L’épidémie de coronavirus continue de s’étendre globalement. Les marchés mondiaux ont été en conséquence fragilisés par un impact sur l’économie mondiale encore à préciser tant la vitesse de développement a surpris. 

Découvrez sur cette page les dernières analyses des experts de Natixis IM pour comprendre les conséquences sur les marchés financiers.
QUESTIONS / RÉPONSES SUR LE CONTEXTE ACTUEL

Vivons-nous une crise similaire à celle de 2008 ? Quels sont les impacts du coronavirus sur les différentes classes d'actifs ? Est-ce le bon moment pour investir ? 

Retrouvez les réponses aux questions les plus courantes sur les relations entre le coronavirus et les marchés financiers dans un document dédié.
 

 
LE FLASH QUOTIDIEN DES MARCHÉS FINANCIERS




Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés,
Natixis IM Solutions.


Le 1er avril 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions ont connu une nouvelle journée négative, clôturant leur pire trimestre depuis 2008. Le S&P500 a chuté de 1,6 % tandis que l’Euro Stoxx50 a réussi à gagner 0,7 %, mais a tout de même terminé le trimestre en forte baisse. Ce matin, les futures sont toujours au rouge, le président Trump ayant mis en garde contre quelques semaines douloureuses et les investisseurs se rendant compte que les mesures de confinement ne sont pas près de prendre fin, même si les cas semblent atteindre un sommet en Italie. 
  • Les rendements américains ont baissé tout au long de la journée, le rendement du Trésor américain à 10 ans étant tombé à 0,62 %, tandis que le Bund allemand à 10 ans a augmenté de quelques points de base pour atteindre -0,47 %. Les spreads de crédit se sont encore resserrés, le spread du crédit de qualité américain tombant à 272 pb, le haut rendement américain à 880 pb, le crédit de qualité européen à 241 pb et le haut rendement européen à 796 pb. Les marchés de financement montrent également des signes de détente, la politique de la Fed atténuant certaines tensions dans ce domaine. 
  • Le prix du Brent a bondi à 25 dollars le baril ce matin dans l'espoir de voir un effort de soutien des prix, mais le WTI est resté stable à 20 dollars le baril. L'or se redresse après une forte baisse à la fin de la session d'hier, se négociant à 1587 USD l'once. Le dollar américain a été soutenu cette semaine, après la chute de la semaine dernière par rapport aux récents sommets. Hier, pour éviter un resserrement du dollar, la Fed a annoncé encore une nouvelle mesure, une facilité temporaire de repo qui permettra aux banques centrales étrangères d'échanger tout titre du Trésor contre des espèces.
  • Alors que nous entrons dans le deuxième trimestre, des questions subsistent quant au temps qu'il faudra pour contenir l'épidémie, et donc au temps que les mesures strictes qui bloquent l’activité économique dureront. Nous savons que les données économiques publiées sont très médiocres et quelle le resteront pendant un certain temps. À notre avis, la question principale n'est pas de savoir à quel point elles sont mauvaises, mais combien de temps elles le resteront. En outre, la question de savoir à quoi ressemblera la reprise et quand elle arrivera, ce qui risque également de peser sur l’humeur des investisseurs. En effet, nous ne nous attendons pas à un rebond en V, mais plutôt à une forme en U, et avec seulement une montée progressive. La volatilité des marché et les risques de baisse demeurent à notre avis.

Ce que nous regardons
  • Nous continuons à surveiller les efforts de confinement et les annonces budgétaires et monétaires, qui devraient à terme contribuer à rassurer les marchés. 
  • Nous surveillerons les cas de plafonnement et de pic dans les pays plus "avancés" dans le processus que la plupart des pays d'Europe et des États-Unis, afin de déterminer combien de temps un confinement strict sera nécessaire. Nous savons que les publications de données économiques seront très mauvaises. La question est de savoir combien de temps elles devront le rester. Plus cette durée sera longue, plus le risque que notre vision à moyen terme d'une reprise progressive au second semestre soit repoussé augmente.
  • Nous surveillons les marchés du crédit et du financement pour voir si les mesures massives prises par les banques centrales, tant aux États-Unis qu'en Europe, contribuent à atténuer les tensions récentes. Pour l'instant, nous pensons que les banques centrales parviendront à maintenir les risques systémiques à un faible niveau afin d'éviter une crise du crédit. 
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Le 31 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions ont commencé la semaine sur une base positive, le S&P500 ayant grimpé de plus de 3 % tandis que l’Euro Stoxx 50 a progressé de 1,3 % grâce à des nouvelles encourageantes en provenance de Chine. L’indice PMI officiel est passé à 52 après avoir chuté à 35,7 en février. Le nombre moins important de nouveaux malades en Italie a également été salué. Nous clôturons un trimestre volatile avec des futures à nouveau mitigés, car l'incertitude sur la durée de l'épidémie, et donc sur le coût final sur la croissance, persiste.
  • Les valorisations ont fortement chuté dans toutes les régions, les marchés ayant pris en compte la récession en cours. Le P/E (cours sur bénéfices) à 12 mois du S&P500 est tombé de 18,46 en décembre à 14,44, celui du Stoxx600 de 14,94 à 11,86, celui du MSCI EM de 12,88 à 10,37, tandis que le Nasdaq a mieux résisté à 20,76, contre 24,46 en janvier. 
  • Les rendements souverains ont inversé le premier mouvement de chute pour finir la journée en hausse de 1 pb, avec les rendements du Trésor américain à 10 ans à 0,68 % et le Bund allemand à 10 ans à -0,49 %. Les rendements italiens à 10 ans sont à 1,48% (196 pb de plus que l'Allemagne), un écart plus élevé que la semaine dernière (158 pb). La journée a été contrastée, avec un resserrement supplémentaire des spreads du crédit de qualité et haut rendement américains, tandis que les spreads du crédit de qualité européen est resté stable et que le haut rendement européen s'est écarté.
  • Les prix du pétrole sont restés globalement stables, malgré les fluctuations intra-journalières, le Brent s'échangeant à 23 USD le baril et le WTI à 21 USD le baril ce matin. L'or est resté stable après avoir fortement progressé la semaine dernière, se négociant à 1614 USD l'once. 
  • Jusqu'à ce que les cas en Europe et aux États-Unis atteignent un sommet, nous prévoyons une forte volatilité et des risques de baisse pour les marchés. En effet, le facteur le plus important est la durée pendant laquelle nous avons besoin des mesures de confinement, et nous sommes encore loin d'une réponse. Il en va de même pour la publication des données économiques. Elles sont (vraiment) mauvaises, et elles continueront à l'être. À notre avis, la question principale n'est pas de savoir à quel point elles sont mauvaises, mais plutôt combien de temps elles le resteront.
Le point marchés en vidéo




Philippe Waechter, Directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.


Le 30 mars 2020
La situation italienne s’améliore. Les indicateurs sur une semaine montrent une inflexion. L’Espagne a l’allure la plus préoccupante. La France pourrait connaître une inflexion. C’est à surveiller dans les prochains jours.

Quelques graphes pour visualiser la situation de l'Europe vis à vis de l'épidémie en Europe. J'ai mis aussi le chiffre américain à titre de comparaison. Ces données seront mises à jour régulièrement (voir sur le cas américain Covid-19 aux USA). Le premier point à souligner est le profil de la séquence des décès. Pour cela je regarde la différence sur 7 jours du cumul des décès. L’Italie est le seul pays pour lequel une inflexion commence à être observée. Cependant, s’il y a décélération il ne s’agit pas encore d’une inversion de tendance. En France, la tendance est un peu moins rapide depuis le 26 mars.
En revanche, dans les autres pays, il n’est pas encore observée de phase d’inflexion. L’Espagne a l’allure la plus préoccupante. Sa progression très rapide est proche de celle de l’Italie mais sans inflexion jusqu’à présent. En Allemagne, le nombre de décès reste très faible et avec une progression lente. Ce n’est pas le cas des USA pour lesquels la hausse s’accélère. Le Royaume Uni est à un faible niveau de décès mais le nombre de décès augmente régulièrement et sans inflexion.

 

On peut présenter de la même façon le nombre de contaminés. On observe ici aussi que la situation italienne est en train de changer lentement mais que la situation est plus avancée que sur le nombre de décès puisque l’indicateur reflux. Ce n’est le cas d’aucun autre pays pour l’instant. Le nombre de contaminés en France est peut-être au début d’une phase d’inflexion. Cela reste à constater dans les prochains jours. Le profil du nombre de contaminés est présenté dans le troisième graphe avec comme point de départ le moment du passage à 100 contaminés. 
 

L’Italie a la progression la plus longue mais pas la plus rapide. L’allure des USA est préoccupante. Cela reflète aussi un effet taille sur les USA. 
 

Une autre façon est alors de présenter le nombre de contaminés est de regarder leur poids dans la population totale en partant de la même base temporelle que sur le précédent graphique (lorsqu’un pays passe le seuil de 100 contaminés). Cela donne une allure très différente. L’impact sur l’Espagne est spectaculaire alors que celui des Etats-Unis est normalisé. 
 

Pour terminer, trois graphes qui présentent les évolutions sans transformation. Le premier est le nombre de contaminés en niveau, le second en % de la population et le troisième est le nombre de décès.

Le nombre de contaminés en niveau

L’effet d’échelle joue très fortement dans l’allure de la courbe US même si l’on peut être effrayé par la vitesse à laquelle cette courbe s’accroît. Pour les autres pays, on retrouve le chiffre élevé de l’Espagne et le rattrapage du Royaume Uni.

 


Le nombre de contaminés en % de la population
 
L’Espagne a clairement le profil le plus préoccupant. La situation américaine est recalée par rapport au graphe précédent et progresse de façon significative mais moins brutale.
 

Le nombre de décès en niveau
 
Très forte domination de l’Italie et de l’Espagne. Les Etats-Unis dépassent la France alors qu’en Allemagne, le nombre de décès reste très faible.
 


(Extrait du Blog de P. Waechter)




Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés,
Natixis IM Solutions.


