire ferait plaisir à la BCE, qui pourrait donc acheter de la dette supplémentaire. L'Italie a déjà annoncé un plan de relance et l'Allemagne a signalé qu'elle pourrait suspendre ses limites d'emprunt.
  • Nous examinerons de près les données à haute fréquence pour voir comment les économies européenne et américaine évoluent, pour voir si des signes de forte détérioration – en particulier aux États-Unis, car l'Europe est plus faible et plus exposée à la Chine – modifient nos perspectives plus constructives à moyen terme.

L’impact économique
  • La croissance du premier trimestre va être très faible, et le deuxième trimestre sera probablement touché aussi étant donné que la propagation du virus n'est pas terminée. Toutefois, le rebond devrait être relativement rapide une fois que l'activité reprend.
  • L'Europe risque de connaître une récession étant donné la croissance déjà très faible à la fin de 2019, mais il pourrait s'agir d'une récession "technique" et de courte durée.
  • Le Japon est probablement déjà en récession, mais devrait se redresser progressivement au cours de l'année, même si la hausse de la TVA reste un obstacle.
  • La croissance de la Chine au premier trimestre pourrait être nulle, mais l'activité semble repartir.
  • L'économie américaine devrait s'avérer plus résistante et nous n'anticipons pas de contraction là-bas. 
CORONAVIRUS : QUEL IMPACT SUR LES MARCHÉS FINANCIERS ?



 

Nuno Teixeira, Directeur de gestion cross-asset,
Natixis IM Solutions.



Le 2 mars 2020
CORONAVIRUS : JUSQU’OÙ LA CHUTE ?



Benoit Peloille, Stratégiste-Gérant,
Jean-Jacques Friedman, Directeur des Investissements,
VEGA Investment Managers.



Le 28 février 2020
Pourquoi une telle accélération de la baisse des marchés ?

Depuis une semaine, la baisse des marchés s’est considérablement accélérée et l’aversion au risque est fortement remontée. Les taux à 10 ans américains, jouant à plein leur rôle de valeur refuge, ont d’ailleurs atteint un plus bas historique. Au cours des derniers jours, le nombre de cas avérés de coronavirus, en dehors de la Chine, a augmenté plus rapidement et certains d’entre eux sont difficiles à relier à des foyers d’épidémie identifiés. Ainsi, la menace ne se limite pas à la Chine et à l’Asie, mais concerne bien le monde entier, ce qui s’est traduit par une correction significative des marchés depuis leur plus hauts récemment atteints.


Les conséquences potentielles de l’épidémie sur l’économie sont désormais au coeur des préoccupations investisseurs, et ce d’autant que le choc du coronavirus est double.

Il s’agit d’abord d’un choc de demande avec le freinage de la consommation en Chine et partout où des mesures de confinement et/ou de restrictions de déplacement ont été mises en place. Ce choc a d’ores et déjà un impact sur le tourisme mondial, notamment pour des pays comme l’Italie ou la France où le secteur touristique pèse entre 8% et 15% du PIB. Ensuite, il s’agit d’un choc d’offre en raison de la mise en arrêt d’unités de production qui perturbe considérablement la chaîne d’approvisionnement, ce qui est particulièrement difficile à évaluer. Les premières communications des groupes concernés laissent entendre un impact significatif à la fois sur les ventes mais également sur les chaines de production.


Quel impact sur l’économie mondiale ?

Le Covid-19 devrait avoir des conséquences plus importantes sur l’économie mondiale que le SRAS de 2003, à la fois en raison de l’ampleur de l’épidémie (pandémie ?) mais également en raison du poids de la Chine dans l’économie mondiale.  En effet, la Chine pèse aujourd’hui près de 20% du PIB mondial (contre 8% en 2003) et représente environ 12% des exportations mondiales (contre 5% en 2003). Sur la base de la relation historique entre le PIB chinois et la croissance mondiale depuis 2010, une perte d’un point de croissance en Chine induit une baisse de 0.4-0.6 point de croissance mondiale.

Source : IMF, Bloomberg, VEGA IM

En supposant une baisse des exportations à destination de la Chine de l’ordre de 30% depuis le début de l’épidémie, ce qui ne semble pas irréaliste compte tenu des premières indications en provenance de Chine (ventes de voitures, consommation d’énergie, etc.), le commerce mondial subirait un choc négatif de 3,6%. Un tel choc coûterait au premier trimestre un point de PIB à la croissance européenne, impliquant une récession technique (consensus à +0,2% pour le T1). L’impact serait moindre pour les Etats-Unis (-0,5 point au T1), car moins sensibles au commerce mondial.


Que valorisent les marchés actions ?