Le 30 mars 2020

Le 30 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Le récent rallye des marchés boursiers s'est arrêté vendredi avec des indices en baisse de 4,2% en Europe et de 3,4% aux États-Unis. Bien que les annonces de relance aient contribué à apaiser une partie de la panique récente, l'épidémie continue de s'aggraver pour l’instant. Les investisseurs ne peuvent évaluer l'ampleur de l'impact économique tant que nous ne savons pas combien de temps cela durera. C'est pourquoi nous continuons à penser que les risques baissiers et la forte volatilité persisteront. Dans la continuité des dernières semaines, les futures ont oscillé ce matin mais sont actuellement orientés à la hausse
  • Les mesures prises par les banques centrales ont contribué à protéger le crédit alors que les actions chutaient, les écarts de taux ayant encore reculé de quelques points de base vendredi. Le spread du crédit de qualité américain s'élève désormais à 310 pb, celui du crédit de qualité européen à 245 pb, le haut rendement européen à 802 pb et le haut rendement américain à 921 pb (à partir d'un sommet de 1100 pb). Les rendements souverains se sont encore mieux comportés, avec le Trésor américain à 10 ans en baisse à 0,67% et le Bund allemand à 10 ans en baisse à -0,48%. La notation de crédit du Royaume-Uni a été abaissée par Fitch, mais son rendement à 10 ans est resté stable à 0,36%. 
  • Les fonds et les ETF actions et obligataires continuent de subir des sorties de capitaux. Le crédit de qualité américain a enregistré plus de 90 milliards de dollars de sorties au cours des trois dernières semaines, tandis que les actions ont connu à peu près la même chose au cours des cinq dernières semaines, principalement des actions non américaines. Il faut garder à l'esprit que les flux vers les obligations ont été beaucoup plus importants que vers les actions ces derniers mois. Les sorties se sont également poursuivies dans les obligations internationales, la dette émergente et le haut rendement. Les flux se dirigent surtout vers les fonds monétaires, qui ont enregistré des entrées d'environ 500 milliards de dollars le mois dernier
  • La Chambre a adopté le projet de loi de relance de 2 000 milliards de dollars, le président Trump l'a signé vendredi, mais son déploiement pourrait prendre du temps. Les données économiques et du marché du travail continueront à se dégrader pendant un certain temps encore. En effet, le président Trump a déjà prolongé les directives de confinement jusqu'à la fin du mois d'avril. 
  • Les prix du pétrole ont de nouveau chuté en raison des inquiétudes concernant la capacité de stockage de l'offre excédentaire qui continue à être pompée dans un contexte d'effondrement de la demande. Le Brent est tombé à 23 USD le baril alors que le WTI est à 20 USD le baril. 
  • Nous continuons à nous attendre à une forte volatilité pour les semaines à venir tant que l'épidémie se propage. Nous maintenons notre opinion qu'un pic dans les cas de malades sera nécessaire pour une reprise durable. En effet, le facteur le plus important est la durée pendant laquelle nous avons besoin des mesures de confinement, et nous sommes encore loin d'une réponse. Ainsi, à mesure que le temps passe, les marchés pourraient être à nouveau déçus de voir que les mesures prennent plus de temps que prévu. 
  • Il en va de même pour la publication des données économiques. Elles sont (vraiment) mauvaises, et elles continueront à l'être. À notre avis, la question principale n'est pas de savoir à quel point elles sont mauvaises, mais plutôt combien de temps elles le resteront. 

Le 27 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Avec hier, cela fait trois ! Les marchés actions ont enregistré une troisième journée consécutive de hausse, le S&P500 ayant progressé de 6 % et l’Euro Stoxx50 de 1,7 %. Malgré un nombre record de 3,3 millions de nouvelles demandes d'allocations de chômage aux États-Unis, les marchés se sont plutôt concentrés sur l'adoption par le Sénat d'un paquet de 2 000 milliards de dollars. La Chambre des Représentants doit le voter aujourd'hui. La Banque centrale européenne a également déclaré qu'elle supprimerait les limites par émetteur et par pays pour son programme d'achat d'actifs et l'Allemagne a accepté un paquet fiscal de 750 milliards d'euros pour soutenir son économie.
  • Les spreads de crédit continuent de bénéficier de l'amélioration du sentiment et des récentes annonces de la banque centrale, avec le crédit de qualité américain qui a baissé à 314 pb (contre un maximum de 338), le haut rendement européen qui a baissé à 818 pb contre un maximum de 919 pb et le haut rendement américain à 959 pb (contre un maximum de 1100 pb). Les spreads du crédit de qualité européen ne se sont resserrés que de 4 pb (après un resserrement de 2 pb mercredi), car la BCE n'a pas encore commencé à acheter. 
  • Les rendements souverains américains sont restés pratiquement inchangés depuis 3 jours. Malgré les avancées du marché actions, le Trésor à 10 ans a baissé de 1 pb à 0,79 %, mais les rendements du Bund allemand à 10 ans ont baissé de 10 pb à +0,36 %. Les rendements souverains italiens continuent de baisser, le spread par rapport à l'Allemagne étant tombé à 158 points de base, contre un sommet de 278 points de base (et un plus serré de 129bp en février).
  • Le dollar américain et le Vix (indice de volatilité du marché) ont continué à reculer, tandis que l'or a progressé à nouveau à 1625 USD l'once, les mesures de relance renforçant l'attrait du métal brillant. 
  • Ce matin, les futures sont à nouveau mitigés, les marchés pouvant prendre une pause après les performances des derniers jours. Bien que nous nous attendions à ce que les annonces de relance contribuent à calmer les marchés, nous maintenons notre point de vue selon lequel un pic dans les cas sera nécessaire pour une reprise durable, même si nous pouvons avoir des jours de fortes variations des cours entre-temps. En effet, le facteur le plus important est la durée pendant laquelle nous avons besoin des mesures de confinement, et nous sommes encore loin d'une réponse. Ainsi, à mesure que le temps passe, les marchés pourraient être à nouveau déçus de voir que les mesures durent plus de temps que prévu. 
  • Il en va de même pour la publication des données économiques. Elles sont (vraiment, vraiment) mauvaises, et elles continueront à l'être. À notre avis, la question principale n'est pas de savoir à quel point elles sont mauvaises, mais plutôt combien de temps elles le resteront. 

Ce que nous regardons
  • Nous continuons à surveiller les efforts de confinement et les annonces budgétaires et monétaires, qui devraient à terme contribuer à rassurer les marchés. 
  • Nous surveillerons les cas de plafonnement et de pic dans les pays plus "avancés" dans le processus que la plupart des pays d'Europe et des États-Unis, afin de déterminer combien de temps un confinement strict sera nécessaire. Nous savons que les publications de données économiques seront très mauvaises quand elles commenceront à sortir, la question est de savoir combien de temps elles le resteront. Plus cette durée sera longue, plus notre scénario d’une reprise progressive au second semestre devra être revu à la baisse. 
  • Nous surveillons les marchés du crédit et du financement pour voir si les mesures massives prises par les banques centrales, tant aux États-Unis qu'en Europe, contribuent à atténuer les tensions récentes. Pour l'instant, nous pensons que les banques centrales parviendront à maintenir les risques systémiques à un faible niveau afin d'éviter une crise du crédit. 

Le 26 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Ils l'ont fait ! Et cela s'applique aussi bien aux marchés qu'au Sénat. Les marchés actions ont connu une deuxième journée positive pour la première fois depuis la mi-février. Le rallye américain s’est arrêté en milieu de journée, le S&P500 ne progressant que de 1 %, tandis que les marchés européens ont fermé (plus tôt) avec une hausse de 4 %. Le Sénat a approuvé la loi CARES (Coronavirus Aid, Relief and Economic Security), d'un montant de 2 000 milliards de dollars, et l'a envoyée à la Chambre des Représentants, qui devrait la voter demain. 
  • Ce matin, les futures sont de nouveau dans le rouge, nous pourrions donc ne pas connaître 3 jours consécutifs de hausse, même si, compte tenu des fluctuations intra-journalières, rien n’est acquis. En effet, alors que les cas continuent de s'accumuler, les inquiétudes concernant l'épidémie continuent de peser sur l’humeur des opérateurs de marché. 
  • La volatilité a diminué par rapport aux récents niveaux (de 87 à 63 dans le Vix américain et de 95 à 57 dans le Vstoxx européen), mais les risques demeurent. Nous maintenons notre point de vue selon lequel un plateau et un pic de cas seront nécessaires pour une reprise durable. 
  • Les rendements souverains ont augmenté de nouveau hier : le Trésor à 10 ans rapporte 0,80 % et le Bund à 10 ans -0,26 %. Les spreads de crédit se sont à nouveau resserrés, bien que nous restions proches des sommets récents. Le crédit américain est passé d’un haut de 338 à 322 points de base, le crédit européen a baissé de 2 points de base à 251 point, le haut rendement européen est à 846 points de base (d’un haut de 919) et le haut rendement américain est à 1025 points de base (d’un haut de 1100). 
  • Les marchés pétroliers continuent de se stabiliser en dessous de 30 dollars le baril et le dollar s'est encore replié.
  • Les premières publications de données économiques continuent d'indiquer une baisse sans précédent de l'activité, l’IFO allemand (anticipation des affaires futures) étant passé de 93 à 79. Aujourd'hui, les investisseurs se concentreront sur les demandes initiales d'allocations de chômage aux États-Unis, qui devraient passer d'une moyenne récente d'environ 210 000 à 1,6 million cette semaine, le chiffre pourrait même être encore plus élevé. Les données resteront très sombres pendant un certain temps, car les mesures de confinement continueront en avril, mais il faudra plus de temps pour évaluer l'impact total sur la croissance. 
     

Le 25 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Enfin, avec la finalisation par le Congrès américain d'un plan de soutien économique de 2 000 milliards de dollars et de meilleures nouvelles venues de Chine avec l'assouplissement des mesures de confinement – suggérant qu'il y a une fin à ce tunnel – les marchés ont fait un bond hier. Le S&P500 et l'Eurozstoxx50 ont tous deux progressé de plus de 9 %, le Dow Jones de plus de 11 %, son meilleur jour depuis 1933. Avec des futures légèrement à la hausse ce matin, nous verrons si nous pouvons avoir une deuxième journée positive pour la première fois depuis la mi-février.
  • Cette nuit, le Congrès s'est mis d'accord sur le projet de loi de dépenses, le plus important de l'histoire des États-Unis. Ce n’est probablement pas le dernier projet de soutien de cette crise. Il comprendra des réductions et des reports d'impôts, un soutien à des industries, ainsi que des garanties de prêt, des allocations de chômage et des chèques pour les ménages, pour n'en citer que certaines mesures. Associé aux mesures sans précédent et quasi illimitées de la Fed, cela a finalement donné au marché une certaine confiance dans notre capacité à surmonter cette pandémie. Toutefois, comme la contagion se poursuit dans les marchés développés et que les questions relatives au confinement aux États-Unis persistent (soit en s'intensifiant, soit en se terminant à Pâques), nous pensons que les risques de baisse demeurent. Un plateau et un pic du nombre de personnes contaminées seront nécessaires pour une reprise durable. 
  • Alors que les actions ont augmenté, les rendements souverains sont restés stables grâce aux actions des banques centrales, le rendement du Trésor à 10 ans étant autour de 0,83 % et le Bund à 10 ans à -0,32 %. 
  • Le crédit a bénéficié de l'amélioration du sentiment et du soutien des banques centrales au marché du crédi, les spreads s'étant finalement un peu réduits par rapport aux récents sommets, avec des crédits américains à 333 pb, des crédits européens à 253 pb, du haut rendement européen à 897 pb et du haut rendement américain à 1079 pb. 
  • Le dollar américain a également reculé par rapport à ses récents sommets grâce à la multiplication des lignes de swap entre banques centrales, mais l'or a progressé hier, passant à 1 640 USD l'once avant de se replier à 1 609 USD ce matin.
  • Les premiers PMI du mois de mars ont été aussi mauvais que prévus, les services souffrant naturellement plus que l'industrie manufacturière. L'indice PMI de la zone euro est tombé au plus bas à 28,4, tandis que l'indice Markit américain pour les services s'est établi à 39,1. Les données entrantes resteront très sombres pendant un certain temps, car les mesures de confinement seront encore appliquées en avril, mais il faudra plus de temps pour évaluer l'impact total sur la croissance. 
Le point marchés en vidéo

Le 24 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions ont oscillé entre l'optimisme sur les dernières annonces de la Fed et la déception que le Congrès américain ait une nouvelle fois échoué à adopter son projet de loi de soutien économique. À la fin de leurs sessions, les marchés américains et européens ont chuté d'environ 3 %, revenant ainsi aux niveaux de 2016, mais les futures sont en hausse ce matin.
  • Dans le cadre de ses efforts pour calmer les marchés obligataires et atténuer les tensions sur la liquidité à la suite des plus importantes sorties de fonds obligataires et d'ETFS jamais enregistrées, la Fed a annoncé :
    • qu'elle achèterait des quantités illimitées de Treasuries et de MBS (titres adossés à des créances hypothécaires) 
    • qu'elle créerait un Fonds de stabilisation avec une facilité de prêt de titres adossés à des actifs à terme
    • qu’elle créerait une facilité de prêt sur le marché monétaire et une facilité de crédit aux entreprises sur le marché secondaire qui aura la possibilité d'acheter des obligations bien notées et des ETF. 
Elle a également ajouté la possibilité d'acheter des emprunts municipaux via son programme de papier commercial et a mis en place un programme de prêts aux entreprises. 
  • En revanche, les démocrates ont à nouveau voté contre la version républicaine du programme de soutien économique. Toutefois, ils ont suggéré leur propre version (un paquet de 2 500 milliards de dollars américains qui comprendrait des suspensions de paiement des hypothèques et des cartes de crédit/voitures). Les négociations sont en cours. Si nous pensons que ce plan de relance aidera les marchés à court terme, nous ne pensons pas qu'il sera suffisant pour une reprise durable tant que nous n'aurons pas vu les cas de malades plafonner et atteindre un pic. Pour l'instant, des risques de baisse subsistent pour les actions, car les investisseurs incluent dans les prix un scénario économique de plus en plus négatif.
  • Les rendements souverains se sont stabilisés hier grâce aux annonces et aux achats des banques centrales. Le rendement du Trésor à 10 ans s'établit à 0,82 % ce matin et celui du Bund à 10 ans à -0,37 %. Les spreads de crédit continuent toutefois de se creuser presque sans discernement, avec le crédit américain à 338 pb, le crédit européen à 250 pb, le haut rendement européen à 919 pb et le haut rendement américain qui a dépassé les 1000 pb pour clôturer hier à 1100 pb.
  • Les prix du pétrole récupèrent une partie de la baisse d'hier dans l'espoir que les États-Unis puissent contribuer à réduire l'offre excédentaire, mais le Brent et le WTI se négocient toujours en dessous de 30 dollars le baril (le Brent à 28 et le WTI à 24). 
  • Le Royaume-Uni a finalement annoncé le confinement du pays pendant au moins trois semaines, alors que la Chine a déclaré qu'elle assouplirait les mesures de confinement de Wuhan après plus de deux mois. L'Italie a annoncé moins de décès pour le deuxième jour, une mesure qui sera probablement suivie de près pour voir à quelle vitesse les mesures de confinement contribuent à réduire les cas. 
  • Nous commencerons à voir quelques publications anticipées d'études économiques pour le mois de mars, qui montreront probablement d'immenses baisses comparé à février. Il faudra néanmoins plus de temps pour évaluer l'impact complet sur la croissance, car les mesures de confinement n'ont vraiment commencé en Europe et aux États-Unis que plus récemment. 

Le 23 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés américains ont chuté de plus de 4% vendredi, couronnant la pire semaine depuis la crise financière avec un recul de 15%. Les marchés européens ont connu une meilleure semaine, restant pratiquement inchangés. l'Eurostoxx50 a clôturé en hausse de 3,85% vendredi. Toutefois, depuis le début de l'année, l'Europe a enregistré une baisse plus importante que les États-Unis (-32% contre -29%). 
  • Au cours du week-end, le Congrès n'a pas approuvé le troisième projet de loi de soutien économique, les démocrates estimant que leurs priorités n'étaient pas respectées. Les négociations se poursuivent et un paquet de près de 2 000 milliards de dollars devrait être annoncé dans les prochains jours. En Europe, les règles de déficit ont été suspendues afin que les pays puissent dépenser autant que nécessaire pour lutter contre l'épidémie. Les banques centrales continuent d'annoncer des baisses de taux et des injections de liquidités. 42 baisses de taux ont eu lieu depuis le début du mois de février.
  • Ce matin, les futures sont en baisse de plus de 3% aux États-Unis et en Europe, les marchés attendant la confirmation de la relance budgétaire américaine. 
  • Les rendements souverains ont de nouveau chuté après une semaine exceptionnelle de volatilité, le rendement du Trésor à 10 ans étant passé d'un sommet de 1,27% à 0,85% et le Bund à 10 ans étant tombé à -0,32%, contre un maximum de -0,14%. La Fed a annoncé un certain nombre de nouvelles facilités pour atténuer les tensions sur les marchés de financement et ajouter de la liquidité. Les marchés du crédit continuent de se brader dans tous les domaines alors que les craintes de dégradation de la notation et de défauts se poursuivent. 
  • Le dollar américain semble se stabiliser après un pic la semaine dernière, les investisseurs continuant à liquider leurs avoirs. 
  • Nous constatons de plus en plus de mesures de confinement et de fermetures, avec New York et la Californie en état d'alerte, Londres fermant tous les restaurants et l'Allemagne interdisant les rassemblements de plus de deux personnes. L'Italie a interdit les voyages domestiques et l'Espagne a prolongé son état d'urgence. Le degré de sévérité et la durée de ces mesures détermineront la gravité du scénario économique. Les marchés anticipent une récession, mais celle-ci n'est pas encore profonde. Pour l'instant, les risques de baisse persistent. 
  • Nous continuons à penser qu'un pic dans les cas de Covid-19 dans les marchés développés est nécessaire pour une reprise durable. Nous pensons également que les mesures prises récemment permettront d'éviter le pire des scénarios, même si la reprise en forme de U sera lente. 

Le 20 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés des actions ont finalement connu une journée plus calme, avec moins de fluctuations intra-journalières sauvages. Les investisseurs digèrent le déluge d'annonces de relance et de mesures de confinement. Le S&P 500 n'a augmenté que de 0,5 %, tandis que le Nasdaq a grimpé de 2,3 % et le Stoxx50 de 2,9 %. Après l'annonce de la BCE, le FTSE MIB italien a également augmenté de 2,3 %, alors que le spread des emprunts souverains italiens s’est resserré avec les Bunds allemands. Ce matin, les futures indiquent une hausse de 2 à 3 %. 
  • Nous avons également constaté une certaine stabilisation des rendements, bien que les mouvements aient été plus importants en cours de journée et que la liquidité sur les marchés du Trésor reste mauvaise. Le rendement américain à 10 ans est d'environ 1,11 % (après avoir atteint 1,27 %), tandis que le Bund allemand à 10 ans est de -0,19 % (à partir d'un minimum quotidien de -0,37 %). Les spreads de crédit continuent de s’écarter et les marchés de financement restent tendus malgré les mesures de la Fed.
  • Dans les dernières annonces de relance, la Banque d’Angleterre a de nouveau réduit ses taux à 0,1 % et a annoncé l'achat de 200 milliards de livres sterling d'actifs. Les républicains du Sénat ont proposé un plan de relance de 1 000 milliards de dollars, mais étant donné qu'il a été rédigé sans les démocrates, il est probablement loin d'être approuvé. L'État de Californie s'est mis en quarantaine, les cas continuant à grimper.
  • Les prix du pétrole continuent de récupérer une partie de leur récente baisse dans l'espoir d'un sursis, le président Trump ayant déclaré qu'il pourrait intervenir "au bon moment". Le WTI est autour de 26 dollars le baril (contre un plus bas de 20) et le Brent à 30 dollars le baril (contre un plus bas de 24), mais toujours avec une baisse de près de 60 % par rapport aux récents sommets. 
  • Les nouvelles données économiques commencent à brosser un tableau (peu réjouissant) de la croissance des marchés développés. Les demandes initiales d'allocations de chômage aux États-Unis ont bondi par rapport à la semaine dernière, le début de ce qui devrait être une flambée des demandes dans les semaines à venir. 
  • Nous continuons à penser qu'un pic des cas sur les marchés développés est nécessaire pour une reprise durable. Nous pensons également que les mesures prises récemment permettront d'éviter le pire des scénarios, même si la reprise en forme de U sera lente. En attendant, les marchés resterons fragiles. 

Le 19 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés ont connu une nouvelle journée négative, le S&P500 ayant chuté de 5 % (après que les  coupe-circuits aient été à nouveau déclenchés) et l'Eurostoxx50 de près de 6 %, malgré les annonces de relance en cours. Ce matin, les futures sont à nouveau orientés à la baisse, après un bref répit à la suite de l'annonce de la BCE.
  • Rejoignant le chœur des autres banques centrales, la BCE a annoncé un programme d'urgence d'achat d'actifs de 750 milliards d'euros et Mme Lagarde a déclaré qu'il n'y avait "aucune limite à leur engagement envers l'euro". En outre, l'Allemagne a déclaré qu'elle serait ouverte à l'émission d'euro-obligations (des obligations pour l'ensemble de la zone euro plutôt que de la dette de chaque pays) et la Chambre des représentants des États-Unis a approuvé le projet de loi Families First visant à aider les personnes en congé maladie et les chômeurs. Le Congrès examine actuellement une enveloppe de 1 000 milliards de dollars pour aider l'économie, qui pourrait inclure 1 000 dollars de chèques envoyés par poste. 
  • Les rendements du Trésor ont de nouveau augmenté, les marchés digérant l'énorme quantité d'émissions qui devront être absorbées pour financer les projets de dépenses. Le rendement à 10 ans des États-Unis est d'environ 1,22 %, tandis que celui du Bund allemand à 10 ans est de -0,23 %. Les spreads de crédit continuent de se creuser, avec le crédit américain à 244 pb, le haut rendement américain à 846 pb, le crédit européen à 211 pb et le haut rendement européen à 796 pb. Les tensions sur les marchés de financement se poursuivent, malgré les mesures ciblées de la Fed, bien que les spreads de papier commercial semblent se stabiliser après l'annonce de la facilité dédiée. En outre, la Fed a annoncé une autre nouvelle facilité, destinée à soutenir les fonds de placement du marché monétaire. 
  • Alors que les marchés ont déjà dans leurs cours un scénario de croissance très négatif, les investisseurs continuent de liquider leurs avoirs car les craintes d'une récession mondiale prolongée persistent. Le cash – et en particulier le dollar américain – est clairement roi. 
  • Nous continuons à penser que les mesures actuelles permettront d'éviter le pire des scénarios, même si la reprise en forme de U sera lente. Tant que les cas n'auront pas atteint un sommet en Europe et aux États-Unis, les marchés resteront sous pression.
  • En revanche, la Chine n'a annoncé aucun nouveau cas de coronavirus local, ce qui laisse penser que les mesures de confinement fonctionnent, même si leur coût sur la croissance est élevé.