Compte tenu des niveaux de valorisation actuels, de primes de risque et de taux d’intérêt, les marchés actions ont déjà pris en compte un scénario très prudent : croissance à 0% pour la zone Euro et seulement +1,2% pour les Etats-Unis... des prévisions bien inférieures aux niveaux de croissance potentielle (respectivement 1% et 2%). La baisse actuelle des marchés intègre donc d’ores et déjà une croissance très modeste des profits, limitée à 2% pour les entreprises de l’Eurostoxx contre un consensus actuellement à 8%.


En synthèse :

En cette fin de semaine, les indicateurs d’appétit pour le risque atteignent des niveaux extrêmes, qui posent la question d’une première vague de capitulations à ce stade. Techniquement, les marchés sont revenus sur des niveaux qui ont constitué à plusieurs reprises des supports importants.
Au-delà des possibles évolutions futures liées aux annonces de propagation ou de reflux du coronavirus selon les zones géographiques, une réponse plus durable et crédible à cette crise serait une réelle action politique apportant des solutions coordonnées sur le plan épidémiologique mais également en termes de soutien budgétaire et d’aides aux entreprises durant cette phase transitoire.
Il est à noter que Donald Trump sera particulièrement vigilant au comportement de Wall Street alors que se tient mardi prochain, le « super Tuesday » au cours duquel 14 états, dont la Californie, votent pour les primaires démocrates. Cet évènement pourrait constituer une première diversion pour le marché américain.
A ce stade, les intervenants prennent davantage position sur les marchés avec un objectif de couverture ou de trading et réagissent à très court terme. Leur raisonnement s’appuie essentiellement sur des analyses techniques et chartistes. Pour l’heure, ils ne peuvent pas se réinstaller dans le scénario qui prévalait il y a quelques jours encore, à savoir celui d’une activité économique s’inscrivant dans une logique de rattrapage à partir du deuxième trimestre, associé à des taux historiquement bas et à un stimulus budgétaire puissant.
 
COMMENTAIRE SUR L'ÉVOLUTION RÉCENTE DES MARCHÉS




Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés,
Natixis IM Solutions.


Le 26 février 2020

Les questions se poursuivent sur la durée et la force des perturbations qui sont attendues des mesures de confinement du coronavirus.

La récente propagation de cas à la Corée du Sud, au Japon et à l'Italie fait craindre que l'impact sur la croissance soit plus grand et dure plus longtemps que prévu initialement. En effet, si les cas ralentissent en Chine, ils augmentent ailleurs, ce qui pourrait entraîner des perturbations retardées et prolongées.
Pour l'instant, nous restons d'avis que les perturbations s'avéreront pour la plupart temporaires, et que la croissance de 2020 ne sera pas déraillée. Toutefois, nous reconnaissons que l'impact pourrait s'étendre au-delà du premier trimestre et que celui-ci pourrait être encore plus faible qu'on ne le pensait auparavant. En outre, la reprise qui suivra ne sera peut-être pas en V car les entreprises pourraient prendre du temps pour relancer l'activité, surtout si différentes zones sont touchées à différents moments.

Le voyage et les divertissements restent les segments les plus touchés, et ne récupéreront pas toutes les pertes. Les perturbations de la chaîne d'approvisionnement dans la technologie et dans le secteur automobile se poursuivent également, même si l’activité devrait s'accélérer une fois que le confinement sera atteint. Nous pensons que le secteur manufacturier, qui avait commencé à se redresser, devrait stagner pour l'instant, mais devrait rebondir à mesure que les usines reprendront.
Dans ce contexte, le cadre mondial reste globalement favorable.

Nous prévoyons que la trêve commerciale durera, car nous ne pensons pas que le président Trump va aggraver la situation dans le contexte actuel. Et plus les perturbations durent, plus nous nous rapprocherons des élections américaines, et il est peu probable qu'il voudra mettre en péril la croissance. De plus, les banques centrales restent ultra-accommodantes, même si beaucoup sont limitées pour réagir au choc COVID-19. Sur le plan fiscal, les autorités chinoises devraient poursuivre leurs actions ciblées, mais les Européens risquent d’être plus lents et moins expansionnistes que nécessaire.
 
La question principale est de savoir si ces facteurs restent suffisants pour les marchés. Pour l'instant, nous maintenons notre vue constructive à moyen terme, même si nous avons réduit notre allocation en prévoyance de volatilité accrue pendant un certain temps. Les avertissements sur résultats et les prévisions de croissance des bénéfices pour 2020 devraient également conduire à une revalorisation, même si, une fois encore, l'échelle est difficile à mesurer. Jusqu'à ce que nous voyions des signes plus clairs indiquant que le virus est « sous contrôle », les marchés pourraient avoir du mal à pousser beaucoup plus haut, mais nous pensons qu'ils finiront par reprendre leur marche.
 