Le 18 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les mesures de relance continuent à être annoncées et à prendre de l’ampleur. Le secrétaire au Trésor, M. Mnuchin, parle d'un plan de 1200 milliards de dollars (6 % du PIB), l'Espagne de 200 milliards d'euros, la France de 500 milliards d'euros et, avec les autres pays de la zone euro, l'équivalent de 8,5 % du PIB de la zone euro, le Royaume-Uni de 330 milliards de livres sterling (15 % du PIB) et le Japon de 190 milliards de dollars.
  • Montrant à la fois qu'elle prend la situation au sérieux et qu'elle n'est pas à court de munitions, la Fed a annoncé de nouvelles mesures pour renforcer les marchés du financement et du crédit. Elle mettra en place un véhicule spécial pour acheter du papier commercial (obligations d’entreprises) afin d'aider à faire face aux pressions de financement à court terme. La tension sur ce marché a continué à augmenter : les opérateurs remettent en question la capacité à court terme des entreprises à rembourser ce papier. La Fed a également annoncé un mécanisme de crédit aux négociants principaux offrant un financement au jour le jour et à terme pour une durée maximale de 90 jours afin d'alléger la pression sur les liquidités, avec le soutien du Trésor. 
  • Hier, les marchés ont connu une journée un peu plus calme et ont avancé sur les annonces de relance, bien que les inquiétudes concernant la récession à court terme et le risque de défaut de paiement aient ramené les futures en territoire négatif ce matin (~3-5%). L'indice S&P500 a augmenté de 6 %, tandis que les marchés européens ont progressé d'environ 3 %. Les rendements du Trésor américain ont augmenté en même temps que les marchés américains, le taux à 10 ans ayant de nouveau franchi la barre des 1 %. En Allemagne, les Bunds à 10 ans rapportent -0,43% et en Italie, le rendement à 10 ans s'écarte encore des autres références à 2,17%. 
  • Les spread de crédit et les swaps sur défauts continuent d'augmenter sans discernement – au-delà des niveaux de 2015 – car les investisseurs s'inquiètent des vagues de défauts, malgré le soutien des banques centrales et des gouvernements.
  • Les restrictions de voyage et les mesures de confinement continuent d'augmenter alors que l'Europe a émis une interdiction de voyager et que la plupart des pays développés demandent désormais à leurs citoyens de rester chez eux. Les entreprises étant arrêtées ou fermées, le chômage est déjà en hausse, et les données entrantes devraient commencer à montrer l'impact sur la croissance dans les jours et les semaines à venir. 
  • Tant que les cas n'auront pas atteint un pic en Europe et aux États-Unis, les marchés resteront sous pression. En outre, les marchés n'ont pas encore pris la pleine mesure de l'impact sur les bénéfices, qui devront être encore abaissés. Ainsi, si les valorisations ont baissé, elles doivent encore baisser. Il s'agit clairement de bien meilleurs points d'entrée pour le long terme, mais il est encore trop tôt pour réintégrer le risque dans les portefeuilles.

Le 17 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Un autre lundi, un autre jour pour les livres d'histoire. Hier, les coupe-circuits ont été déclenchés pour la troisième fois en une semaine, alors que les marchés américains étaient en route pour leur pire journée depuis 1987. L'indice S&P500 a chuté de 12%, la majeure partie de la chute étant survenue en fin de séance, lorsque le président Trump a mentionné que cette situation pourrait durer jusqu'en août. 
  • Les marchés européens se sont mieux comportés, avec une baisse de "seulement" 5% pour l'Eurostoxx50, bien que les marchés aient chuté de plus de 11% en cours de journée. Ce matin, les futures européens et américains sont orientés à la hausse. 
  • Les rendements de la dette souveraine ont continué de reculer, le Trésor américain à 10 ans se situant actuellement à 0,77 % contre 0,65 % hier matin, et le Bund allemand à 10 ans à -0,46% contre -0,6%.
  • L'or continue de se retirer de son récent sommet, se négociant actuellement à 1 484 USD l'once, mais le dollar US a repris son ascension ces derniers jours. Les prix du pétrole restent sous pression avec le Brent autour de 30 USD le baril et le WTI à 29 USD le baril.  
  • Certaines interprétations suggèrent que le marché est paniqué parce que la Fed n'a plus de munitions, mais nous ne pensons pas que ce soit le cas. Comme les autres banques centrales, nous attendons des banquiers centraux qu'ils fassent preuve de créativité pour soutenir leur économie. Cela dit, nous pensons que ce qui est le plus nécessaire pour éviter le pire des scénarios est le soutien budgétaire, qui n'a pas encore été dévoilé à l'échelle nécessaire. 
  • Néanmoins, le G7 a pris une page du livre de M. Draghi et s'est engagé à faire "tout ce qui est nécessaire" et le FMI a déclaré qu'il était prêt à mobiliser une capacité de prêt de 1 000 milliards de dollars. Il est probable que nous verrons davantage de facilités de prêt afin d'éviter les vagues de faillites dues aux fermetures. 
  • D'autres mesures d'endiguement continuent d'être annoncées dans les principales économies développées, ce qui devrait avoir un impact très important sur les données de mars et d'avril. Le délai d'apparition du pic de cas reste essentiel pour évaluer les dommages économiques et pour renforcer les marchés. 
  • Pour l'instant, même s'il s'agit clairement de points d'entrée bien meilleurs pour le long terme, nous pensons qu'il est encore trop tôt pour réintégrer du risque dans les portefeuilles.
Le point marchés en vidéo

Le 16 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les très grands moyens commencent à être mis en place par les Etats-Unis, sans pour autant rassurer les marchés à ce jour. Vendredi, le président Trump a déclaré l'état d'urgence, débloquant ainsi environ 40 à 50 milliards de dollars. Ensuite, le Congrès a annoncé la loi de réponse au coronavirus "Families First" pour protéger les personnes touchées par l'épidémie – tests gratuits, soutien pour les congés de maladie, protection de l'emploi, protection accrue contre le chômage et crédits d'impôt pour les petites entreprises afin de payer les congés médicaux. Un autre projet de loi devrait couvrir l'économie plus directement, une fois que les données économiques seront plus disponibles, ce qui pourrait inclure des réductions d'impôts et un soutien à des industries spécifiques, mais il n'a pas encore été annoncé.
  • Hier soir, la Fed a réduit son taux d'intérêt à zéro (comme prévu, mais plus tôt), a annoncé des achats supplémentaires de 500 milliards de dollars du Trésor et de 200 milliards de dollars d'hypothèques, que ces achats seront illimités, et a annoncé des lignes de swap en dollars avec d'autres grandes banques centrales. La Fed a fait cela pour assurer la liquidité du marché du Trésor et pour protéger les marchés du crédit. Cela garantit également que les coûts d'emprunt restent très bas, de sorte que le soutien fiscal est "bon marché".
  • Vendredi, les marchés ont fait un bond après l'une des pires journées de l'histoire, le S&P500 ayant augmenté de plus de 9 %. Les marchés européens ont également clôturé dans le vert, bien que l'essentiel du rallye aux États-Unis ait eu lieu après la clôture européenne, lorsque le gouvernement américain a fait ses annonces. Le Stoxx50 n'a augmenté que de 1,6 %.
  • Ce matin, les futures sont négatifs aux États-Unis et mitigés en Europe. Après avoir grimpé à la suite de l'annonce de la Fed hier soir, les contrats à terme américains ont reculé à la ‘limite basse’ et pointent maintenant légèrement au rouge. Les marchés du crédit sont aussi pour la plupart immunisés contre les nouvelles, car celles-ci étaient attendues et étaient déjà dans les prix. Les rendements du Trésor américain ont cependant chuté, avec un taux de 0,68% sur 10 ans, mais le Bund allemand à 10 ans était toujours à -0,54% au moment de l'annonce de vendredi.
  • Le G7 tient une réunion d'urgence aujourd'hui, car la Commission européenne a annoncé vendredi qu'elle était prête à prendre des mesures de relance budgétaire à grande échelle pour lutter contre le virus et qu'elle ne se pencherait pas sur les déficits. D'autres mesures de relance seront nécessaires pour renforcer la confiance en Europe, mais un fort impact sur la croissance sera difficile à éviter.
  • Les marchés resteront probablement volatils, car le nombre de cas continue d'augmenter en Europe et aux États-Unis, et l'ampleur des mesures de confinement continue de croître. L'impact sur la croissance sera probablement important, même si pour l'instant, nous pensons que les États-Unis résisteront mieux à la récession que l'Europe.
  • Toutefois, les gouvernements commencent à agir avec la même urgence que les marchés, ce qui signifie que si nous n'avons pas connu les plus bas, nous nous en sommes rapprochés.

Le 13 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • La journée d'hier a réussi à éclipser celle de lundi car de nombreux indices européens, dont l’Euro Stoxx 50 (-12%), l'Italie (-17%) et la France (-12%), ont connu leur pire journée de l’histoire. La chute est supérieure à 30% depuis le début de l’année. Les actions américaines n'ont pas fait beaucoup mieux, le S&P500 ayant baissé de plus de 9%, et se trouvant désormais officiellement en territoire « bear ». Ce matin, les marchés asiatiques ont suivi la tendance baissière de l'Occident, le Japon ayant chuté d'environ 10 % et la Corée ayant déclenché un coupe-circuit.
  • Les baisses ont été déclenchées par l'interdiction de voyager en Europe décrétée par le président Trump, par l'absence de mesures fiscales aux États-Unis, ainsi que par les annonces de la Banque centrale européenne. En effet, la BCE n'a pas baissé son taux d'intérêt (comme les marchés s'y attendaient) et s'est plutôt concentrée sur des mesures de liquidités supplémentaires en augmentant temporairement le programme d'assouplissement quantitatif et en lançant de nouveaux TLTRO à des conditions plus favorables. Cependant, ce n'est pas le problème, les banques ont déjà de nombreuses réserves. Mme Lagarde a souligné que des mesures fiscales étaient absolument nécessaires pour lutter contre l'épidémie, et que la politique monétaire ne pouvait pas tout faire. 
  • L'Allemagne semble être prête à renoncer à un budget en équilibre pour lutter contre le virus, même si, une fois de plus, aucune mesure concrète n'a été annoncée. L'Italie continue d'augmenter l'ampleur de ses dépenses pour lutter contre l'épidémie, mais les marchés ne sont pas encore convaincus.
  • En revanche, le Sénat a annulé sa prochaine pause, les marchés espère une négociation d’un paquet fiscal avec M. Trump et les républicains.
  • Selon nous, les marchés auront besoin d'entendre des mesures fiscales de type 2008, notamment aux États-Unis et en Allemagne, pour être rassurés. En attendant, les risques de baisse persistent. 
  • Les rendements souverains ont de nouveau reculé aux États-Unis, le Trésor à 10 ans rapportant 0,88 % et le Bund à 10 ans -0,61 %. Une partie de ces ventes est due à des besoins de liquidités, car même le prix de l'or recule (à 1588 USD l'once contre un sommet de 1700 USD lundi).
  • En effet, des signes de tension ont commencé à apparaître sur les marchés de financement, où les opérations de la Fed n'ont pas suffi à effacer les tensions – bien que celles-ci soient loin des niveaux de 2008. La Fed continuera à travailler pour que les marchés de financement restent aussi fluides que possible.
Le point marchés en vidéo
L’EUROPE N'EST PLUS LA BIENVENUE A LA MAISON BLANCHE




Philippe Waechter, Directeur de la recherche économique chez Ostrum Asset Management.


Le 12 mars 2020

La décision de Donald Trump de ne plus autoriser l’arrivée des Européens, hors Britanniques, pour les 30 prochains jours appelle plusieurs remarques :
La première est que les européens ne sont plus perçus comme des alliés. La Maison Blanche ne considère plus que l’Europe et les Etats-Unis puissent être liés par un destin, une dynamique et des objectifs communs. Depuis le début de son mandat, le locataire de la Maison Blanche rechigne à voir les USA maintenir leur rôle au sein de l’OTAN. L’épidémie semble être une opportunité pour dissocier encore un peu plus les deux destins. 

Si la Maison Blanche rejette l’Europe, est ce que les européens vont avoir une réponse commune face à la décision de Trump ? On peut l’espérer mais les USA ne sont pas les Britanniques. La belle unité dont bénéficie Michel Barnier dans sa négociation avec le Royaume-Uni a peu de chance d’exister. Les Etats-Unis ont toujours un statut particulier pour nombre de pays. La décision américaine n’est-elle pas un coin dans l’unité européenne ? Si sûrement.
Les Britanniques ne sont plus potentiellement dans l’UE ce qui leur donne un statut spécial. En outre, il y a toujours la possibilité de faire du Royaume-Uni un poste avancé des USA en Europe. 

La deuxième conséquence est que l’on ne peut plus attendre une solution coordonnée et coopérative à l’échelle globale. La politique unilatérale de Trump ne permet pas de l’envisager. 
De ce point de vue, la situation ne ressemble en rien à celle de 2008/2009. A l’époque, la mise en place d’une stratégie commune avait été au cœur des préoccupations de tous les gouvernements. La réunion du G20 à Londres en avril 2009 avait permis la mise en place de plans de grande ampleur. Les banques centrales apportaient la liquidité et réduisaient les contraintes financières alors que les gouvernements relançaient l’activité avec des plans de grande ampleur.
Aujourd’hui, si les banques centrales sont toujours actives et restent plutôt coordonnées, leurs marges de manœuvre sont très faibles. La mise en place d’un plan budgétaire coordonné aurait alors du sens. Mais la Maison Blanche n’en veut pas. Chacun va se débrouiller de façon sous-optimale.

Le risque est alors d’avoir une crise plus longue et avec des conséquences plus durables. Cette absence de volonté pour coordonner les réponses dans un temps de crise remet en cause voire inverse la dynamique qui était à l’œuvre depuis plusieurs décennies. La forme de la globalisation est remise en cause mais cela ne préjuge en rien de la forme qu’aura l’économie mondiale dans le futur. On ne reviendra jamais à ce que l’on connaissait dans le passé. 
La décision de la Maison Blanche implique qu’à une crise globale il ne puisse pas y avoir de réponse globale et coordonnée. C’est la pire des situations. 

(Extrait du Blog de P. Waechter)
 
LE FLASH QUOTIDIEN DES MARCHÉS FINANCIERS




Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés,
Natixis IM Solutions.


Le 12 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Hier, l'Organisation mondiale de la santé a annoncé que l'épidémie de coronavirus est désormais considérée comme une pandémie mondiale et doit être combattue en conséquence.
  • Le président Trump s'est adressé à la nation, mais l'absence d'action imminente – autre que la restriction des voyages en provenance d'Europe (sauf Royaume-Uni) pendant 30 jours – a entraîné la chute des marchés boursiers. Il semblait déjà évident que le Congrès n'était pas prêt à prendre des mesures de relance massives. 
  • Le S&P500 a chuté de près de 5 %, soit plus de 20 % depuis le pic du 19 février. Les marchés européens ont à nouveau fini dans le rouge, bien que la chute ait été limitée. Ce matin, les futures sont tous négatifs, ce qui laisse présager une autre journée difficile.
  • Après une chute spectaculaire des rendements américains ces derniers jours, le 10 ans s’est stabilisé un peu plus haut, autour de 0,77 %, tandis que les Bunds allemands à 10 ans affichent un rendement de -0,77 %. Les questions de liquidité ont commencé à faire surface, ce que nous suivons de près. Les spreads de crédit ont encore augmenté de 20 points de base sur tous les segments, à l'exception de l'indice européen du crédit de qualité, qui est resté stable. 
  • Les prix du pétrole semblent s'être stabilisés, autour de 34 dollars le baril pour le Brent et 31 dollars le baril pour le brut.
  • L'attention se portera sur la Banque centrale européenne, bien que le risque de déception soit élevé à nos yeux, car Mme Lagarde ne pourra peut-être pas donner aux marchés le bazooka qu'ils espèrent. En effet, après une réduction de 50 points de base par la Banque d'Angleterre et 30 milliards de livres de dépenses du gouvernement britannique, les marchés sont restés peu impressionnés. À notre avis, les marchés attendent de voir des mesures fiscales significatives de la part des décideurs européens, qui n'ont encore pris aucune mesure concrète. 
  • Surtout, nous pensons que les investisseurs guettent aux États-Unis les signes d'une forte détérioration ou d'une action rapide. En effet, alors que la croissance européenne est déjà fragile, l'économie américaine devrait faire preuve de résilience – et les marchés espèrent que cela se confirmera. Ainsi, même les mesures prises par la BCE pourraient ne pas suffire à rassurer les investisseurs. La Fed sera de nouveau sous les feux de la rampe pour des provisions de liquidités supplémentaires.

Ce que nous regardons
  • Nous continuons à surveiller la contagion en Europe et aux États-Unis ainsi que leurs efforts de confinement afin d'évaluer les retombées économiques potentielles. Le confinement fonctionne – comme vu en Chine et en Corée du Sud – et il est donc probable que d'autres suivront l'Italie, qui a désormais fermé ses frontières. Nous savons déjà que les données du mois de mars seront médiocres et que l'impact se poursuivra probablement au deuxième trimestre. 
  • Nous attendons d'autres annonces de relance en Europe et aux États-Unis. Lorsque les marchés verront l'ampleur de la réaction, nous devrions assister à une stabilisation. Mais des mesures américaines seront probablement nécessaires pour renforcer la confiance. 
  • Nous examinerons attentivement les données à haute fréquence pour voir comment les économies européenne et américaine évoluent, pour voir si des signes de forte détérioration – en particulier aux États-Unis, car l'Europe est plus faible et plus exposée à la Chine – devraient modifier nos perspectives à moyen terme. 
  • Nous examinons également le crédit, dont les écarts avec les taux souverains ont continué à se creuser, pour déceler des signes de tensions plus systémiques.

Le 11 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Après une journée mouvementée aux États-Unis (en forte hausse à l'ouverture, dans le rouge au déjeuner, puis en hausse à nouveau), l'indice S&P500 a clôturé en hausse de près de 5 % par rapport à lundi, l'une des plus fortes performances quotidiennes depuis décembre 2018. La séance européenne s'est terminée avant que le marché américain n'entame son rallye et a clôturé dans le rouge, en baisse d'environ 1,5 %. 
  • La plupart des fluctuations ont été provoquées par des informations selon lesquelles les États-Unis prépareraient un important plan de relance, comprenant des réductions des charges sociales. Il semble que ce plan ne soit pas tout à fait prêt, manque de détails et n'ait pas reçu l'approbation du Congrès. Ce matin, les futures sont mitigés, dans le rouge aux États-Unis.
  • Au milieu de ces mouvements d'actions, les rendements souverains se sont stabilisés après leur chute spectaculaire de lundi, le rendement des obligations américaines à 10 ans se situant autour de 0,65 % et celui du Bund à 10 ans autour de -0,79 %. Les spreads de crédit se sont stabilisés, avec un crédit américain à 178 pb, un haut rendement américain à 626 pb, un crédit européen à 159 pb et un haut rendement européen à 555 pb. Ces niveaux sont proches des sommets de 2015, date à laquelle les prix du pétrole ont chuté pour la dernière fois.
  • Dans une sessions d’urgence, la Banque d'Angleterre a réduit ses taux d'intérêt de 50 points de base, avant le budget britannique de ce matin et avant sa réunion prévue le 26 mars. Les futures du FTSE100 sont orientés à la hausse, et le GBP/USD est stable à 1,2880 (rendant aux gains initiaux). 
  • La Banque centrale européenne se réunit demain : elle aura toute l’attention des investisseurs sur les mesures qu'elle compte prendre pour renforcer la croissance et la confiance. Une baisse des taux est probable, même si des taux plus négatifs ne feront pas grand-chose dans la situation actuelle. La mise à disposition de liquidités supplémentaires pour protéger les banques serait utile. 
  • Les prix du pétrole se sont un peu redressés, se stabilisant autour de 37 dollars le baril de brent et 34 dollars le baril de brut. Les prix devraient rester bas car l'Arabie saoudite et la Russie augmentent leur production, et l'Irak (deuxième producteur de l'OPEP) les suit.
  • La volatilité restera élevée et les marchés fragiles, tant que la contagion continue et que nous attendons des mesures de soutien supplémentaires.