Les actifs refuges ont été les bénéficiaires évidents, même s'ils ont davantage profité que les actions ont souffert. Les rendements souverains ont atteint leur plus bas niveau aux États-Unis, et nous pensons que, même si les rendements ne devraient pas baisser davantage, ils devraient rester bas pendant longtemps. C'est pourquoi nous avons ajouté de la duration, même si nous maintenons une sous-pondération aux obligations souveraines européennes compte tenu de leur surévaluation. Nous maintenons notre préférence pour le crédit, qui a fait preuve de résistance et qui offre du portage. Nous avons également conservé certaines positions « core » à titre de protection et pensons que l'or devrait voir sa dynamique à court terme se poursuivre. Le dollar est le gagnant parmi les devises, les inquiétudes sur l'économie japonaise et sa proximité avec la Chine ayant pesé sur le yen. Nous pensons que la force du dollar peut se poursuivre, même si nous avons peut-être déjà vu l'essentiel du mouvement. 
A lire également :
 
Les entreprises françaises plus fortes que le coronavirus.
Par Philippe Waechter, Chef économiste chez Ostrum AM
 
L’enquête de l’Insee auprès des entreprises du mois de février ne permet pas de voir l’irruption du risque global associé au coronavirus. Les indices d’activité, quelque soit le secteur, sont tous au-dessus de leur moyenne historique (100 par construction) et l’indicateur d’emploi publié aussi par l’Insee s’améliore. Les chefs d’entreprise du secteur manufacturier sont optimistes pour leur activité et optimistes également sur l’allure de l’environnement global dans lequel ils évoluent.

Cela ne veut pas dire que les entreprises françaises soient hors sol mais simplement qu’au moment où le risque d’une contagion globale du virus se profile, ces entreprises sont plutôt robustes. Elles donnent le sentiment de pouvoir résister à d’éventuels chocs négatifs sur l’activité. C’est un signal positif car les informations récentes sur le virus ne suggèrent pas une amélioration rapide.

(Extrait du Blog de P. Waechter)
QUELS SECTEURS SERONT LES PLUS IMPACTÉS PAR L’ÉPIDÉMIE DE CORONAVIRUS ?

Le 26 février 2020

Il est, aujourd’hui encore, assez difficile de mesurer l’impact réel que l’épidémie de coronavirus aura sur l’économie mondiale. 

L’impact du covid-19 sur la croissance sans doute plus important qu’anticipé

L’expérience nous dit que les épidémies ont généralement un effet temporaire qui se lisse rapidement une fois qu’elles ont été contenues. Toutefois, les derniers développements laissent craindre que l’impact du covid-19 sur la croissance mondiale sera plus important et la reprise plus longue qu’anticipé.

Dans ce cadre, certains secteurs sont ou seront plus particulièrement touchés. On peut ranger les secteurs impactés par le coronavirus dans deux grandes catégories.


Les secteurs du divertissement et du voyage touchés par les mesures de confinement

Il y a tout d’abord les secteurs touchés par les mesures de confinement en tant que telles. Limiter la liberté de mouvement d’un grand nombre d’individus a un impact direct sur leur consommation et, cela va de soi, leurs déplacements. Dès lors, des secteurs comme le divertissement, la restauration, le tourisme, l’industrie du voyage (et notamment le transport aérien) risquent d’être mis en difficulté pendant la durée de l’épidémie. Il est également probable qu’ils ne récupéreront pas l’intégralité de leurs pertes une fois le coronavirus contenu.

Le secteur du luxe risque également de pâtir des mesures de quarantaine. En effet à ce jour, c’est la Chine, et ses ressortissants très consommateurs de luxe, qui a mis en place les mesures de confinement les plus drastiques. Cela étant dit, la baisse des cas en Chine pourrait limiter cet impact.


Des perturbations de chaîne d’approvisionnement pour la technologie et l’automobile

Les autres secteurs touchés sont aussi liés à cette particularité géographique. La fermeture des usines dans les zones en situation de quarantaine provoque en effet des retards de production dommageables. Aujourd’hui, on pense notamment à des secteurs comme la technologie dont beaucoup de composants sont fabriqués en Chine. Malgré tout, nos experts conservent des prévisions de long terme optimistes pour ce secteur.

La distribution et l’automobile sont également des secteurs exposés et en risque. A l’avenir, en fonction de la diffusion du virus, d’autres secteurs dont la chaîne d’approvisionnement reposerait largement sur tel ou tel autre pays pourraient en souffrir.

Dans l’ensemble, il faudra rester attentifs aux développements de l’épidémie de coronavirus pour réaliser ses choix d’investissement, que ce soit pour en évaluer l’impact sur l’économie globale ou celui sur les différents secteurs d’activité.
 
LES CONSÉQUENCES DU CORONAVIRUS SUR LES MARCHÉS ET L'ÉCONOMIE




Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés,
Natixis IM Solutions.


Le 20 février 2020
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