Le 10 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés actions américains ont déclenché le ‘coupe-circuit’ de 7 % dans les 4 minutes après l’ouverture et ont terminé la journée en baisse de 7,6%, tandis que les marchés européens ont baissé d’environ 8%, ce qui a fait passer les pertes cumulées de l'année au-delà de 20%, officiellement un « bear market ». Ce fut la pire journée pour les marchés depuis 2008. 
  • Le pétrole, qui a contribué à déclencher la vente d'hier avec la "guerre des prix" entre l'Arabie saoudite et la Russie, semble se stabiliser autour de 33 dollars le baril. Comme l'Arabie Saoudite, la Russie semble prête à produire plus de pétrole, ce qui laisse penser que les prix resteront bas pendant un certain temps. 
  • Les bons du Trésor se sont redressés, la courbe entière des taux américains étant pour la première fois inférieure à 1%. Toutefois, les taux semblent maintenant se stabiliser à des niveaux un peu plus élevés. Le taux à 10 ans aux États-Unis est d'environ 0,68% (après être tombé en dessous de 0,4%) et le Bund à 10 ans d'environ -0,85%. L'Italie, qui souffre le plus de l'épidémie en Europe jusqu'à présent, voit son rendement à 10 ans s'élever à 1,25%. L’écart avec le taux allemand continue à s’élargir. L'or a également atteint son plus haut niveau en quatre ans, franchissant brièvement la barre des 1 700 dollars l'once. 
  • Les spreads de crédit se sont fortement creusés, en particulier aux États-Unis, où le poids de l'énergie est le plus élevé. Les CDS (credit default swaps) ont également augmenté en raison des craintes d'impact sur les entreprises. Pour l'instant, nous ne voyons pas de risque systémique, mais nous sommes vigilants quant à l'évolution future. Si les prix du pétrole restent bas pendant une longue période, les défauts risquent d'augmenter.
  • Ce matin, les marchés semblent se stabiliser, avec des futures dans le vert. Prendre une pause après la session de lundi est logique, et les marchés pourraient également être encouragés par les discussions entre le président Trump et le Congrès sur des mesures de relance budgétaire, notamment une réduction des charges sociales et des mesures ciblées pour les entreprises les plus touchées par l'épidémie. Nous pensons que les États-Unis continueront à être plus proactifs et agressifs dans la lutte contre l'impact économique de l'épidémie que l'Europe, où peu de soutien concret a émergé jusqu'à présent. 
  • Cette semaine, l’attention sera sur la Banque centrale européenne. On s'attend à une réduction des taux – bien que le fait de s'engager plus avant dans un territoire négatif n'aura que peu d'impact sur la situation actuelle – et sur des mesures supplémentaires de liquidité telles que les LTRO. La Réserve fédérale a déjà annoncé hier des opérations de repo plus importantes et les marchés s'attendent à ce que ses taux tombent à zéro au cours des prochains mois. Le budget britannique de demain montrera également un certain engagement en matière de dépenses, et peut-être une certaine coordination avec la banque centrale puisque la Banque d'Angleterre se réunit ce mois-ci et devrait également réduire ses taux. 
  • La volatilité restera élevée et les marchés fragiles pendant que la contagion continue et que nous attendons des mesures de soutien supplémentaires.

Le 9 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Nous commençons cette semaine comme nous avons terminé la semaine dernière : dans le rouge. Le S&P500 a réussi à clôturer vendredi en territoire positif, mais les autres marchés ont tous été négatifs pour la journée et la semaine. Cette nouvelle semaine commence de manière encore plus brutale, car les contrats à terme ont fortement chuté, conséquence de  la guerre du pétrole qui a été déclenchée par l'Arabie Saoudite au cours du week-end.
  • Vendredi, les Russes ne sont pas parvenus à un accord avec les Saoudiens et l'OPEP sur de nouvelles réductions de la production de pétrole, ce qui a conduit l'Arabie saoudite à entamer une guerre des prix avec la Russie en baissant ses prix pour les acheteurs européens, américains et asiatiques et en augmentant sa production - dans un effort pour contraindre la Russie à revenir à la table (OPEP+). Cela a entraîné une chute de 30 % des prix du pétrole, le Brent et le brut se négociant désormais autour de 30 dollars le baril.
  • Ce choc, associé aux craintes croissantes concernant l'impact du coronavirus sur la croissance mondiale, a poussé tous les contrats à terme en territoire négatif. Le marché américain a atteint sa "limite inférieure" : les échanges s'arrêtent dès que les contrats à terme ont baissé de 5 %. Les marchés européens baissent encore plus ce matin.
  • Et bien sûr, les rendements souverains ont de nouveau chuté, le rendement du Trésor américain à 10 ans étant de 0,42 % et celui du Bund allemand à 10 ans de -0,84 % au moment où nous écrivons ces lignes.
  • La chute des prix du pétrole ajoute une autre préoccupation aux marchés du crédit, où des fissures commencent à apparaître. Cela aura principalement un impact sur les crédit à haut rendement, dont l'énergie est une composante importante, mais l'élargissement continu des écarts de taux suscitera également des inquiétudes pour d'autres segments. Pour l'instant, nous ne voyons pas de risques systémiques, mais nous sommes vigilants quant à l'évolution future. Et si les prix du pétrole restent bas pendant une longue période, les défauts de paiement risquent d'augmenter.
  • Les marchés tentent actuellement de déterminer les conséquences de divers chocs, la peur est le principal moteur de cette évolution. En tant que tels, les risques de baisse subsisteront pendant un certain temps. Dans le même temps, compte tenu des mouvements du marché et d'autres évolutions, nous nous attendons à de nouvelles annonces de mesures de relance, tant monétaires que budgétaires. Elles devraient contribuer à stabiliser le sentiment, même si nous pensons que la peur et la volatilité resteront élevées pendant un certain temps.
  • La préoccupation de la Fed porte sur la liquidité. Les marchés s'attendent à ce que les taux soient encore réduits dans les prochains mois, jusqu'à zéro. Pour l'instant, cependant, nous attendons de nouvelles dispositions en matière de liquidités plutôt que des baisses de taux.

Le 6 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Poursuivant une semaine de va-et-vient, les marchés actions ont de nouveau chuté jeudi, effaçant une grande partie des gains de mercredi. Le S&P500 a baissé de plus de 3 %, tandis que le Stoxx50 a chuté de plus de 2 %. Ce matin, les futures sont de nouveau à la baisse et les marchés asiatiques sont dans le rouge.
  • Comme nous l'avons déjà mentionné, des risques de baisse subsistent, car nous ne connaissons pas encore l'ampleur de l'impact de l'épidémie sur la croissance. Ainsi, nous n'avons probablement pas encore vu la fin de la correction. La peur est grande sur les marchés et la volatilité est là pour rester.
  • Toutefois, avec les mesures de relance déjà annoncées et celles à venir, nous continuons de penser que la croissance pour l'ensemble de l'année 2020 ne sera pas entièrement déraillée et nous maintenons donc nos perspectives à moyen terme plus constructives pour les actions.
  • Les rendements des obligations souveraines continuent de plonger, en particulier aux États-Unis, les bons du Trésor américain étant considérés comme la valeur refuge ultime. Nous pensions que l'essentiel du mouvement était fait, mais il semble que nous puissions aller encore plus bas. Le rendement des obligations américaines à 10 ans est de 0,81 % et celui du Bund à 10 ans de -0,71 %. Nous pourrions avoir besoin d'une plus grande stabilisation des rendements avant que la volatilité du marché des actions ne diminue.
  • Le dollar américain continue de reculer, en partie à cause des nouvelles prévisions de réduction de la Fed (la Fed a beaucoup plus de marge de manœuvre que les autres grandes banques centrales, de sorte que les écarts de taux d'intérêt diminuent), et en partie parce que les investisseurs dénouent les opérations de portage et rachètent l'euro et le yen. Nous pensons que l'USD trouvera un soutien sous-jacent, car la croissance américaine devrait s'avérer plus résistante.
     
Ce que nous regardons
  • Nous continuons à surveiller la contagion en Europe et aux États-Unis pour évaluer les retombées économiques potentielles – même si elles devraient être plus faibles qu'en Chine. En effet, la densité de population et les soins de santé sont meilleurs, et les mesures d'endiguement pourraient également être moins drastiques qu'en Chine. 
  • Le nombre de cas continue de diminuer en Chine. Si les États-Unis et l'Europe suivent une voie similaire, le mois de mars sera difficile, mais les améliorations devraient commencer à se faire sentir au-delà.
  • En Europe, les décideurs politiques seraient plus disposés à une expansion budgétaire qui aurait le soutien de la BCE, qui pourrait acheter des dettes supplémentaires. L'Italie a déjà annoncé un plan de relance et l'Allemagne a signalé qu'elle pourrait suspendre les limites d'emprunt. 
  • Nous examinerons de près les données à haute fréquence pour voir comment les économies européenne et américaine évoluent, pour voir si des signes de forte détérioration – en particulier aux États-Unis, car l'Europe est plus faible et plus exposée à la Chine – devraient modifier nos perspectives à moyen terme plus constructives. Pour l'instant, les données de février semblent plus solides que prévu, même dans les enquêtes qui comprenaient des dates de fin de mois.
  • Nous gardons un œil sur le crédit, où les spreads ont continué à s’écarter, pour déceler des signes de stress plus systémique.
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CORONAVIRUS : LE POINT COMPLET AU TRAVERS DE TROIS QUESTIONS



 

Nuno Teixeira, Directeur de gestion cross-asset,
Natixis IM Solutions.



Le 5 mars 2020
Quelles sont les conséquences économiques de l'épidémie ?
Quelles ont été les réponses des pouvoirs publics ?
Quels impacts sur les allocations ?
LE FLASH QUOTIDIEN DES MARCHÉS FINANCIERS




Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés,
Natixis IM Solutions.


Le 5 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés d'actions américains ont connu une bonne journée (+4,2%) après que les décideurs politiques américains ont annoncé un plan de dépenses d'urgence de 7,8 milliards de dollars pour lutter contre l'épidémie. Ce montant est plus important que prévu et montre que les démocrates et les républicains sont déterminés à soutenir l'économie en cette année électorale. Les marchés européens ont terminé hier en hausse de plus de 1% et les marchés à terme pointent également vers le haut sur les nouvelles de relance.
  • En conséquence, les rendements obligataires se sont stabilisés un peu au-dessus des plus bas de lundi. La courbe des taux américains a continué à s'accentuer alors que les attentes concernant la poursuite des mesures de relance se poursuivent.
  • La Banque du Canada, qui a également réduit ses taux, a apporté un soutien supplémentaire, après la Banque de réserve d'Australie mardi, et les banques centrales européennes sont prêtes à agir. La BOE devrait bientôt réduire ses taux et la BCE pourrait devoir suivre le mouvement, même si elle pourrait se concentrer sur les liquidités plutôt que sur les baisses de taux à court terme.
  • Bien que ces annonces aient aidé les marchés à se remettre d'une panique extrême, des risques de baisse subsistent alors que le virus continue de se propager dans les économies développées, ce qui laisse à penser que l'impact total reste incertain. Nous maintenons néanmoins nos perspectives à moyen terme plus constructives pour les actions, car, pour l'instant, nous prévoyons toujours une reprise de la croissance en 2020.

Ce que nous regardons
  • Nous continuons à surveiller la contagion en Europe et aux États-Unis pour évaluer les retombées économiques potentielles – même si elles devraient être plus faibles qu'en Chine. En effet, la densité de population et les soins de santé sont meilleurs, et les mesures d'endiguement pourraient également être moins drastiques qu'en Chine.
  • Le nombre de cas continue de diminuer en Chine. Si les États-Unis et l'Europe suivent une voie similaire, le mois de mars sera difficile, mais les améliorations devraient commencer à se faire sentir au-delà.
  • En Europe, les décideurs politiques seraient plus disposés à une expansion budgétaire qui aurait le soutien de la BCE, qui pourrait acheter des dettes supplémentaires. L'Italie a déjà annoncé un plan de relance et l'Allemagne a signalé qu'elle pourrait suspendre les limites d'emprunt.
  • Nous examinerons de près les données à haute fréquence pour voir comment les économies européenne et américaine évoluent, pour voir si des signes de forte détérioration – en particulier aux États-Unis, car l'Europe est plus faible et plus exposée à la Chine – devraient modifier nos perspectives plus constructives à moyen terme. Pour l'instant, les données de février semblent plus solides que prévu.

Le 4 mars 2020 

Que s'est-il passé ?
  • L'euphorie à la suite de la baisse de taux de 50 points de base de la Réserve fédérale n'a pas duré très longtemps. Alors que les marchés des actions ont fait un bond dès l’annonce, ils se sont rapidement repliés, terminant la journée dans le rouge, avec l'indice S&P500 en baisse de 2,8 %. M. Powell a admis que les baisses de taux ne pourraient probablement pas résoudre l'impact économique du virus C'était le 8e jour sur 9 avec une clôture en baisse.
  • Les marchés européens, qui étaient toujours en baisse lundi, ont réussi à conserver leurs gains initiaux hier à leur clôture, l'indice Euro Stoxx 50 ayant augmenté d'environ 1 %.
  • Ce matin, les futures actions sont en hausse, en partie grâce au retour de Joe Biden dans les primaires démocrates, après ses résultats au Super Mardi. Les craintes que Bernie Sanders soit le candidat pour affronter M. Trump en novembre avaient amplifié les inquiétudes des marchés la semaine dernière.
  • L'indice de volatilité VIX reste proche des récents niveaux à 36, reflétant les fortes fluctuations – positives et négatives – de ces dernières semaines. Cette tendance devrait se poursuivre, les investisseurs évaluant encore l'impact de l'épidémie et la manière dont les mesures pourraient l'atténuer.
  • Les rendements américains sur 10 ans ont atteint un niveau historique, cassant pour la première fois 1 %, actuellement autour de 0,95 %. En Europe, les rendements n'ont pas baissé aussi fortement que ceux des bons du Trésor américain et le Bund allemand à 10 ans affiche actuellement un rendement de -0,63 %. En effet, les attentes de nouvelles réductions de la part de la Réserve fédérale, ainsi que la demande de valeurs refuges pour les bons du Trésor américain, ont poussé les rendements américains à des niveaux extrêmes.
  • Il est probable que la Fed procède à de nouvelles baisses, mais la question de savoir quand cela se produira demeure. Il est probable que d'autres banques centrales suivront, même si leur puissance de feu est plus limitée. La Banque du Japon va sans doute encore renforcer son assouplissement quantitatif, tandis que la BCE pourrait réduire encore plus les taux en territoire négatif et augmenter ses réserves de liquidités avec de nouvelles facilités LTRO, bien que nous n'ayons pas eu cette attente avant que la déclaration du G7 ne submerge les marchés (aucun engagement réel) et que la Fed agisse (seule). Une approche plus coordonnée pourrait également être nécessaire pour rassurer les marchés de manière plus convaincante, suggérant plus de mesures que prévu.
  • Nous continuons à penser que des risques de baisse subsistent étant donné que le virus continue à se propager dans les économies développées, ce qui laisse à penser que l'impact final reste incertain. Nous maintenons néanmoins nos perspectives à moyen terme plus constructives pour les actions, car, pour l'instant, nous prévoyons toujours une reprise de la croissance en 2020.

Ce que nous regardons
  • Nous continuons à surveiller la contagion en Europe et aux États-Unis pour évaluer les retombées économiques potentielles – même si elles devraient être plus faibles qu'en Chine. En effet, la densité de population et les soins de santé sont meilleurs, et les mesures d'endiguement pourraient également être moins drastiques qu'en Chine.
  • Le nombre de cas continue de diminuer en Chine. Si les États-Unis et l'Europe suivent une voie similaire, le mois de mars sera difficile, mais les améliorations devraient commencer à se faire sentir au-delà.
  • En Europe, les décideurs politiques seraient plus disposés à une expansion budgétaire qui aurait le soutien de la BCE, qui pourrait acheter des dettes supplémentaires. L'Italie a déjà annoncé un plan de relance et l'Allemagne a signalé qu'elle pourrait suspendre les limites d'emprunt.
  • Nous examinerons de près les données à haute fréquence pour voir comment les économies européennes et américaine évoluent, pour voir si des signes de forte détérioration – en particulier aux États-Unis, car l'Europe est plus faible et plus exposée à la Chine – devraient modifier nos perspectives à moyen terme plus constructives.

Le 3 mars 2020

Que s'est-il passé ?
  • Les marchés boursiers américains ont finalement trouvé un peu de répit, avec une hausse de plus de 4 % lundi, mettant fin à leur série de pertes. Les marchés européens ont fermé dans le rouge, mais de peu. En ce moment, les futures indiquent une ouverture mitigée. 
  • Les marchés ont rebondi grâce à une conviction croissante que les principales banques centrales vont baisser leurs taux d'intérêt, toutes ayant déclaré être prêtes à intervenir si nécessaire. En outre, le G7 s'est réuni et fera une déclaration aujourd'hui, bien que certains signes indiquent qu'aucune politique coordonnée n'est en vue, ce qui explique pourquoi les marchés semblent moins optimistes aujourd'hui.
  • Les rendements souverains ont arrêté de chuter, les rendements des obligations du Trésor américain à 10 ans se négociant autour de 1,13 % et ceux des obligations allemandes à 10 ans à -0,6 % actuellement. Nous pourrions assister à une stabilisation autour de ces niveaux, car les mouvements ont déjà été extrêmes.
  • Alors que les marchés ‘pricent’ déjà un scénario économique très sombre – pour les États-Unis et ailleurs – des risques de baisse subsistent pour les actifs risqués, car l'impact économique reste incertain sur les économies développées. Nous pensons donc qu'une forte volatilité persistera. Toutefois, nous pensons que l'impact sera moins grave que prévu et nous n'anticipons pas de récession aux États-Unis, ce qui laisse présager une hausse des actions à moyen terme.
  • Il est peu probable que les craintes de récession s'atténuent tant que le virus se propagera dans les pays développés, mais, pour l'instant, nous continuons de penser que la croissance de 2020 ne sera pas entièrement déraillée.

Ce que nous regardons
  • Nous continuons à surveiller la contagion en Europe et aux États-Unis pour évaluer les retombées économiques potentielles – même si elles devraient être plus faibles qu'en Chine. En effet, la densité de population et les soins de santé sont meilleurs, et les mesures d'endiguement pourraient également être moins drastiques qu'en Chine.
  • Le nombre de cas continue de diminuer en Chine. Si les États-Unis et l'Europe suivent une voie similaire, le mois de mars sera difficile, mais les améliorations commencé après.
  • Les marchés attendent maintenant une baisse de 100 points de base de la part de la Fed, en commençant par 50 points de base lors de leur réunion de mars. À notre avis, c'est excessif, car l'économie américaine reste robuste et les réductions de taux n'auraient pas beaucoup d'impact sur l'économie à court terme, même si elles peuvent renforcer la confiance des investisseurs. La Banque d'Angleterre pourrait également réduire ses taux ce mois-ci. La Banque du Japon a augmenté ses liquidités et a acheté des ETF actions, et la BCE pourrait suivre une voie similaire car les baisses de taux semblent moins probables (ou moins utiles) dans ces régions.
  • En Europe, une plus grande volonté pour une expansion budgétaire ferait plaisir à la BCE, qui pourrait donc acheter de la dette supplémentaire. L'Italie a déjà annoncé un plan de relance et l'Allemagne a signalé qu'elle pourrait suspendre ses limites d'emprunt.
  • Nous examinerons de près les données à haute fréquence pour voir comment les économies européenne et américaine évoluent, pour voir si des signes de forte détérioration – en particulier aux États-Unis, car l'Europe est plus faible et plus exposée à la Chine – modifient nos perspectives plus constructives à moyen terme.

L’impact économique
  • La croissance du premier trimestre va être très faible, et le deuxième trimestre sera probablement touché aussi étant donné que la propagation du virus n'est pas terminée. Toutefois, le rebond devrait être relativement rapide une fois que l'activité reprend.
  • L'Europe risque de connaître une récession étant donné la croissance déjà très faible à la fin de 2019, mais il pourrait s'agir d'une récession "technique" et de courte durée.
  • Le Japon est probablement déjà en récession, mais devrait se redresser progressivement au cours de l'année, même si la hausse de la TVA reste un obstacle.
  • La croissance de la Chine au premier trimestre pourrait être nulle, mais l'activité semble repartir.
  • L'économie américaine devrait s'avérer plus résistante et nous n'anticipons pas de contraction là-bas. 
CORONAVIRUS : QUEL IMPACT SUR LES MARCHÉS FINANCIERS ?



 

Nuno Teixeira, Directeur de gestion cross-asset,
Natixis IM Solutions.



Le 2 mars 2020
CORONAVIRUS : JUSQU’OÙ LA CHUTE ?



Benoit Peloille, Stratégiste-Gérant,
Jean-Jacques Friedman, Directeur des Investissements,
VEGA Investment Managers.



Le 28 février 2020
Pourquoi une telle accélération de la baisse des marchés ?

Depuis une semaine, la baisse des marchés s’est considérablement accélérée et l’aversion au risque est fortement remontée. Les taux à 10 ans américains, jouant à plein leur rôle de valeur refuge, ont d’ailleurs atteint un plus bas historique. Au cours des derniers jours, le nombre de cas avérés de coronavirus, en dehors de la Chine, a augmenté plus rapidement et certains d’entre eux sont difficiles à relier à des foyers d’épidémie identifiés. Ainsi, la menace ne se limite pas à la Chine et à l’Asie, mais concerne bien le monde entier, ce qui s’est traduit par une correction significative des marchés depuis leur plus hauts récemment atteints.


Les conséquences potentielles de l’épidémie sur l’économie sont désormais au coeur des préoccupations investisseurs, et ce d’autant que le choc du coronavirus est double.

Il s’agit d’abord d’un choc de demande avec le freinage de la consommation en Chine et partout où des mesures de confinement et/ou de restrictions de déplacement ont été mises en place. Ce choc a d’ores et déjà un impact sur le tourisme mondial, notamment pour des pays comme l’Italie ou la France où le secteur touristique pèse entre 8% et 15% du PIB. Ensuite, il s’agit d’un choc d’offre en raison de la mise en arrêt d’unités de production qui perturbe considérablement la chaîne d’approvisionnement, ce qui est particulièrement difficile à évaluer. Les premières communications des groupes concernés laissent entendre un impact significatif à la fois sur les ventes mais également sur les chaines de production.


Quel impact sur l’économie mondiale ?

Le Covid-19 devrait avoir des conséquences plus importantes sur l’économie mondiale que le SRAS de 2003, à la fois en raison de l’ampleur de l’épidémie (pandémie ?) mais également en raison du poids de la Chine dans l’économie mondiale.  En effet, la Chine pèse aujourd’hui près de 20% du PIB mondial (contre 8% en 2003) et représente environ 12% des exportations mondiales (contre 5% en 2003). Sur la base de la relation historique entre le PIB chinois et la croissance mondiale depuis 2010, une perte d’un point de croissance en Chine induit une baisse de 0.4-0.6 point de croissance mondiale.

Source : IMF, Bloomberg, VEGA IM

En supposant une baisse des exportations à destination de la Chine de l’ordre de 30% depuis le début de l’épidémie, ce qui ne semble pas irréaliste compte tenu des premières indications en provenance de Chine (ventes de voitures, consommation d’énergie, etc.), le commerce mondial subirait un choc négatif de 3,6%. Un tel choc coûterait au premier trimestre un point de PIB à la croissance européenne, impliquant une récession technique (consensus à +0,2% pour le T1). L’impact serait moindre pour les Etats-Unis (-0,5 point au T1), car moins sensibles au commerce mondial.


Que valorisent les marchés actions ?

Compte tenu des niveaux de valorisation actuels, de primes de risque et de taux d’intérêt, les marchés actions ont déjà pris en compte un scénario très prudent : croissance à 0% pour la zone Euro et seulement +1,2% pour les Etats-Unis... des prévisions bien inférieures aux niveaux de croissance potentielle (respectivement 1% et 2%). La baisse actuelle des marchés intègre donc d’ores et déjà une croissance très modeste des profits, limitée à 2% pour les entreprises de l’Eurostoxx contre un consensus actuellement à 8%.


En synthèse :

En cette fin de semaine, les indicateurs d’appétit pour le risque atteignent des niveaux extrêmes, qui posent la question d’une première vague de capitulations à ce stade. Techniquement, les marchés sont revenus sur des niveaux qui ont constitué à plusieurs reprises des supports importants.
Au-delà des possibles évolutions futures liées aux annonces de propagation ou de reflux du coronavirus selon les zones géographiques, une réponse plus durable et crédible à cette crise serait une réelle action politique apportant des solutions coordonnées sur le plan épidémiologique mais également en termes de soutien budgétaire et d’aides aux entreprises durant cette phase transitoire.
Il est à noter que Donald Trump sera particulièrement vigilant au comportement de Wall Street alors que se tient mardi prochain, le « super Tuesday » au cours duquel 14 états, dont la Californie, votent pour les primaires démocrates. Cet évènement pourrait constituer une première diversion pour le marché américain.
A ce stade, les intervenants prennent davantage position sur les marchés avec un objectif de couverture ou de trading et réagissent à très court terme. Leur raisonnement s’appuie essentiellement sur des analyses techniques et chartistes. Pour l’heure, ils ne peuvent pas se réinstaller dans le scénario qui prévalait il y a quelques jours encore, à savoir celui d’une activité économique s’inscrivant dans une logique de rattrapage à partir du deuxième trimestre, associé à des taux historiquement bas et à un stimulus budgétaire puissant.
 
COMMENTAIRE SUR L'ÉVOLUTION RÉCENTE DES MARCHÉS




Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés,
Natixis IM Solutions.


Le 26 février 2020

Les questions se poursuivent sur la durée et la force des perturbations qui sont attendues des mesures de confinement du coronavirus.

La récente propagation de cas à la Corée du Sud, au Japon et à l'Italie fait craindre que l'impact sur la croissance soit plus grand et dure plus longtemps que prévu initialement. En effet, si les cas ralentissent en Chine, ils augmentent ailleurs, ce qui pourrait entraîner des perturbations retardées et prolongées.
Pour l'instant, nous restons d'avis que les perturbations s'avéreront pour la plupart temporaires, et que la croissance de 2020 ne sera pas déraillée. Toutefois, nous reconnaissons que l'impact pourrait s'étendre au-delà du premier trimestre et que celui-ci pourrait être encore plus faible qu'on ne le pensait auparavant. En outre, la reprise qui suivra ne sera peut-être pas en V car les entreprises pourraient prendre du temps pour relancer l'activité, surtout si différentes zones sont touchées à différents moments.

Le voyage et les divertissements restent les segments les plus touchés, et ne récupéreront pas toutes les pertes. Les perturbations de la chaîne d'approvisionnement dans la technologie et dans le secteur automobile se poursuivent également, même si l’activité devrait s'accélérer une fois que le confinement sera atteint. Nous pensons que le secteur manufacturier, qui avait commencé à se redresser, devrait stagner pour l'instant, mais devrait rebondir à mesure que les usines reprendront.
Dans ce contexte, le cadre mondial reste globalement favorable.

Nous prévoyons que la trêve commerciale durera, car nous ne pensons pas que le président Trump va aggraver la situation dans le contexte actuel. Et plus les perturbations durent, plus nous nous rapprocherons des élections américaines, et il est peu probable qu'il voudra mettre en péril la croissance. De plus, les banques centrales restent ultra-accommodantes, même si beaucoup sont limitées pour réagir au choc COVID-19. Sur le plan fiscal, les autorités chinoises devraient poursuivre leurs actions ciblées, mais les Européens risquent d’être plus lents et moins expansionnistes que nécessaire.
 
La question principale est de savoir si ces facteurs restent suffisants pour les marchés. Pour l'instant, nous maintenons notre vue constructive à moyen terme, même si nous avons réduit notre allocation en prévoyance de volatilité accrue pendant un certain temps. Les avertissements sur résultats et les prévisions de croissance des bénéfices pour 2020 devraient également conduire à une revalorisation, même si, une fois encore, l'échelle est difficile à mesurer. Jusqu'à ce que nous voyions des signes plus clairs indiquant que le virus est « sous contrôle », les marchés pourraient avoir du mal à pousser beaucoup plus haut, mais nous pensons qu'ils finiront par reprendre leur marche.
 
Les actifs refuges ont été les bénéficiaires évidents, même s'ils ont davantage profité que les actions ont souffert. Les rendements souverains ont atteint leur plus bas niveau aux États-Unis, et nous pensons que, même si les rendements ne devraient pas baisser davantage, ils devraient rester bas pendant longtemps. C'est pourquoi nous avons ajouté de la duration, même si nous maintenons une sous-pondération aux obligations souveraines européennes compte tenu de leur surévaluation. Nous maintenons notre préférence pour le crédit, qui a fait preuve de résistance et qui offre du portage. Nous avons également conservé certaines positions « core » à titre de protection et pensons que l'or devrait voir sa dynamique à court terme se poursuivre. Le dollar est le gagnant parmi les devises, les inquiétudes sur l'économie japonaise et sa proximité avec la Chine ayant pesé sur le yen. Nous pensons que la force du dollar peut se poursuivre, même si nous avons peut-être déjà vu l'essentiel du mouvement. 
A lire également :
 
Les entreprises françaises plus fortes que le coronavirus.
Par Philippe Waechter, Chef économiste chez Ostrum AM
 
L’enquête de l’Insee auprès des entreprises du mois de février ne permet pas de voir l’irruption du risque global associé au coronavirus. Les indices d’activité, quelque soit le secteur, sont tous au-dessus de leur moyenne historique (100 par construction) et l’indicateur d’emploi publié aussi par l’Insee s’améliore. Les chefs d’entreprise du secteur manufacturier sont optimistes pour leur activité et optimistes également sur l’allure de l’environnement global dans lequel ils évoluent.

Cela ne veut pas dire que les entreprises françaises soient hors sol mais simplement qu’au moment où le risque d’une contagion globale du virus se profile, ces entreprises sont plutôt robustes. Elles donnent le sentiment de pouvoir résister à d’éventuels chocs négatifs sur l’activité. C’est un signal positif car les informations récentes sur le virus ne suggèrent pas une amélioration rapide.

(Extrait du Blog de P. Waechter)
QUELS SECTEURS SERONT LES PLUS IMPACTÉS PAR L’ÉPIDÉMIE DE CORONAVIRUS ?

Le 26 février 2020

Il est, aujourd’hui encore, assez difficile de mesurer l’impact réel que l’épidémie de coronavirus aura sur l’économie mondiale. 

L’impact du covid-19 sur la croissance sans doute plus important qu’anticipé

L’expérience nous dit que les épidémies ont généralement un effet temporaire qui se lisse rapidement une fois qu’elles ont été contenues. Toutefois, les derniers développements laissent craindre que l’impact du covid-19 sur la croissance mondiale sera plus important et la reprise plus longue qu’anticipé.

Dans ce cadre, certains secteurs sont ou seront plus particulièrement touchés. On peut ranger les secteurs impactés par le coronavirus dans deux grandes catégories.


Les secteurs du divertissement et du voyage touchés par les mesures de confinement

Il y a tout d’abord les secteurs touchés par les mesures de confinement en tant que telles. Limiter la liberté de mouvement d’un grand nombre d’individus a un impact direct sur leur consommation et, cela va de soi, leurs déplacements. Dès lors, des secteurs comme le divertissement, la restauration, le tourisme, l’industrie du voyage (et notamment le transport aérien) risquent d’être mis en difficulté pendant la durée de l’épidémie. Il est également probable qu’ils ne récupéreront pas l’intégralité de leurs pertes une fois le coronavirus contenu.

Le secteur du luxe risque également de pâtir des mesures de quarantaine. En effet à ce jour, c’est la Chine, et ses ressortissants très consommateurs de luxe, qui a mis en place les mesures de confinement les plus drastiques. Cela étant dit, la baisse des cas en Chine pourrait limiter cet impact.


Des perturbations de chaîne d’approvisionnement pour la technologie et l’automobile

Les autres secteurs touchés sont aussi liés à cette particularité géographique. La fermeture des usines dans les zones en situation de quarantaine provoque en effet des retards de production dommageables. Aujourd’hui, on pense notamment à des secteurs comme la technologie dont beaucoup de composants sont fabriqués en Chine. Malgré tout, nos experts conservent des prévisions de long terme optimistes pour ce secteur.

La distribution et l’automobile sont également des secteurs exposés et en risque. A l’avenir, en fonction de la diffusion du virus, d’autres secteurs dont la chaîne d’approvisionnement reposerait largement sur tel ou tel autre pays pourraient en souffrir.

Dans l’ensemble, il faudra rester attentifs aux développements de l’épidémie de coronavirus pour réaliser ses choix d’investissement, que ce soit pour en évaluer l’impact sur l’économie globale ou celui sur les différents secteurs d’activité.
 
LES CONSÉQUENCES DU CORONAVIRUS SUR LES MARCHÉS ET L'ÉCONOMIE




Esty Dwek, Responsable de la Stratégie de marchés,
Natixis IM Solutions.


Le 20 février 2020
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